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     ALGÉRIE

>>> Alger quadrillée par des milliers de policiers. El Watan, 11.02.2011

>>> L'État et les citoyens prennent leurs dispositions. Samy Cherroud; TSA, 11.02.2011

>>> Appel pour une transition pacifique. El Watan, 11.02.2011

>>> Les coulisses des organisateurs. Zouheir Aït Mouhoub; El Watan, 11.02.2011

>>> Safy Boutella: «Je rentre à Alger pour marcher». Safy Boutella; El Watan, 11.02.2011

>>> Samedi, le tournant ? Sofiane Aït-Iflis; Le Soir d'Algérie, 10.02.2011

>>> Saïd Sadi: «Le peuple peut enfin récupérer son destin» Arab Chih; Liberté, 10.02.2011

>>> Pourquoi les Algériens ont le droit de marcher. K. M.; Le Soir d'Algérie, 10.02.2011

>>> Mobilisation à Tizi Ouzou et Béjaïa. Kamel Medjdoub & Hafid Azzouzi; El Watan,10.02.2011

>>> Alger inspire Oran. Saïd Rabia; El Watan, 10.02.2011

>>> Le collectif des artistes de Béjaïa soutient la marche... A. K.; Le Soir d'Algérie, 10.02.2011

>>> La marche du 12 février a déjà commencé sur Facebook. Salim Koudil; Liberté, 10.02.2011

>>> Les principaux acteurs  de la CNCD appellent à la... Nabila Afroun; Liberté, 10.02.2011

>>> Saïd Sadi: l'autre libération. Saïd Sadi; Le Soir d'Algérie, 10.02.2011

>>> L'appel de Amazigh Kateb. Amazigh Kateb; El Watan, 10.02.2011

>>> Forte mobilisation citoyenne. K. Reguieg-Yessad; Liberté, 10.02.2011

>>> «Des témoingnages font état d'intimidations et de menaces. Samia Amine; TSA, 10.02.2011

>>> Ali Yahia Abdenour: «Tous derrière les jeunes» Arab Chih; Liberté, 10.02.2011

>>> Anouar Benmalek: «Qui êtes-vous pour refuser...» K. Smaïl; El Watan, 10.02.2011

>>> Abdelkrim Djaâd: «Évitez-nous, Monsieur le Président...» A. Djaâd; El Watan, 09.02.2011

>>> «C'est le système qui doit changer». Mustapha Benfodil; El Watan, 06.02.2011

>>> Djamel Zenati: «Je serai présent à la marche du 12». Farid Alilat; El Watan, 06.02.2011

>>> Le Pouvoir joue à huis clos. Madjid Makedhi; El Watan, 06.02.2011

>>> Le changement pour une alternative démocratique et sociale. CCDR; El Watan, 06.02.2011

>>> Appel de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Le Soir d'Algérie, 06.02.2011

>>> Le maintien de la marche du 12 février confirmé. Farid S.; Le Soir d'Algérie, 06.02.2011

>>> Acculé, Bouteflika entreprend de ravaler la façade du système. Zine Cherfaoui; El Watan, 05.02.2011

>>> Alger sous régime policier. Mustapha Benfodil; El Watan, 05.02.2011

>>> Les fausses concessions de Bouteflika. Kamel Amarni; Le Soir d'Algérie, 05.02.2011

>>> «La levée de l'état d'urgence n'est pas une fin en soi». Nabila Afroun; Liberté, 05.02.2011

>>> Lettre publique à Bouteflika. Ali Bensaad; El Watan, 02.02.2011

>>> «Les gens qui nous gouvernent veulent que le sang coule» Samia Amine; TSA, 02.02.2011

>>> Mostefa Bouchachi: «Le 12 février nous marcherons». Madjid Makedhi; El Watan, 02.02.2011

>>> Imposante marche à Tizi Ouzou. Hafid Azzouzi; El Watan, 02.02.2011

>>> Bouteflika. Silence imposé ou calculé. Fayçal Metaoui; El Watan, 31.01.2011

>>> «La manifestation est maintenue». Samia Amine; Tout Sur l'Algérie, 30.01.2011

>>> Marche du RCD à Béjaïa. Des milliers de personnes réclament le «départ du régime». Kamel Medjdoub; El Watan, 30.01.2011

>>> L'itinéraire de la marche du 12 février déterminé. Fardi S; Le Soir d'Algérie, 30.01.2011

>>> Manifestation samedi en Kabylie pour «un changement du régime» AFP; El Watan, 29.01.2011

 

>>> Béjaïa. Le RCD a mobilisé des milliers de marcheurs. Kamel Madjdob; El Watan, 29.01.2011

>>> Marche à Alger le 12 février. Madjid Makedhi; El Watan, 29.01.2011

>>> De folles rmeurs sur un changement de governement. Saïd Rabia; El Watan, 27.01.2011

>>> ÉCHOS... Un plan d'assassinat du Président de l'Anavad déjoué. Siwel Info, 27.01.2011

>>> Marche du RCD à Alger. État de siège et répression. Mustapha Benfodil; El Watan, 23.01.2011

>>> Alger. La marche empêchée; plusieurs arrestations. Le Matin, 22.01.2011

>>> Risque «d'explosion» sociale, selon Mostefa Bouchachi. El Watan avec AFP, 22.01.2011

>>> Algérie. Le Pouvoir réprime la marche pacifique du RCD. A Semmar; El Watan, 22.01.2011

>>> Marche du RCD. Alger quadrillée par un impressionnant dispositif sécritaire. Samy Cherroud; Tout Sur l'Algérie, 22.01.2011

>>> Marche du RCD à Alger. Bouteflika sort l'artillerie lourde; plusieurs blessés; plusieurs arrestations; des hélicoptères survolent la capitale. A. K; Le Matin, 22.01.2011

>>> La marche du RCD à Alger. Les événements en direct. Tout Sur l'Algérie, 22.01.2011

>>> Empêchement de la marche du RCD. Des blessés devant le siège du parti à Alger. Rabah Beldjenna; El Watan, 22.01.2011

>>> Plusieurs dizaines d'Algériens arrêtés par la police, selon des responsible du RCD. Le Matin, 22.01.2011

>>> La société civile rejoint la marche du RCD. Arab Chih; Liberté, 22.01.2011

>>> Bras de fer entre le RCD et les autorités. Salima Tlemçani; El Watan, 22.01.2011

>>> Ambiance festive au siège du RCD . Salima Akkouche; Le Soir d'Algérie, 22.01.2011

>>> Appel du RCD France. RCD France; Le Soir d'Algérie, 22.01.2011

>>> Les opposants du dernier quart d'heure ! Hakim Laâlam; Le Soir d'Algérie, 22.01.2011

>>> Renforts policiers dans la capitale. A. Bettache; Le Soir d'Algérie, 22.01.2011

>>> Pétition. Ensemble, pour un changement démocratique. Le Matin, 21.01.2011

>>> Des étudiants de Tizi Ouzou interceptés à Bab Ezzouar. Samia Amine; Le Soir d'Algérie, 21.01.2011

>>> Communiqué du RCD. Affolement, irresponsabilité et fuite en avant. RCD, 21.01.2011

>>> La wilaya appelle les citoyens à la sagesse et à la vigilance. APS, 20.01.2011

>>> Communiqué du RCD. La marche du 22 janvier est maintenue. RCD, 20.01.2011

 VIDEOS

>>> La marche à Alger du CNCD le 12 février est maintenue. Youtube, 05.02.2011

>>> La Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Youtube, 29.01.2011

>>> Marche pacifique du RCD à Béjaïa. Youtube, 29.01.2011

>>> Berbère TV. «Macahu entre les lignes» reçoit Ferhat Mehenni. Dailymotion, janvier 2011

>>> Berbère TV. «Macahu entre les lignes» reçoit Rachid Ali Yahia. Dailymotion, novembre 2010

>>> Tous ensemble face aux dínosaures qui nous gouvernent. Youtube, janvier 2011

>>> Répression de la marche du 22 janvier, organisée par le RCD. Youtube, 22 & 23.2011

 

 

COORDINATION NATIONALE POUR LE CHANGEMENT ET LA DÉMOCRATIE

Appel

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) informe que la marche nationale et pacifique, prévue à Alger le 12 février 2011, est maintenue sur l’itinéraire (Place du 1er Mai, Place des Martyrs) et à l’horaire (11 heures) initial.

La coordination renouvelle son appel à une large mobilisation populaire pour appuyer cette dynamique pour le changement et la démocratie.

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© Le Soir d'Algérie du 06 février 2011


 

 COORDINATION NATIONALE POUR LE CHANGEMENT ET LA DÉMOCRATIE 

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Alger, 05 février 2011. La Coordination nationale pour le changement et la démocratie compte aller jusqu'au bout de son combat. La marche du 12 février à Alger aura bien lieu.


 

 

 

Evitez-nous, Monsieur le Président, de nouvelles humiliations et d’autres tragédies

Alger va-t-elle encore brûler, Monsieur le Président ? Allons-nous vivre les convulsions d’antan ? N’entendez-vous pas cette violence qui sourd et ces colères contenues qui disent toutes nos indignations ? Quelle sensation devriez-vous encore éprouver pour sortir de ce silence dans lequel vous vous drapez dans le mépris souverain des gémissements d’un peuple qui n’en peut, mais… ? La furie tunisienne, celle des Egyptiens, ces cris de liberté à gorge déployée, ces torses découverts pour mieux recevoir les balles assassines, ce désespoir épais qui annonce toutes les révoltes, tout cela, Monsieur le Président, ne semble être, pour votre auguste personne que roupie de sansonnet, que cris d’orfraie de petites âmes en chagrin. Quel crime suprême avons-nous donc commis pour mériter ce dédain – Ô cher souverain ! – au point que nous ne puissions même plus rencontrer votre regard ?

Vos thuriféraires, rompus à toutes les veuleries, vous ont, sans doute, renseigné sur l’état de l’opinion. On entend déjà leur antienne «L’Algérie, n’est pas la Tunisie, encore moins l’Égypte» qui claque comme un oripeau dans les vents mauvais d’une tourmente attendue. Ces séides, dans une contorsion de mains de satrapes avertis, ne vous disent rien de notre désir irrépressible de vivre et d’espérer. Ils tairont, dans leurs sournois desseins, les immolations, les ventres creux, les suicides et ces jeunes qui préfèrent s’abîmer dans les fonds marins qu’errer dans les rues lépreuses d’Alger. Nous comprenons que les bouleversements prodigieux qui ont eu lieu à Tunis et au Caire ne vous inspirent guère parce que la révolte, comme le pensent ces benêts, n’est pas contagieuse. Ils vous susurreront que la dignité humaine, aussi, n’est pas la même selon qu’on s’épouille dans un bidonville tunisois ou dans un cloaque algérois, mais ils oublient que, sous ces latitudes tout est furieusement égal. On le sait depuis la nuit des temps que les peuples ne sont pas faits de la même eau – et devraient-ils, Monsieur le Président, se flageller à cause de ces différences biologiques et économiques ? – mais, tout autant ils sont mus par les mêmes espérances et, sans doute, par la même conscience citoyenne.

Aux dernières émeutes d’Alger – alors que la rue tunisienne, souvenez-vous, était à ses premiers vagissements et Ben Ali un dictateur insolent qui donnait encore du menton devant la tremblotante caméra de la télévision locale – vous avez délégué vos pouvoirs à un obscur ministre qui s’est cru perspicace d’ouvrir une saison de soldes avant terme pour absorber les colères incandescentes d’une rue en furie. Le pôvre a décidé – décidé ? quel bien grand mot, Monsieur le Président, s’agissant d’un sous-fifre qui bégaie des réponses insensées – de baisser, en dépit des lois, les prix de l’huile et du sucre. C’est bien la peine d’être citoyen dans un pays qui mesure son degré de conscience à l’aune de l’altimètre de l’œsophage, mais enfin, vous conviendrez, que dans une contrée où l’on se complaît chaque matin à compter les milliards de dollars, constituant le matelas des réserves de change, et où on néglige d’inventorier les miséreux et les laissés-pour-compte, que la notion de citoyen est toute relative, voire pusillanime… Elle a été tellement galvaudée, avilie qu’il est plus aisé de saisir une comète à mains nues que d’être une personne digne et respectée en Algérie.

Mais ceci, Monsieur le Président, c’est encore une autre affaire... Votre ministre donc, élevé au rang de chef de rayon d’une grande surface, a sous-traité la parole politique à un producteur d’huile, pour ne faire de ces émeutes qu’une relation simplifiée entre le ventre et le portefeuille. En la circonstance, votre Premier ministre, formaté dit-on pour les hautes fonctions, talqué, emmailloté, bordé et tétant sous de langoureuses berceuses pour qu’il soit éveillé aux choses de la politique et aux affaires sous quelque forme qu’elles se fassent, s’est retiré, comme à son habitude, sur la pointe des pieds, évitant de débrouiller l’écheveau qu’il a, si savamment, pelotonné. Votre Premier ministre, en vérité, Monsieur le Président, n’est pas le vôtre. Il vous a été, comme toutes les choses sérieuses en Algérie, imposé. Ce que l’on peut vous reprocher, c’est d’avoir accepté un Premier ministre que vous méprisez et que vous vouez aux gémonies, quand bien même en la matière vous avez une marge étroite. Ses décisions, d’une légèreté saisissante, ont été transformées en lois que son ministre de l’Intérieur a défaites avec une égale superficialité.

Cacophonie, gabegie, pis-aller pouvoir délité, responsabilité dégradée, c’est tout cela et d’autres du même bois qui doivent vous aider, Monsieur le Président, a reconsidérer l’avenir – le vôtre, en particulier – nous comprenons que les voix de vos collaborateurs soient inaudibles et de toutes façons si peu crédibles, mais la vôtre, Monsieur le Président, aurait été utile durant ces jours de grande incertitude qui auguraient d’une apocalypse. Votre devoir, vos responsabilités ne vous autorisent point à faire l’économie d’une adresse à la nation ni à lui tourner négligemment le dos. Votre maladie, de laquelle nous ne savons rien, sinon ce bulletin de santé lu à partir d’une chambre du Val-de-Grâce par un chanteur de raï, embastillé depuis, votre âge avancé qui peut transformer l’acte de gestion en rude épreuve et quasi inhumaine et vos absences si fréquentes pour des contrées lointaines où vous aimez siéger dans des cénacles aux contours imprécis et aux thématiques absconses, ne peuvent constituer quelque obstacle à votre implication dans un pays démonétisé. Sinon, n’est-ce-pas, vous avez toute latitude de renoncer à votre charge. Une corruption érigée en mode de gestion, une volte-face incompréhensible aux réformes économiques, des élites décérébrées, un système éducatif qui produit des mutants, des maquis islamistes encore très actifs, malgré votre politique de réconciliation ...Qu’avez-vous fait de ce pays Monsieur le Président ? Puisque vous vous obstinez à refuser de dire l’état dans lequel vous l’avez mis – consciemment ou non, du reste – alors ce sera l’ambassadeur américain à Alger qui le fera dans une dépêche lapidaire révélée par le site WikiLeaks : «L’Algérie est un pays malheureux. Pas un pays pauvre, pas une dictature standard, pas un pays en guerre, pas un pays tout court. Non, un pays malheureux … » On ne peut mieux dire, ni définir la consistance du brouet dans lequel on surnage.

Votre silence qui relève pour d’aucuns du dédain et pour d’autres d’une incapacité à gérer – qu’importe au demeurant vos états d’âme et cette grammaire complexe de l’exercice du pouvoir – appuie fortement ce spleen d’un diplomate désabusé. Mais parce qu’Alger brûle, même si vous ne sentez pas encore les fumées âcres qui s’en dégagent et qui vont noircir sous peu notre ciel si bleu. C’est parce que nous convulsons, comme avant, comme toujours, que nous attendons de vous quelque magnanimité. Nous attendons que vous renonciez solennellement à un quatrième mandat et que vous vous interdisiez toute tentation d’un pouvoir oligarchique. Nous attendons non des prodigalités comme nous en a habitués le système prébendier, mais des actions fortes et soutenues pour préparer l’alternance politique et réhabiliter la société civile. Parce que l’Algérie doit renouer avec l’enthousiasme et parce que les citoyens veulent mériter leur pays, que ne pouvez aujourd’hui, Monsieur le Président, leur faire croire que leur salut est dans une mesure de sucre ou dans une lampée d’huile à prix sacrifiés.

L’Algérie n’est pas un œsophage – même si les références de votre Premier ministre à propos de son limogeage qui recommande aux journalistes, très délicatement, de «faire la différence entre les haricots et les lentilles», sont invariablement culinaires. L’Algérie ne tient pas dans une «Maruti», dans un lopin de terre, dans un bout d’autoroute, ni dans un F2 de quelque cité sordide. Pas seulement, Monsieur le Président ! L’Algérie attend tant et tant qu’il n’est plus permis, par effets dilatoires, de remettre aux calendes les changements attendus. Évitez-nous de grâce, de nouvelles humiliations et d’autres tragédies. Faites en sorte que l’Algérie ne soit pas «un pays malheureux» Elle vous a tout donné : la gloire, les honneurs, le pouvoir et l’aisance matérielle. Rendez-lui, Monsieur Bouteflika, sa dignité ! Vous le lui devez bien.

Abdelkrim DJAÂD, journaliste

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© El Watan du 09 février 2011


 

 

 

Lettre publique à Bouteflika

Monsieur le Président,

Je vous écris publiquement pour solliciter votre départ immédiat et organisé, meilleure issue pour l’Algérie et pour votre personne. Votre obsession de vouloir entrer dans l’histoire n’est un secret pour personne. Malheureusement, vous n’avez rien fait d’autre jusque-là que de mériter d’être expulsé. Une chance se présente à vous pourtant aujourd’hui. Saisissez-la, c’est la dernière. De toute façon, si vous ne la chevauchez pas, elle vous piétinera et fera de vous un rebut de l’histoire. Vous avez tellement voulu vous faire un nom que pour répondre à la misère qui gagne la population, vous n’avez rien trouvé de mieux que de faire construire la mosquée la plus grande et la plus chère du continent, juste pour pouvoir y accoler votre nom. Il y a mieux.

Partez de vous-même. Je sais que comme tous les dictateurs de la région, vous ne pouvez que vous refuser à cette idée jusqu’à votre dernier souffle. Mais ayez la lucidité de constater que vous ne pouvez faire autrement. Votre sort est scellé. Il est fatalement le même que ceux de Ben Ali et Moubarak. Ayez le courage de le devancer. Ben Ali a fait 23 ans de pouvoir, Moubarak 30 ans, mais vous, il y a bientôt 50 ans que vous cumulez les postes sensibles au sommet de l’Etat, violant la Constitution pour rester président depuis 12 ans.

Vous avez gouverné autant qu’Obama a vécu depuis sa naissance. Cela ne vous suffit-il pas ? Comme eux, vous avez instauré une oligarchie familiale, développé la corruption à un niveau inégalé, enrichi vos proches et voulu faire de votre frère votre successeur héréditaire.  Vous avez étouffé toute expression libre, appauvri et réprimé la population, utilisé le terrorisme pour instaurer une chape de plomb, poussé les jeunes à préférer mourir noyés en mer ou plutôt vivre en Israël pendant que vous discourez sur la Palestine.

Vous nous avez fait honte jusque-là par votre mégalomanie aussi grande que vos actions étaient de petites et ridicules gesticulations, y compris vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale pour laquelle vous avez la fascination de celui qui n’est pas reconnu. N’y ajoutez pas une fuite humiliante. Je sais que vous nous avez méprisés en menaçant régulièrement de vous en aller. Faites semblant de croire que vous mettez votre menace à exécution, mais ne nous infligez pas l’humiliation supplémentaire d’une fuite honteuse.

PS :  Au risque d’égratigner votre ego surdimensionné, vous ne pesez pas si lourd: c’est dans des fourgons militaires que vous avez été ramené et fabriqué président; le système qui vous a fait vous prépare déjà votre (vos) remplaçant(s). C’est aux «faiseurs de roi de l’ombre» que s’adresse ce post-scriptum : vous ne nous la jouerez pas encore une fois, c’est tout le système qui doit partir. C’est lui qui est nuisible. Bouteflika était un enfant à qui on a donné le sort de l’Algérie comme jouet.

Ali BENSAAD, Maître de conférences à l'université de Provence. Enseignant-chercheur à l'IREMAM-CNRS Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman. Chercheur en délégation CJB-CNRS (Centre Jacques Berques de recherches en sciences humaines et sociales).

Thèmes de recherches :

  • Migrations internationales,
  • Espaces et sociétés du Maghreb, espaces transfrontaliers,
  • Espaces et sociétés du Maghreb,
  • Relations monde arabe-Afrique noire

Ouvrages publiés

  • L’Eau et ses enjeux au Sahara. Karthala, Paris, 2011, 382 p
  • Le Maghreb à l’épreuve des migrations subsahariennes. Immigration sur Emigration. Karthala,  2010, 452 pages
  • Migrations au Moyen-Orient en collaboration avec Mohamed Kamel Doraï, Maghreb-Machrek, n°199, Choiseul/La documentation française, Paris, 2009, 152 p.
  • Migrations et territoires de la mobilité en Méditerranée en collaboration avec Virginie Baby Colin et Pierre Sintes, Méditerranée, n°113, 2009, publications de l’université de Provence, 160 p.
  • Mauritanie : le devenir d’un Etat-charnière. Maghreb-Machrek, n°189, Choiseul / La documentation française, Paris, automne 2006, 182 p.
  • Marges et mondialisation : les Migrations Transsahariennes. Maghreb-Machrek, n°185, Choiseul / La documentation française, Paris, automne 2005, 146 p.

A paraître :

  • Le Maghreb dans la mondialisation. Méditerranée, n°116, juin 2011  
  • Mauritanie : pays-frontière, pays-pont. Direction Ali Bensaâd, Karthala, Paris, 2011

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© El Watan du 02 février 2011


 

 

 


 

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Alger, le 29 janvier 2011. La Coordination nationale pour le changement et la démocratie en plein débat de concertation sur la marche du 12 février prochain.


Coordination nationale pour le changement et la démocratie

Le maintien de la marche du 12 février confirmé

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), dont le comité d’organisation de la marche s’est réuni hier à Alger, a informé qu’elle maintenait la marche du 12 fevrier prochain à Alger, avec l’itinéraire et l’horaire prévus initialement, à savoir de la place du 1er mai à la place des Martyrs, à partir de 11 h.

Alger (Le Soir) - La confirmation du maintien de la manifestation a été rendue nécessaire par l’évolution qu’a connue, dès jeudi, la scène politique nationale, avec l’annonce par le Conseil des ministres d’une série de mesures, dont la levée prochaine de l’état d’urgence et l’instruction faite aux médias audiovisuels de s’ouvrir aux partis d’opposition et au mouvement associatif. Trop peu, juge la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, qui plus est, interprète les résolutions du Conseil des ministres comme une manœuvre visant à affaiblir la dynamique citoyenne de changement. Le comité d’organisation de la marche du 12 février, qui devait s’atteler, hier, à l’évaluation des tâches techniques liées notamment à l’encadrement de la manifestation, a été dans l’obligation d’intégrer la nouvelle donne, en l’occurrence, la mise à jour de certains mots d’ordre qui pourraient apparaître comme caducs après l’annonce du Conseil des ministres. Ainsi, la revendication liée à la levée de l’état d’urgence a été complétée par «une levée d’état d’urgence immédiate et effective ». Mais au-delà de cette mise à jour, le comité a réitéré que cette marche est une manifestation pour le changement et la démocratie et non pas une offre de négociations. Cette marche, que le Conseil des ministres a dit interdite au motif que la capitale dispose d’une réglementation spécifique, a reçu une très large adhésion, y compris de la communauté nationale établie à l’étranger. Le samedi 12 février, il est prévu, en effet, une marche à Nice (France) et un rassemblement à Paris, place de la République. La communauté algérienne s’organise également à Montréal, au Canada, pour faire écho à la marche d’Alger. En Algérie, outre Alger, c’est Oran qui s’est organisée pour battre le pavé le 12 avril. Pour ce faire, une demande d’autorisation a été déposée. Dans la capitale, la demande d’autorisation, déposée mercredi dernier, n’a encore été ni acceptée ni rejetée. Jeudi, en fin de journée, les services de la wilaya d’Alger ont convoqué les auteurs ayant déposé la demande pour leur signifier qu’ils doivent reformuler celle-ci sur un autre imprimé. Chose qui sera faite dès ce matin. Cela étant, le comité d’organisation de la marche a décidé de soumettre à l’assemblée générale de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie la proposition de marquer des haltes de solidarité avec les peuples tunisien et égyptien, à travers des rassemblements devant les ambassades des deux pays à Alger. La réunion de la coordination, prévue initialement pour le 9 février, a été avancée d’une journée, soit le 8 février.

Farid S.

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© Le Soir d'Algérie du 06 février 2011


L'interdiction des marches dans la capitale toujours maintenue

Alger sous régime policier

L’interdiction des marches populaires à Alger remonte précisément au 14 juin 2001. Ainsi donc, Alger reste privée de marches et autres manifestations de rue jusqu’à nouvel ordre. C’est ce que vient de décréter Bouteflika, comme l’indique le communiqué du dernier Conseil des ministres où il est stipulé clairement qu’«hormis la wilaya d’Alger, rien n’entrave l’organisation de marches dans toutes les autres wilayas du pays pour autant que les demandes et les conditions exigées par la loi soient réunies». Le chef de l’Etat s’empresse de préciser que ce n’est nullement dans un esprit de répression qu’Alger est décrétée ville close : «Certes, la capitale fait exception dans ce domaine pour des raisons d’ordre public bien connues et certainement pas pour y empêcher une quelconque expression.» Et de conseiller poliment à l’opposition de se cantonner dans les salles pour pousser la gueulante : «Au demeurant, Alger compte plusieurs salles publiques de capacités diverses qui sont gracieusement disponibles pour tout parti ou association en faisant légalement la demande en vue d’y faire entendre son point de vue.»

Quelques jours auparavant, le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, dans l’entretien-fleuve qu’il avait accordé à Liberté, avait largement pris soin de justifier l’interdiction des marches à Alger et tout particulièrement celle du RCD : «Les marches sont interdites à Alger non pas parce que c’est le RCD ou la Coordination qui ont appelé à des marches. Nous n’avons pas interdit la marche du RCD, mais toutes les marches au niveau d’Alger», a-t-il asséné. Développant un argumentaire strictement sécuritaire, il poursuit : «Alger est une ville de trois millions d’habitants. Il y a des problèmes qui peuvent ne pas être pris en compte par les organisateurs des marches. Comme l’intrusion d’éléments qui n’ont rien à voir avec l’objectif de la marche et qui sont là pour créer des troubles, pour casser, sans compter qu’il y a toujours la problématique du terrorisme.» Ce à quoi le RCD avait rétorqué en rappelant «les marches commanditées en soutien à Bouteflika au lendemain de sa sortie de l’hôpital du Val-de-Grâce».

L’interdiction des marches populaires à Alger remonte précisément, se souvient-on, au 14 juin 2001 et l’impressionnante marée humaine qui avait envahi la capitale à l’appel des archs. Dans l’inconscient du régime, occuper la capitale, c’est prendre le pouvoir par le bas. Par la rue. Cela s’est vérifié à Tunis à mesure que l’ire populaire montait de la province pour gagner le cœur du pouvoir. Cela se vérifie ces jours-ci au Caire avec l’occupation de Maydan Etahrir, la place névralgique de la capitale égyptienne. Le pouvoir n’est donc pas «dupe» : il sait que le jour où il autorisera des marches à Alger, il jouera avec le feu et s’exposera à une sanction populaire sans appel. Un sentiment de panique manifeste semble, dès lors, hanter les décideurs. En témoigne le dispositif policier sans précédent qui fut déployé pour contenir, pour contrer surtout, la marche du RCD. 20 000 policiers, selon Saïd Sadi, qui a parlé d’«un acte de guerre digne des méthodes du sinistre Massu».

Si le pouvoir concède un petit signe d’ouverture en annonçant la levée imminente de l’état d’urgence, force est de constater qu’il maintient ce même état d’urgence pour la capitale. Mieux : il n’hésite pas à placer Alger sous «état de siège» dès qu’une mobilisation citoyenne se dessine, comme il l’a fait le 22 janvier dernier. Ainsi, l’article 7 du décret portant instauration de l’état d’urgence semble toujours en vigueur pour Alger : «Le ministre de l’intérieur et le wali territorialement compétent sont habilités à ordonner, par voie d’arrêté, la fermeture provisoire des salles de spectacle, de lieux de réunion de toute nature et à interdire toute manifestation susceptible de troubler l’ordre et la tranquillité publics.»Comment va réagir le pouvoir le 12 février prochain ? En tout cas, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie maintient résolument sa marche pacifique. Celle-ci devra débuter, rappelle-t-on, de la place du 1er Mai pour atteindre la place des Martyrs. Soyons nombreux…

Mustapha BENFODIL

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© El Watan du 05 février 2011


Coordination nationale pour le changement et la démocratie

“La levée de l’état d’urgence n’est pas une fin en soi”

L’annonce faite jeudi dernier par le premier magistrat du pays concernant la levée de l’état d’urgence qui “interviendra dans un très proche avenir”, n’a rien changé à la décision prise par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie qui a décidé d’aller vers une manifestation le 12 février prochain. S’exprimant sur le sujet, la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), initiatrice en grande partie de cette marche, s’est interrogée sur la nature de cette annonce : “Cette déclaration constitue-t-elle une réelle volonté d’aller vers un changement, ou s’agit-il d’une manœuvre destinée à gagner du temps et tromper l’opinion internationale ?”, se demande Me Mustapha Bouchachi, président de la ligue. Et d’expliquer la finalité de la création de la coordination : “Notre but n’est pas de lever l’état d’urgence mais d’arriver à un vrai changement de régime et d’instaurer une réelle démocratie dans le pays”, a-t-il dit. Selon lui, la levée de l’état d’urgence seule “ne changera en rien à la nature du régime autoritaire en Algérie”.

Commentant le maintien de l’interdiction des marches à Alger, M. Bouchachi se dit ne pas comprendre cette exclusion. Il estime que la capitale appartient à tous les Algériens qui ont le droit de s’exprimer. “Je ne comprends pas pourquoi il est interdit de manifester à Alger. Alger, elle, ne peut faire exception. Bien au contraire, c’est à la capitale que les revendications peuvent être entendues”, a-t-il précisé. Même son de cloche du côté des syndicats et associations qui se disent sceptiques. Ils estiment que les déclarations du chef de l’État ne changent en rien à la décision de la coordination. “Nous avons l’habitude des promesses du gouvernement… et rien n’est encore officiel. Le chef de l’État a instruit le gouvernement pour étudier la question, donc, cela peut aller jusqu’à 2020”, a déclaré M. Ider Achour, porte-parole du CLA, membre de la coordination. Il fait remarquer qu’à travers cette annonce, “le gouvernement souhaite anticiper afin de délégitimer la revendication de la coordination”. Le CLA est revenu sur la déclaration du chef de l’État concernant son appel aux médias à plus d’ouverture. “Tant qu’il n’y aura pas de médias lourds privés, il n’y aura pas d’ouverture. C’est une manière de contourner la question”, a-t-il commenté. Le secrétaire général du Snapap a relevé, pour sa part, le discours “contradictoire” du gouvernement. “Mercredi, le vice-Premier ministre a déclaré que l’état d’urgence ne serait pas levé et le lendemain le chef de l’État a annoncé l’inverse et dans un avenir proche…”, a-t-il signalé. Selon lui, cette annonce est une tentative pour entraver l’initiative de la coordination pour le changement démocratique. “Moubarak avait également promis, il y a quatre ans, de lever l’état d’urgence et de le remplacer par des textes pour la lutte antiterroriste…”, a-t-il rappelé. Notant que la commission technique de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie se réunira aujourd’hui. Pour le moment, la marche du 12 février est maintenue mais il est question, également, de discuter de la dernière déclaration faite par le chef de l’État lors de cette rencontre. 

Nabila AFROUN

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© Liberté du 05 février 2011


Les initiateurs de la marche du 12 février rétorquent à Zerhouni

« Les gens qui nous gouvernent veulent que le sang coule »

Les déclarations, mercredi 2 février, de Yazid Zerhouni sur l’interdiction de la marche du 12 février et la non levée de l’état d’urgence n’ont pas provoqué d’étonnement parmi les membres de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. « On ne peut s’attendre à une autre réponse des gens qui vivent et qui se protègent par cet état d’urgence et par la répression », assure Rachid Maalaoui, secrétaire général du Snapap et l’un des initiateurs de la marche du 12 février. « Nous, on veut le changement et ces gens font partie des responsables qu’on souhaite changer », a-t-il ajouté dans une déclaration à TSA.

Pour M. Maalaoui, cette dernière sortie médiatique du vice-premier ministre est une provocation. « Les gens qui nous gouvernent sont dangereux. Ils veulent que le sang coule dans le pays pourvu qu’ils arrivent à garder leurs intérêts. Il y aura des gens qui vont mourir, qui vont se brûler… On ne peut faire ce genre de déclarations dans des situations pareilles », insiste-t-il. Et d’ajouter : « Il va être jugé comme on a jugé les autres dictateurs. Qu’il en soit sûr… Même le chef d’état du Yémen a déclaré qu’il n’allait plus se représenter dans les prochaines élections. Ils ont compris. Mais ces gens-là ne veulent pas comprendre… ».

Dans ces déclarations, Yazid Zerhouni était plus catégorique que ne l’était, il y a quelques jours, le premier responsable du département de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia. Rappelant que les marches sont interdites à Alger pour des raisons sécuritaires, M. Ould Kablia n’avait pas exclu que la levée de l’état d’urgence puisse faire l’objet de discussions au sein du gouvernement. Interrogé en marge de la clôture de la session parlementaire d'automne, M. Zerhouni, affirme quant à lui : « Nous n’allons pas lever l’état d’urgence ».

Samia AMINE

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© Tout Sur l'Algérie, 02 février 2011, à 13:39


Mostefa Bouchachi

«Le 12 février, nous marcherons»

Le président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (Laddh), Mostefa Bouchachi affirme que la marche du 12 février prochain est maintenue quelle que soit la décision de la wilaya d’Alger et du ministère de l’Intérieur. Il dénonce, dans ce sens, l’interdiction des manifestations à Alger qui, selon lui, ne repose sur aucun texte réglementaire.   

  • Le ministre de l'Intérieur vient de réaffirmer l'interdiction des marches dans la capitale. Il anticipe déjà sur la marche à laquelle a appelé la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Qu'en pensez-vous ?

Il n’y a aucun texte de loi qui interdise une marche dans n’importe quelle wilaya, qu’elle soit Djelfa ou Alger. Toutes les wilayas du pays sont des wilayas d’Algérie. De ce fait, le système politique, représenté par un groupe de ministres, ne peut pas demander à des jeunes, nés et grandis sous état d’urgence, de présenter leurs revendications de manière pacifique. Et quand des partis politiques, des syndicats et des associations demandent une autorisation d’une marche pacifique, on leur dit que c’est interdit. Le ministre de l’Intérieur, et à travers lui le régime, continue d’interdire aux Algériens d’exprimer pacifiquement leurs revendications économiques, sociales et politiques. De plus, je crois que l’état d’urgence, instauré peut-être pour lutter contre la violence politique et le terrorisme durant les années 1990, est exploité, aujourd’hui, contre le peuple algérien pour l’empêcher d’exprimer son point de vue par rapport au régime.

  • Le ministre de l'Intérieur affirme une nouvelle fois que «l'état d'urgence n'influe pas sur l'activité des partis poltiques et des associations». Concrètement, comment le maintien de l'état d'urgence empêche-t-il l'opposition et les organisations autonomes de faire leur travail ?

Le régime algérien est autoritaire. Il s’appuie sur l’état d’urgence pour empêcher le peuple algérien d’exprimer son point de vue. Parallèlement, ce régime agit hors la loi et le maintien de l’état d’urgence illustre parfaitement cette situation. Je voudrais rappeler à monsieur le ministre de l’Intérieur que durant ces dix dernières années, on a interdit la création d’associations et de partis, on a interdit les marches et tous les rassemblements, même dans des salles. L’état d’urgence et toutes les lois ont été mis en place pour neutraliser le peuple algérien et permettre, ainsi, au régime de gérer le pays en méprisant les aspirations de la population à plus de liberté, de démocratie et de justice sociale.

  • On a l'impression que le pouvoir a réussi, à travers la répression et l'état d'urgence, à décourager même les militants politiques les plus témérraires...

Il n’y a pas de doute que le régime politique algérien a exploité la violence des années 1990 pour faire peur aux Algériens. De plus, il a utilisé tous les moyens pour porter atteinte à la crédibilité des partis politiques et à celle des organisations de la société civile. Conséquence : quand les jeunes nés sous l’état d’urgence se sont révoltés à Bab El Oued, ils n’ont trouvé aucune société civile pour les encadrer et cela a engendré des dépassements. Cette situation devra être assumée par le régime, dont l’action n’était pas de construire une société et un Etat, mais de neutraliser le peuple et de l’isoler. Et cela, en utilisant les mêmes procédés. Aidé par les recettes pétrolières et gazières, le régime achète au prix fort son maintien. Le plus important, pour lui, est d’assurer sa survie au détriment du peuple. Ce qui s’est passé au début du mois de janvier dernier est très minime, comparé à ce qui s’est passé dans le pays, durant les quatre dernières années. Les manifestations et les protestations éclatent dans toutes les wilayas, mais elles n’ont pas le même écho que les dernières émeutes. Le peuple algérien exprime également son sentiment d’injustice à travers la harga (émigration clandestine), l’immolation par le feu. Ce sont des messages adressés aux autorités. L’immolation par le feu n’a pas commencé en Tunisie. En 2003, un jeune Algérien s’est immolé par le feu à l’intérieur de la Maison de la presse, à Alger, pour dénoncer l’injustice dont il était victime. Donc, les Algériens ne se révoltent pas uniquement pour des problèmes économiques et sociaux. Ils le font aussi pour exiger plus de liberté et de justice.   

  • Le régime refuse de comprendre tous ces messages ou essaye de leur donner une autre interprétation qui l'arrange mieux. Comment expliquer cette attitude ?

Le régime sait qu’il est dictatorial. Les aspirations de la population sont le dernier de ses soucis. Il croit qu’avec le recours à la répression, en renforçant ses mécanismes tels que la bureaucratie, l’instrumentalisation de la justice et les services de sécurité, il finira par contrôler la situation. Il dépense beaucoup d’argent pour acheter le silence du peuple. Aujourd’hui, cette politique s’est avérée vaine. Le régime a compris qu’il n’a aucune légitimité populaire et qu’aucune institution ne représente réellement le peuple. Il est conscient de tout cela, mais il s’obstine à diriger le pays selon la même logique adoptée depuis l’indépendance. Je pense qu’il a reçu tous les messages qui lui sont adressés et je souhaite qu’il accepte de réviser sa stratégie. Il faut qu’il accepte le passage à une transition démocratique, dont les mécanismes doivent être minutieusement étudiés et débattus. Il y a deux choix : soit attendre une révolution comme celles de la Tunisie et de l’Egypte pour faire tomber le régime ;  soit opter pour la sagesse et faire preuve de beaucoup de nationalisme dans la démarche pour le changement du système. C’est ce que proposent actuellement les organisateurs de la marche du 12 février prochain.

  • Le ministre de l'Intérieur vient de rappeler que les marches sont interdites à Alger en anticipant sur l'action de la Coordination pour le changement et la démocratie...

La majorité des membres de la Coordination qui ont pris part à la dernière réunion ont décidé de formuler une demande d’autorisation de cette marche pour respecter les procédures légales. Mais nous allons marcher avec ou sans autorisation. Telle est la décision de la Coordination. Nous ne pouvons pas accepter des lois arbitraires décidées par les autorités qui ne cessent de trier les textes législatifs à appliquer et de passer sous silence le reste. Je rappelle qu’il n’y a pas de loi interdisant les marches et que l’état d’urgence est anticonstitutionnel. Un régime qui ne respecte pas ses propres lois est un régime déficitaire.

  • Pensez-vous que la démarche de la Coordination aboutira à des résultats concrets, alors que certains de ses membres n'arrivent pas à dépaser leurs querelles partisanes ?

Il faut rappeler que l’idée de la création de cette coordination a germé suite aux dernières émeutes. A la Laddh, nous nous sommes réunis et nous avons dit qu’il fallait encadrer la manifestation de la jeunesse pour éviter les dépassements qui légitimeraient la violence du pouvoir. Nous avons décidé d’assumer nos responsabilités pour protéger les biens publics et privés et donner une image civilisée de la protestation en Algérie. Des syndicats se sont joints à nous et nous avons signé un communiqué commun. Suite à cela, nous avons organisé une réunion à laquelle nous avons convié tous les partis de l’opposition. Nous avons appelé, à l’issue de cette réunion, à une marche pacifique pour demander la levée de l’état d’urgence et le changement du système. Nous ne voulons pas un remaniement du gouvernement qui serait synonyme d’un changement à l’intérieur du système. Ce n’est pas le gouvernement qui prend les décisions. Notre appel n’était pas destiné uniquement à l’opposition, mais également au régime. L’Algérie n’est pas prête à vivre d’autres violences politiques. La violence produira un système politique similaire à celui que nous dénonçons aujourd’hui.      

  • Le FFS et l'association RAJ se sont retirés de la Coordination. Ne pensez-vous pas que cette division de l'opposition sert beaucoup plus le régime ?

Le FFS est l’un des rares partis à avoir milité pour la démocratie depuis 1962. Il est l’un des rares à avoir inscrit dans son programme la lutte pour la levée de l’état d’urgence et le changement du système. Je respecte la position des amis du FFS, qui ont d’autres moyens de lutte. Mais toutes les formes de protestation ont un seul but : briser le statu quo. Chaque parti a le droit de choisir ses moyens de lutte et ses stratégies.

  • La Tunisie, l'Egypte et d'autres pays moyen-orientaux connaissent actuellement des révoltes populaires. Comment expliquer ce réveil des peuples de la région ?

En Tunisie, le système était fermé. Le peuple tunisien s’est levé contre la dictature et les problèmes sociaux, tels que la corruption, le chômage… La révolution en Tunisie est celle du peuple. Contrairement à ce que pensent certains analystes, les puissances étrangères n’ont pas été les instigatrices de cette révolution. Au contraire, ces dernières préfèrent les dictateurs qu’elles gèrent à leur guise. C’est le cas aussi en Egypte. Ces révolutions sont celles des peuples et elles dépassent les partis et les sociétés civiles. La révolution en Tunisie peut influer sur toute la région. Mais il faut être prudent. Il faut encadrer ses révolutions pour produire des systèmes démocratiques.

  • Les mêmes conditions qu'en Egypte et en Tunisie existent en Algérie. Selon vous, la révolution à la tunisienne peut-elle se reproduire en Algérie ?

Il est vrai que la corruption a touché toutes les institutions jusqu’au sommet de l’Etat. Les libertés sont inexistantes et la rue a déclaré son divorce avec le système. Donc on a les mêmes données. Mais pour parler de révolution, je pense qu’il faut prendre en considération la particularité du système algérien, qui est compliqué. Le gouvernement n’est pas la source de décision. Le président n’est pas également le seul à prendre les décisions. Il y a des centres de décision invisibles qui décident ou qui participent à la prise de décision. Et quand le vrai pouvoir est invisible, la réussite de la révolution devient difficile. En outre, le régime algérien a adopté la politique de «diviser pour régner» ; il a divisé le peuple algérien. C’est pour cela que nous devons rester prudents. Nous avons la responsabilité de mener une révolution pacifique pour protéger l’Algérie en tant qu’Etat. Le régime, l’opposition et le peuple algérien doivent s’entendre sur une période de transition qui sera gérée par des gens crédibles. Je pense que c’est la voie à suivre pour en finir avec ce système qui dure depuis 1962.

Madjid MAKEDHI

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© El Watan du 02 février 2011


 

Marche du 12 Février

Alger quadrillée par des milliers de policiers

Un impressionnant dispositif policier a été mis en place dés vendredi à Alger pour empêcher la marche pour le changement du 12 février 2011. Des centaines de bus et de camions pleins de policiers, armés jusqu'aux dents, sont disposés un peu partout à travers Alger. Même la maison de la presse Tahar Djaout est encerclée. Plusieurs camions sont stationnés devant l'entrée, avec des policiers "prêts au combat", comme s'ils voulaient faire peur aux journalistes. Au niveau de l'hopital mustapha, des dizaines de véhicules de la police sont stationnés. On nous signale la mise en place, vendredi dès le matin, de nombreux barrages filtrants sur les principales routes menants à Alger. Des bus civils ont été réquisionnés pour ramener des centaines de policiers à alger, à partir de plusieurs wilayas.

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© El Watan du 11 février 2011


A la veille de la marche du 12 février

L’Etat et les citoyens prennent leurs dispositions

En prévision de la marche de demain samedi 12 février à l’initiative de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), les autorités ont pris des dispositions sécuritaires. La marche doit partir de la Place du 1er Mai, baptisée Place de la Concorde civile, et se diriger vers la Place des Martyrs.

Et c’est précisément dans le quartier du 1er Mai que le déploiement est le plus visible, comme constaté sur place ce vendredi : un convoi de fourgons antiémeute a pris ainsi ses quartiers au niveau de la rue Moutonnière, face au siège de l’entrepôt de l’Entreprise du transport urbain et suburbain (ETUSA) alors qu’un autre s’est installé face à la Maison de la presse Tahar Djaout. Des policiers bien armés sont également visibles devant les véhicules. Face à la Maison du Peuple, siège de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), une longue file d’autres fourgons antiémeute stationne depuis plusieurs jours déjà. En réalité depuis le début de la contestation et des émeutes à Alger (début janvier), le convoi en question n’a plus quitté les lieux. Idem pour l’impressionnant dispositif qui fait face au siège de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN), à la Place des Martyrs. Et l’on s’attend à ce que, comme pour le mois passé, le dispositif soit encore plus renforcé durant la journée de samedi et que plusieurs axes de la capitale soient coupés à la circulation automobile.

Dès hier jeudi, les Algérois ont été informés de l’absence du transport public assuré par l’ETUSA pour la journée de samedi en direction du quartier du 1er Mai. Le ministre de l’intérieur et des collectivités, Dahou Ould Kablia, tout en annonçant le refus de son département d’autoriser cette marche avait affirmé, il y a quelques jours que des mesures seront prises en vue d’empêcher qu’aboutisse l’initiative de la marche. On évoque ainsi la mobilisation de pas moins de 20 000 policiers pour quadriller Alger et les villes limitrophes. Les citoyens, de leur côté, appréhendent cette marche et surtout ses conséquences. Ils tentent de prendre leurs dispositions au cas où les choses se corseraient et que les émeutes soient de nouveau au rendez-vous. D’aucuns n’ont pas hésité à faire le plein de provisions en cette fin de semaine pour faire face aux pénuries qui pourraient accompagner les troubles. Outre les pâtes et autres denrées alimentaires de base, c’est le lait et le pain qui sui sont aussi achetés en grande quantité. Certaines stations d’essence commencent déjà à être prises d’assaut par les automobilistes qui craignent la pénurie vécue lors des précédentes émeutes. Aussi, certains citoyens envisagent de ne pas laisser leurs véhicules à l’extérieur tandis que de plus en plus de parkings gardés affichent déjà « complet ».

Samy CHERROUD

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© Tout Sur l'Algérie, 11 février 2011


Appel pour une transition démocratique

L’Algérie vit un moment dramatique de son histoire, potentiellement aussi explosif que celui qui affecte d’autres pays de la région, du fait des blessures encore ouvertes des deux dernières décennies, des politiques économiques incohérentes et des politiques sociales injustes.

Les blocages du système politique autoritaire sont tels que l’émeute apparaît comme l’unique recours pour une grande partie de la population qui subit le déni des droits et la hogra des détenteurs du pouvoir. De plus en plus de voix s’élèvent aujourd’hui pour revendiquer un changement radical du système politique autoritaire et corrompu qui préside aux destinées de l’Algérie depuis son indépendance. La dernière initiative en date, une marche nationale pacifique demain, samedi 12 février, émanant d’une «coordination nationale pour le changement démocratique» vient de se voir signifier une interdiction en violation des droits et libertés garantis par la Constitution.

Un pouvoir, déconnecté de son peuple et sourd aux aspirations des populations, semble décidé à employer tous les moyens répressifs pour empêcher toute expression et manifestation populaire et notamment celle de la jeunesse dépossédée de son présent et de son avenir. Ira-t-il jusqu’à l’irréparable comme ce fut le cas en octobre 1988 et avril 2001 ? L’Algérie et les Algériens, non encore remis d’une guerre civile qui a causé des centaines de milliers de morts, des milliers de disparus, des blessures physiques et psychologiques profondes, doivent pouvoir retrouver la paix, jouir de conditions d’existence décentes.

Nous appelons tous les patriotes qui n’ont pas perdu le sens national, où qu’ils soient, pour agir et peser de tout leur poids afin d’en finir avec la répression et d’engager l’Algérie dans une véritable transition démocratique. Cette transition démocratique veillera à la mise en place des institutions nécessaires à l’établissement et au fonctionnement de l’Etat de droit et définira les politiques pour la réalisation d’une société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire. Le contexte actuel exige que s’engage un véritable débat national qui associera toutes les sensibilités politiques et culturelles pour une refondation de la République algérienne. Cette refondation, tout en tenant compte des sacrifices et de l’héritage de la lutte de Libération nationale, ouvrira la voie au respect effectif des droits et des libertés garantis par les différents pactes internationaux que l’Algérie a ratifiés.

Signataires :
Mohamed Harbi, professeur d’histoire ; Madjid Bencheikh, professeur de droit ; Aïssa Kadri, professeur de sociologie et Ahmed Dahmani, maître de conférences en économie.  

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© El Watan du 11 février 2011


Marche du 12 février

Les coulisses des organisateurs

Ni l’interdiction des autorités ni la propagande de la presse, de la police et des médias publics n’ont démotivé les initiateurs de la marche de ce samedi. Dans les sièges des partis, des associations et autres collectifs, les portes sont grandes ouvertes pour accueillir les volontaires.

«Rien n’est laissé au hasard, de la conception des pancartes jusqu’à l’encadrement des manifestants en passant par l’hébergement des militants venus des autres wilayas», nous annonce d’emblée un des organisateurs au siège de la Snapap à El Harrach (ex-Belfort). Depuis mardi soir, un spot réalisé par le journaliste Fodil Boumala invitant les Algériens à sortir le 12 février fait le buzz sur Internet, notamment sur Youtube et Facebook. La commission technique de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie a décidé en concertation avec toutes les parties, d’un certain nombre de mesures logistiques et organisationnelles.

Si chaque partie est libre de choisir ses slogans, ils respectent tout de même les mêmes mots d’ordre, à savoir «le changement et la démocratie, la levée de l’état d’urgence, la libération des détenus des émeutes, une Algérie démocratique et sociale, ouverture des champs politique et médiatique et enfin le travail et la justice sociale», nous informe Imad, un militant de la LADDH. Cela n’exclut pas de voir des pancartes sur lesquelles des slogans hostiles à des cercles du pouvoir tels «Boutef Dégage», ou «DRS barakat». Un autre militant ajoute : «De toute façon, hormis les appels à la violence, aucun slogan ne sera interdit. C’est justement la libération de la parole que nous défendons et à laquelle nous appelons, n’est-ce pas ?» Concernant la confection des pancartes, tout le monde travaille d’arrache-pied pour être prêt le jour du «grand rendez-vous».

Les organisateurs, selon nos informations, semblent avoir opté pour les pancartes au lieu des banderoles, difficiles à transporter. Un tour au siège de la Snapap, des banderoles faites avec des moyens dérisoires, lutte syndicale oblige, sont déjà prêtes pour la marche. On peut y lire des slogans tels que «Non à la corruption, non à l’injustice». Au siège de la Ligue de défense des droits de l’homme, des réunions techniques sont organisées avec les différents partenaires afin d’adopter une stratégie adéquate le jour de la marche. «Nous étudions tous les scénarios possibles, le comportement à adopter face au déploiement des forces de sécurité, l’encadrement des marcheurs et d’autres aspects que nous ne pourrions pas rendre publics», indique un militant en arguant que «dans toutes les marches, il y a des choses discrètes sur l’organisation sur lesquelles on ne communique jamais».

Sérénité

Les organisateurs porteront un accoutrement spécifique afin d’encadrer et diriger les manifestants et veiller à l’exécution du plan (ou les plans) décidé et discuté par les intervenants au sein de la coordination, cela dans le souci «d’assurer la sécurité et éviter tout débordement». Si pour l’instant, on ne sait pas de quelles couleurs seront ces t-shirt ou gilets, la raison est simple : «C’est pour éviter que des tiers ne puissent reproduire l’accoutrement choisit en vue de perturber le bon déroulement de la marche», nous explique un autre militant spécialisé dans l’encadrement des foules pendant les manifs publiques. Concernant l’hébergement des militants des autres wilayas qui arriveront la veille de la marche, des partis comme le RCD et le MDS, et des associations telles SOS disparus, Tharwa Lala Fatma n’Soumer et le Snapap ont proposé, lors de la dernière réunion technique, d’ouvrir leurs sièges aux manifestants.

Toutes ces activités ne sont sans attirer le regard des services de sécurité qui scrutent et filment le moindre mouvement comme nous l’avons constaté lors de notre tournée. La Ligue de défense des droits de l’homme a commencé à distribuer des tracts appelant à la marche. Selon nos informations, les parties de l’Alliance présidentielle, dans une démarche opposée à celle de la coordination, distribuent actuellement des tracts et des t-shirt avec l’inscription «Non à la violence». Une démarche désespérée du pouvoir, selon Imad, pour avorter la marche et la diaboliser : «Comme si la presse alignée, les médias publics et le déploiement de la police ne leur suffisent pas ?» conclut-il.»

Zouheir AÏT MOUHOUB

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© El Watan du 11 février 2011


Safy Boutella

Je rentre à Alger pour marcher

Nos enfants sont depuis 20 ans en manque de dignité. Ils ne peuvent fonder une famille. Ils ne peuvent ni la loger, ni la nourrir, ni la nourrir de projets. Plus foi en l’avenir, ils préfèrent partir… En fumée ou se noyer. Du haut de leur tour d’ivoire, ils font la sourde oreille, dans un silence assourdissant… Allons marcher le 12 février au 1er Mai, pour nourrir nos enfants de l’espoir qu’ils méritent.

JE RENTRE À ALGER POUR MARCHER. Et je marcherai dans mon pays pour accompagner nos enfants sur le chemin de la dignité. Depuis longtemps déjà, j’ai mal à mon pays. J’ai mal à mon pays et je ne peux plus supporter de voir nos enfants crever en mer, crever par le feu, crever dans le désespoir et la honte. Je rentre marcher pour qu’ils crèvent d’envie de rester. Nos enfants. Cela fait trop longtemps que je pleure pour eux. Nos jeunes qui se démènent seuls, sans encadrement, sans lieux d’épanouissement. Notre pays ne leur laisse que l’envie, l’envie de ce qu’ils voient sur les chaînes du satellite. Notre pays frustre ses enfants qui n’ont d’autres alternatives que de se construire, bien malgré eux, avec ces codes culturels qui ne sont pas les leurs. Et cela, au péril de notre culture, de sa transmission, car on n’y accorde aucune importance, car on ne sait pas ou, pire, on ne veut pas les rendre fiers, fiers de leur culture et de leur histoire. Je pleure et je rentre marcher avec eux pour que cette richesse, dont on n’a de cesse de s’enorgueillir, leur revienne à eux, surtout à eux. Notre richesse, nous la tenons dans nos jeunes, dans notre chair, dans notre âme. Ne les laissez pas se noyer, se brûler ou se consumer à petit feu, faute d’espoir et d’amour. AIMONS-LES pour qu’ils nous aiment. Où est notre conscience ya din Allah ??????? MARCHONS.

Safy BOUTELLA, musicien

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© El Watan du 06 février 2011


Marche du 12 février à Alger

Samedi, le tournant ?

Alger retient son souffle. L’Algérie tout entière aussi. La marche du 12 février est sur toutes les lèvres. L’initiative de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) accapare, en attendant samedi, toutes les discussions, suscite les commentaires les plus engagés comme les plus tièdes… nourrit les espoirs mais aussi quelques inquiétudes chez les pessimistes.

Alger (Le Soir) - De quoi samedi sera-t-il fait ? C’est la question que d’aucuns ne cessent certainement de se poser. Alger a rendez-vous avec l’Histoire… une histoire qui, pour le monde arabe, s’accélère. Tunis a fait sa révolution, a contraint Ben Ali à vider le somptueux palais carthaginois pour ruminer les affres de l’exil dans la lointaine Arabie. Du Caire montent toujours des volutes épaisses de colères. La place Tahrir ne désemplit toujours pas, contraignant le Raïs Moubarak à se départir de sa superbe. Alger, qui jusque-là, suit les révoltes tunisienne et égyptienne à travers le tube cathodique et les différents sites internet, se prépare à braver l’interdit qui fait d’elle une citadelle qui doit étouffer ses colères. Elle seule, puisque ailleurs, dans le reste des villes algériennes, les gens peuvent manifester à convenance. Le pouvoir n’aime pas entendre les colères citoyennes gronder de très près. Aussi a-t-il décidé depuis dix ans déjà d’interdire les marches dans la capitale. Pas toutes, puisque celles qui postulent à renforcer son assise sont tolérées. N’ayant pas pour vocation de brandir des banderoles ou scander des slogans encensant le pouvoir, le système politique en place depuis l’indépendance, la marche nationale et pacifique à la quelle a appelé la Coordination nationale pour le changement et la démocratie est interdite. Plutôt trois fois qu’une. Il y a eu d’abord le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould-Kablia, qui rappela cette loi d’exception qui fait d’Alger une cité interdite aux marcheurs. Il y eut ensuite le vice-Premier ministre Yazid Zerhouni qui insista ferme sur l’interdiction de la marche. Et en troisième lieu, le Conseil des ministres qui renforça l’affirmation. La Wilaya d’Alger, auprès de laquelle la Coordination pour le changement et la démocratie sollicita, formalisme oblige, une demande d’autorisation de la marche, objecta lundi 7 février un refus au motif que la manifestation risque de perturber l’ordre public. Le lendemain, soit le mardi 8 février, la Coordination pour le changement et la démocratie, réunie à Alger, a déclaré maintenir sa marche. Les autorités sont mises devant leurs responsabilités. A voir l’arsenal d’engins anti-émeutes maintenu à différents endroits d’Alger depuis le 22 janvier dernier, date de l’organisation par le RCD d’une marche avortée, il est aisé de comprendre qu’elles se préparent à réprimer la marche de samedi prochain. Un avant-goût a été donné hier à travers l’impressionnant dispositif de sécurité déployé pour empêcher que les gens ne rallient le rassemblement de la CNCD devant l’ambassade d’Espagne. La rue longeant l’ambassade a été barricadée par la police à chacun de ses deux bouts. N’empêche que les membres de la Coordination ont pu se rassembler en contrebas et scander à gorges déployées «Moubarak barra», «Bouteflika barra». Une halte politique fort significative, tant elle participe d’un prééchauffement pour la marche du 12 février prochain. Une marche aux couleurs du changement réclamé par une Algérie plurielle. L’initiative, qui se veut un enchaînement sur les émeutes juvéniles du début de l’année, est le fruit d’un consensus national. De bords politiques distincts, les animateurs de la CNCD ont, dans une formidable synergie, réussi à transcender leurs clivages et querelles pour se retrouver autour de mots d’ordre faisant consensus. C’est dire que le désir de voir le pays opérer le changement vers la démocratie est une commune préoccupation. C’est pour cela aussi que le pouvoir, manœuvrier à outrance, parfois habile, a raté lamentablement de dissuader la Coordination qui maintient sa marche. L’engagement citoyen a été plus déterminant que la manœuvre des autorités. Samedi, le tournant ?

Sofiane AÏT-IFLIS

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© Le Soir d'Algérie du 10 février 2011


Saïd Sadi / Il estime que les conditions d’un changement démocratique sont réunies

“Le peuple peut enfin récupérer son destin”

Après avoir appelé au rassemblement des forces démocratiques autour de revendications consensuelles, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) s’est bien investi dans la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), regroupant des syndicats autonomes, des organisations de la société civile et des partis de l’opposition.

Rencontré dans son bureau, Saïd Sadi donne l’air de fonder bien des espoirs sur cette nouvelle structure transpartisane, même s’il n’ignore pas que le pouvoir fera tout pour perturber cette dynamique de rapprochement par les polémiques ou les provocations. “Le fait que des militants de sensibilités différentes se soient rapprochés et organisés autour d’un consensus est une vraie avancée dans la culture politique algérienne. Il faudra veiller à ce que cette synergie se consolide et s’amplifie. Le combat ne fait que commencer”, souligne-t-il. Comment apprécie-t-il la situation du pays à la veille de l’épreuve du 12 février ? “Elle est d’une telle gravité que si des initiatives fortes ne sont pas prises rapidement pour sortir par le haut du système qui a dévasté le pays, la nation algérienne connaîtra de terribles épreuves et risque même d’être remise en cause dans sa cohésion.” Aussi, “le devoir patriotique” recommande à chaque Algérien de s’investir pour “apporter tout ce qu’il peut et partout où il se trouve”. Surtout que le Sud, de Tunis à Abidjan, connaît des bouleversements sans précédent. “Nous sommes en train d’assister à un vrai mouvement historique d’envergure planétaire. Le Sud s’exprime et se libère par la mobilisation citoyenne. Les apparatchiks qui l’ont soumis n’ont plus le monopole de la parole. L’histoire est en marche, nul ne peut la mettre au congélateur, le tout est de faire de sorte que l’évolution se fasse de la meilleure manière possible”, explique-t-il.

Mais au lieu d’aller dans le sens de l’histoire, le pouvoir algérien se complaît dans “un autisme qui se traduit par des messages indéchiffrables”. Et Sadi de poursuivre : “Les manœuvres ne sont plus de mise. C’est irresponsable, dangereux et inadmissible.” Ne craint-il pas que la marche du 12 février connaisse le même sort que celle du 22 janvier dernier ? “Le coût politique, diplomatique et médiatique payé par le régime le 22 janvier est très lourd. Cela dit, le système politique algérien est par définition imprévisible, surtout quand il est paniqué, ce qui est le cas actuellement”, résume le président du RCD, non sans souligner que ce régime “se résoudra difficilement à admettre que l’avenir passe par son extinction”, car “il n’a ni la lucidité, ni l’intelligence, ni la cohésion nécessaires pour adopter une position responsable face à la fin d’un cycle historique”.  Et face à l’opposition, il peut être tenté de ressortir la  vieille recette de la provocation médiatique et politique, comme “le chantage à l’islamisme ou au chaos”. “Pour l’instant, outre ses supports médiatiques qui peuvent continuer à désinformer et invectiver, il n’a pas d’autres ressources à opposer pour  réduire l’ampleur de la marche du 12 février”, relève Saïd Sadi qui en appelle à la vigilance et à la mobilisation des Algériens, pour que “cette marche soit un moment de consécration de tous les sacrifices consentis par notre peuple pour que naissent les conditions qui libèrent la nation d’une hibernation indigne de notre histoire”. “Les initiatives du 12 février et du 22 janvier ne sont pas une finalité”, tient-il à ajouter. “Il faudra accompagner et renforcer ces initiatives par des actions locales et régionales. La création de coordinations dans l’émigration en Europe et en Amérique du Nord donne la mesure de l’aspiration de la collectivité nationale. On y trouve des militants politiques de toutes sensibilités, des personnalités et des animateurs du tissu associatif. Je me permets d’insister dans cette phase sur cette capacité à dégager des consensus qui sont, avec la mobilisation de la jeunesse, le meilleur gage de réussite si nous savons les préserver. Ces coordinations ont vocation à prolonger et à élargir la dynamique actuelle jusqu’à ce qu’une phase de transition associant l’ensemble des Algériens, nourris par le message de novembre et de la Soummam et respectant les principes de l’État de droit, soit mise en œuvre”, explique-t-il.

Aux yeux du président du RCD, il y a lieu de préserver “la révolution de la jeunesse” du danger qui a toujours fait avorter les initiatives par leur absorption par les “rotations clientélistes”. “Je crois que la classe politique comme la société civile engagées dans la dynamique de changement sont averties de ce risque, et que chacun dit qu’il faut changer de système politique et non de gouvernement ni même de pouvoir. Cela est capital. C’est la première fois depuis l’indépendance que les conditions nationales, régionales et internationales sont réunies en même temps pour envisager un changement démocratique”, assure-t-il.  

Arab CHIH 

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Pourquoi les Algériens ont le droit de marcher

  • Le droit de manifester pacifiquement : un droit fondamental arraché de haute lutte par le peuple algérien
  1. Dans notre pays, et à l’instar des autres différents droits fondamentaux désormais inscrits dans la Constitution, le droit de manifester n’a pas été octroyé par les différents pouvoirs successifs ayant gouverné l’Algérie depuis l’indépendance du pays. Loin s’en faut ! Il constitue l’une des conquêtes politiques majeures des réformes engagées par le gouvernement Hamrouche après les émeutes des jeunes d’Octobre 1988.
  2. Aucun de ces droits fondamentaux, politiques et sociaux dont toutes et tous disposent ou devraient disposer en Algérie n’a été conquis, établi et garanti autrement que par l’exercice, légal ou non, du droit de manifester. Il a fallu manifester, et le plus souvent hors de la légalité, pour obtenir le droit de grève, de liberté de conscience et d’opinion, les libertés d’expression, d’association et de réunion ! Et il a évidemment fallu manifester sans autorisation pour arracher le droit de manifester, légalement avec une autorisation !
  • Le droit de manifester pacifiquement : un droit fondamental du peuple consacré par la loi fondamentale du pays (Constitution)

Article 6 de la Constitution : «Le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple.» Article 41 de la Constitution : «Les libertés d'expression, d'association et de réunion sont garanties au citoyen.»

  • Le droit de manifester pacifiquement : un droit que le peuple algérien a su exercer avec un haut niveau de civisme
  1. Depuis la reconnaissance du droit de manifestation consacré par la loi 89-28 du 31.12.1988 relative aux réunions et manifestations publiques, des milliers de marches se sont déroulées à Alger, tout particulièrement sur l’itinéraire choisi par les autorités et adopté par les manifestants (place du 1er-Mai - place des Martyrs), sans aucun incident.
  2. Certaines marches ayant regroupé plus d’un million de personnes à Alger ont connu des niveaux d’encadrement remarquables et une ambiance festive typiquement algérienne.
  • Le droit de manifester pacifiquement : un droit qui doit pouvoir s’exercer dans les moments difficiles que peut traverser un Etat ou une nation
  1. Pour sauver l’Etat en danger : la marche du 2 janvier 1992 à laquelle a appelé Aït Ahmed entre les deux tours des élections législatives a été autorisée malgré le climat politique électrique le plus confus depuis l’indépendance sur l’avenir de l’Etat et de la nation. Aucun incident n’a été enregistré.
  2. Pour éviter l’effusion de sang : la situation politique extrêmement délicate que vit notre pays aujourd’hui nécessite le recours au droit de manifester pour canaliser pacifiquement les violences que vit le pays depuis quelque temps.
  • Le droit de manifester pacifiquement : un droit démocratique fondamental pour exprimer des inquiétudes légitimes reconnues officiellement, y compris par le Premier magistrat du pays et les pouvoirs publics.
  1. Communiqué du Conseil des ministres du 3 février : «Les récentes manifestations sont, sans aucun doute, l'expression d'inquiétudes et d'impatiences chez nos compatriotes. »
  2. La proposition de la Wilaya d’Alger de conversion de la marche à laquelle a appelé le CNCD en réunion politique à l’intérieur d’une salle est, en soi, une reconnaissance implicite des pouvoirs publics de la gravité de la situation ayant justifié la demande de marche.
  • Le droit de manifester pacifiquement : une liberté fondamentale octroyée puis progressivement confisquée par grignotages successifs
  1. L’exercice démocratique plein et entier en Algérie du droit de manifester n’a en réalité tenu que cinq mois (janvier-juin 1991) avec une législation consacrant le principe universel de la simple déclaration préalable et l’obligation légale faite au wali de délivrer sur-le-champ un récépissé de déclaration à toute demande de marche. (article 15 de la loi 89-28 du 31-12-1989 relative aux réunions et manifestations publiques).
  2. Ce droit a été remis en cause une première fois par le décret présidentiel du 4 juin 1991 portant état de siège, une seconde fois par un amendement de la loi citée plus haut qui a réintroduit le principe de l’autorisation préalable et définitivement par le décret présidentiel du 9 février 1992 portant instauration de l’état d’urgence.
  3. Malgré cette situation de grignotage, le président Zeroual a autorisé au cours de son mandat des centaines d’autorisations de marches ayant regroupé sans incidents des millions de personnes.
  4. La seule marche qui a connu de graves incidents est celle du 14 juin 2001 pour deux raisons. Elle n’a pas été autorisée et n’était pas indemne de grossières manipulations comme celles qui se déroulent présentement en Égypte.

L’exercice du droit fondamental de manifester pacifiquement devrait donc se passer de toute autorisation préalable et ne relever, comme dans les autres pays, que d’une simple déclaration préalable.

  • Le droit d’avoir des droits menacé :

Il est le droit de toutes et de tous, et en le défendant, le peuple algérien en défend aussi l’exercice par ceux-là mêmes qui, estimant n’en avoir plus besoin, entendent en priver les autres. C’est parce que le droit de manifester est à la source de tous les autres, qu’il est le premier menacé, que l’on réduit lorsque l’on s’attaque aux autres. C’est parce que le droit de manifester est l’expression la plus immédiate du «droit d’avoir des droits», qu’il faut s’engager à le défendre. C’est pour cela qu’il faut déclarer tenir pour illégitime, scélérate, nulle et non avenue toute loi ou mesure qui irait en ce sens. De même qu’il faut refuser d’être tenu a priori pour responsable et présumé coupable de tous les éventuels dégâts liés, directement, indirectement ou fortuitement aux manifestations organisées.

Synthèse K. M.

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En perspective de la marche du 12 février à Alger

Mobilisation à Tizi Ouzou et Béjaïa

Les préparatifs de la marche du 12 février à laquelle a appelé la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) vont bon train à Tizi Ouzou.

«L’heure est à la mobilisation et à l’union», nous a-t-on expliqué, hier, au bureau régional du RCD. «Tous les citoyens de la région ne parlent que de la marche. C’est pour cela que nous avons engagé un certain nombre de préparatifs liés au déplacement de tous ceux qui désirent prendre part à cette manifestation», nous a précisé Hamid Maâkni, président du bureau régional du  RCD à Tizi Ouzou. M. Maâkni nous a également indiqué qu’une centaine d’associations de la région soutiennent l’action de la CNCD. Il est à rappeler que, samedi dernier, des militants et cadres de la formation de Saïd Sadi ont organisé une marche dans la ville des Genêts. Cette action s’inscrit dans le cadre de la mobilisation de la population pour la marche de samedi. Du côté de l’université Mouloud Mammeri (Tizi Ouzou), on se prépare aussi pour être au rendez-vous à Alger, samedi. Selon un membre de la Coordination locale des étudiants (CLE),  on constate un engouement de la communauté estudiantine pour l’action de la CNCD.  «L’université de Tizi Ouzou ne sera pas en marge de la marche du 12 février. Elle a toujours été à l’avant-garde de tous les mouvements de contestation allant dans le sens du changement.» Donc, aujourd’hui, plusieurs étudiants ont manifesté leur adhésion à la marche.

«Il y a eu une campagne de sensibilisation dans les campus, mais on a suggéré à ceux qui désirent prendre part à la marche de partir deux ou trois jours à l’avance pour éviter d’être bloqués sur la route le jour de la manifestation», nous a expliqué un étudiant, interne en médecine, qui ajoute, par ailleurs, que même au niveau du CHU de Tizi Ouzou, les choses commencent à bouger. «Toutes les corporations doivent s’impliquer, car le changement doit intervenir à tous les niveaux», a-t-il fait remarquer. Il rappellera que les internes en médecine et les médecins résidents préparent un mouvement de protestation pour dénoncer l’insécurité au niveau des établissements hospitaliers. «Le constat est sans appel. L’Etat algérien n’a visiblement pas de soucis de notre corporation. Ses préoccupations sont ailleurs eu égard au traitement qu’il continue de réserver aux revendications exprimées par les différents syndicats de la corporation», lit-on dans la déclaration des internes en médecine qui ont tenu un sit-in, lundi, au CHU Nedir Mohamed de Tizi Ouzou.
A Béjaia, le refus opposé à la demande de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) d’organiser la marche à Alger n’a entamé en rien la détermination des nombreux citoyens décidés à y être quand même.

Les étudiants sont de la partie

Le RCD a actionné ses structures pour assurer l’affichage de l’appel de la CNCD dont il est partie prenante. Le parti est à pied d’œuvre pour acheminer les marcheurs «dans les meilleures conditions». Selon Reda Boudraâ, chef du bureau régional du RCD, près de 700 noms d’étudiants sont d’ores et déjà couchés sur la liste des partants sur Alger. Outre le nouveau collectif estudiantin pour la sauvegarde de la citoyenneté, des comités des cités «U» activent pour allonger cette liste. Des lycéens, regroupés autour d’une coordination, affichent, eux aussi, leur intention de prendre part à la marche de ce samedi. «L’engouement est aussi chez la gent féminine», nous affirme M. Boudraâ. Au RCD, on croit plus que jamais que ce samedi sera un «rendez-vous avec l’histoire». Les choses bougent aussi du côté des robes noires. Un collectif d’avocats de Béjaïa, «préoccupés par l’impasse politique actuelle qui hypothèque gravement la cohésion nationale», a initié une pétition de soutien à «cette action citoyenne».

Jusqu’à hier, on a compté quelque 80 signatures. Lançant une invitation à leurs consœurs et confrères à joindre la marche de la CNCD, les signataires se disent «convaincus qu’en tant que défenseurs de la justice, (leur) engagement pour un Etat de droit, doit nécessairement accompagner la lutte du peuple algérien pour le changement et la démocratie». Il appelle, ainsi, «tous les patriotes soucieux du devenir de notre nation, à transcender toute forme de divergences et à se joindre à cette manifestation afin de contribuer au renouveau démocratique et à la défense de l’honneur et de la dignité de notre pays». Pour le Snapap, il s’agit de compter, pour cette première action de la CNCD, plus sur les militants engagés. «La CNCD s’inscrit dans le temps et il y aura d’autres actions», nous précise M. Sadou. La coordination intercommunale de Béjaïa, structure de l’ex-mouvement citoyen, a aussi rendu publique une déclaration de soutien à cette marche en reprenant son fameux slogan «Le combat continue».

Kamel MEDJDOUB, Hafid AZZOUZI

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Marche interdite

Alger inspire Oran

Lorsque le président Bouteflika est revenu du Val-de-Grâce, où il a séjourné pour soigner sa maladie, une liesse populaire a été organisée à Alger pour l’accueillir.

D’importantes marches ont été organisées dans la capitale en soutien aux Palestiniens lorsque la bande de Ghaza a été sauvagement attaquée par l’armée israélienne. Au lendemain de la qualification de l’équipe nationale au Mondial sud-africain, deux millions d’Algérois sont sortis dans les rues de la capitale pour fêter la victoire et même jusque très tard dans la soirée. Personne n’avait, à l’époque, évoqué le risque sécuritaire qui pouvait peser sur des manifestations aussi grandes. Qu’est-ce qui a changé depuis sur le plan sécuritaire pour brandir la menace terroriste aujourd’hui comme argument pour y interdire les marches populaires et pacifiques ? Le motif avancé par les autorités est peu convaincant, l’argument est même fallacieux.

Trompeur, tout le monde sait que l’argument qui met en avant la menace sécuritaire n’est qu’un éventail. Contrairement aux manifestations précitées, les autorités ne veulent pas en réalité de marches qui les mettraient en cause. Des marches avec des mots d’ordre politiques. Mais c’est dans la logique de la fermeture de tous les espaces d’expression, y compris la rue. Ne sont tolérées que les manifestations toujours suscitées d’ailleurs de thuriféraires auxquelles tous les médias publics, notamment la télévision, sont ouverts. L’opposition en a été définitivement bannie.

Des signes qui ne trompent pas sur les intentions des tenants du pouvoir, et leurs arguments au rabais, c’est l’interdiction apposée à la demande de la coordination nationale pour le changement et la démocratie qui a programmé une marche pacifique à Oran le 12 février prochain. La décision a eu toutefois le mérite de mettre à nu tous les subterfuges des autorités. Pourtant, lors du dernier Conseil des ministres, l’on a bien dit que l’interdiction ne concernait que la seule wilaya d’Alger, et que les citoyens pourraient bien organiser des manifestations partout ailleurs sur le territoire national.

D’abord pourquoi Alger ? Pour quelle raison on dénie le droit aux cinq millions d’Algériens qui habitent la capitale de manifester ? Aussi l’on ne savait pas qu’il ait des parcelles de ce territoire qui semblent définitivement proclamées zones interdites à la contestation, pacifique soit-elle. La décision prise par la wilaya d’Oran, inspirée et certainement assumée par Alger, renseignerait sur une certaine manière dont on conduit la chose publique.
Décidément, les autorités ne se soucient guère des contradictions dans lesquelles elles peuvent se fourrer pourvu qu’elles maintiennent la chape de plomb qui bloque l’avènement pacifique d’une alternative politique.

Said RABIA

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Le collectif des artistes de Béjaïa soutient la marche du 12 février

Plusieurs artistes de Béjaïa ont tenu à apporter leur soutien à la marche initiée par la Coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD) pour le 12 février 2011 à Alger.

Boualem Beurr, chanteur kabyle et membre du Collectif des artistes de la wilaya de Béjaïa, rencontré en marge d’un sit-in organisé hier, devant la Maison de la culture pour dénoncer leur marginalisation par les responsables du secteur de la culture, nous a déclaré que leur association constituée de stars de la chanson kabyle notamment, le groupe Idurar de Kaci Boussad, Boudjemaâ Agraw, Louiza, Abdelkader Bouhi, Mustapha du groupe Les Maghrébins, se «joint» à l’appel de la CNCD pour la manifestation populaire du 12 février dans la capitale pour réclamer le départ des dignitaires du régime. «Nous sommes aussi des enfants de ce peuple et nous partageons les mêmes aspirations de changement pour une société juste et démocratique. En tant qu’artistes, nous ne pouvons rester insensibles à ce qui se passe dans notre pays. Nous joignons notre voix pour une participation massive des citoyens à cette marche de l’espoir démocratique et pour réclamer la chute de ce régime totalitaire, en place depuis l’Indépendance», nous a déclaré en substance Boualem Beurr.

A. K.

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La politique investit le réseau social

La marche du 12 février a déjà commencé sur Facebook

Le décalage  entre les dirigeants  du pays et ce  qui se passe sur le facebook DZ est énorme. Ni les représentants des partis au pouvoir ni leurs proches ne semblent comprendre l’immense transformation que subit l’Algérie.

Un constat très facile à faire. Il suffit de suivre l’immense activité des facebookeurs algériens depuis le début du mois de janvier pour s’en convaincre. À défaut d’avoir de vrais espaces d’expression, la société a carrément plongé dans le net. Certains diront que c’est pour fuir la réalité. Une lecture qui peut être valable mais qui est loin d’être la seule. Les facebookeurs algériens ont créé un espace dans lequel beaucoup semblent s’adapter. Le réseau social, lié par méconnaissance à la jeunesse, est devenu ces dernières semaines, la véritable scène politique du pays. Les débats y sont intenses et tous les sujets y sont abordés. Les hommes politiques sont souvent invités par les internautes à se départir de la vision des années 1990. “Ceux qui font la politique en Algérie se sont bloqués avec l’instauration de l’état d’urgence”, écrit un facebookeur sur son profil en précisant : “Ils oublient qu’entre-temps, 19 ans sont passés et que les Algériens ne sont plus les mêmes !”  Ce fossé se confirme de plus en plus dans les nombreux forums créés sur le réseau social. Les critiques abondent dans tous les sens. Tout est remis en cause. Cependant, un consensus semble être trouvé autour de la marche nationale à laquelle la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a appelé pour samedi prochain. Plusieurs profils de groupes ont été créés pour cette occasion. On peut citer celui de la CNDC : “Marche du 12 février sur tout le territoire”. Jusqu’à lundi dernier, 3 264 personnes ont confirmé leur présence pour les manifestations prévues dans plusieurs villes algériennes (Alger, Constantine, Bordj Bou-Arréridj, Annaba et Oran), et même celles prévues à l’étranger (Paris, Grenoble et Montréal).

L’un des groupes qui fait le plus parler de lui est sans aucun doute “Envoyés spéciaux algériens” (SPA).  Avec presque 21 500 membres, SPA est devenu un repère pour les nombreux facebookeurs qui recherchent des infos sur ce qui se passe en Algérie, mais également en Tunisie et en Égypte. Ce groupe s’est distingué depuis le début du mois de janvier, avec les émeutes qui avaient secoué le pays. Les débats y sont très nombreux, et parfois houleux. Les administrateurs de SPA ont réussi ainsi à créer un espace dans lequel on peut retrouver toutes les tendances. Un véritable baromètre pour ceux qui veulent avoir une idée sur le monde de Facebook en Algérie. Pour la marche de samedi prochain, un sondage a été effectué par les administrateurs de la “communauté” avec la question : “Allez-vous participer à la marche pacifique du 12/02/2011 ?” 574 personnes y ont participé (entre le 3 et le 4 février), et le “oui” l’avait emporté avec 61,36%. “Algérie Pacifique” est un autre lancé en janvier dernier. Le rendez-vous du 12 est évidemment dans leur “ligne de mire”. L’opinion de Omar, un des membres, sur l’impact de facebook au sujet de la marche, semble mitigée. “Les jeunes activistes sur le net peuvent jouer un rôle déterminant, à condition que la Coordination prenne en charge leurs revendications en les intégrant dans la plate-forme. On ne va pas aller jusqu’à dire qu’on peut avoir le même impact qu’en Égypte et en Tunisie, dans la marche du 12, mais dans les futures marches et mobilisations, je suis persuadé que cela peut facilement se produire”, affirme-t-il, avant d’ajouter que “c’est juste une question de temps et de préparation”.  

Parmi ceux qui se distinguent sur facebook, il y a Amazigh Kateb. En plus d’être chanteur, il est en train de se donner un autre statut, celui d’activiste sur le net. Le message affiché sur son profil il y a quelques jours en est la meilleure illustration : “Important : pour la marche du 12, le pouvoir peut, comme en 2001, et comme Moubarak aujourd'hui, payer ou envoyer des casseurs et des flics en civil. Demandons aux jeunes des quartiers populaires, notamment sur le tracé de la marche (place du 1er-Mai - place des Martyrs) d'être vigilants avec nous, à ceux qui voudraient semer le chaos et les neutraliser. Ce pouvoir va tomber. Écoutez : il tremble.” Activiste, militant, cyber-dissident, une panoplie de titres qui pullulent depuis janvier dernier sur le réseau social en Algérie. Une réaction loin d’être surprenante devant l’absence de véritables relais politiques et de champs d’expression libre. Nombreux sont ceux qui affirment que facebook en Algérie ne peut égaler celui en Tunisie ou en Égypte, oubliant toutefois que c’est exactement le même discours qu’avaient les dirigeants de ces deux pays avant que la vague de contestation ne les submerge. Omettre et négliger l’impact de ce réseau social, c’est, au moins, confirmer ce que beaucoup disent sur les acteurs de la scène politique : ils sont “has been”.

Salim KOUDIL

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Les principaux acteur de la CNCD appellent à la mobilisation

La dynamique du 12 février est lancée

Les représentants de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, qui ont observé hier leur premier sit-in à Hydra, ont exprimé leur solidarité avec le peuple égyptien et également réitéré leur appel à la marche pacifique de samedi.

Les représentants de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) ont effectué, hier, leur première sortie sur le terrain et ont lancé, du coup, la dynamique du 12 février. En guise d’action inaugurale avant la manifestation de samedi prochain, ils ont décidé de se rassembler devant l’ambassade d’Égypte, à Hydra, afin d’exprimer leur solidarité avec le peuple égyptien et soutenir les mouvements de révolte dans les pays arabes. Venus par petits groupes, les manifestants se sont vu empêchés d’accéder à la rue Abdelkader-Gadouche, Hydra, où se situe le siège de la représentation diplomatique égyptienne en Algérie. Un important dispositif sécuritaire les attendait sur les lieux. Les éléments de la Sûreté nationale ont carrément fermé l’accès de la rue aux véhicules et même procédé à la vérification systématique des papiers d’identité des piétons. Certains manifestants, qui ont pu atteindre ladite rue, où se situe également l’ambassade de France, ont été vite escortés vers les rues adjacentes afin de les disperser. Toutes les voies menant vers l’ambassade d’Égypte ont été bouclées par les éléments de la police. Vers 14h, des dizaines de manifestants ont pu tenir leur sit-in du côté du pont d’Hydra, pas loin du carrefour. Sur place, des banderoles dénonçant le régime de Moubarak sont déployées. “Dégage Moubarak, le peuple égyptien a le droit de choisir son avenir”, pouvait-on lire sur l’une des banderoles. Les manifestants ont, également, scandé des slogans hostiles au régime de Moubarak, l’accusant de “dictateur” et d’“assassin”, ils criaient aussi : “Partez Moubarak, le peuple égyptien en a marre de vous”, “votre peuple vous déteste”. C’était peut-être l’un des objectifs recherchés, cette action n’a pas manqué d’attirer l’attention des passants et même des automobilistes qui ont exprimé leur solidarité avec des coups de klaxon. “Les pouvoirs publics, qui ne veulent pas s’exprimer sur les évènements en cours dans les pays arabes, devraient laisser le peuple parler librement et manifester sa solidarité avec les mouvements de révolte en Tunisie et en Égypte”, nous dira un représentant de la coordination qui explique que “cette action n’est qu’un test pour la coordination”. Les manifestants ont vite enchaîné avec leur slogan fétiche : “Algérie libre et démocratique”, avant de lancer : “Nous voulons manifester pacifiquement et nous exprimer librement.” Des tracts appelant la population à rejoindre la manifestation pacifique de samedi ont été distribués aux passants. Une heure après, les représentants de la CNCD se sont dispersés dans le calme. 245 avocats et une centaine d’associations rejoignent la CNCD.

Réunie mardi dernier à la Maison des syndicats, à Dar El-Beïda (Alger), en commission technique, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a réaffirmé sa détermination au maintien de la marche pacifique du 12 février. La coordination se dit “plus que jamais décidée à manifester à Alger, d’autant plus qu’aucune explication juridique ou encore un texte de loi n’aura été avancé par le gouvernement pour justifier le refus de la wilaya de délivrer une autorisation à l’organisation de la manifestation. Cette détermination n’est certainement pas étrangère à l’implication massive de la société civile dans le mouvement que la coordination a enclenché”. À moins de quarante-huit heures de sa première action d’envergure — la marche de samedi —, la coordination continue d’enregistrer des soutiens de poids et une adhésion de plus en plus large de la société civile. Une centaine d’associations à caractère culturel ou scientifique, autant de collectifs socioprofessionnels et de comités locaux regroupant des femmes, des jeunes, des étudiants et autres, ont appelé leurs adhérents à participer massivement à cette manifestation. Au même moment, et alors que certains commençaient à désespérer de voir les robes noires s’impliquer de manière plus visible dans le mouvement, 245 avocats ont adopté l’appel de la CNCD et affirment, selon un document listant les noms des avocats, leur disponibilité à prendre part à la marche pacifique, donnant, du coup, une autre dimension à l’action envisagée. Constituée notamment de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), de partis politiques de diverses tendances, de syndicats autonomes représentant différents secteurs d’activité, ainsi que de divers autres groupements tels que les étudiants, les internautes, les femmes, les chômeurs,… la CNCD continue donc de ratisser large au sein de la société civile. Elle le doit, certes, à “une société qui ne demandait qu’un cadre de mobilisation pour exprimer ses attentes”, mais aussi au “caractère consensuel des revendications brandies par le mouvement”, selon un animateur de la coordination.

Nabila AFROUN

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Saïd Sadi

L’autre libération

Où va l’Algérie ? C’est le titre d’un opuscule publié par Mohamed Boudiaf en 1962. Près de cinquante ans plus tard, le pays qui s’est levé le 1er Novembre 1954 pour remplacer l’ordre colonial par un «Etat démocratique et social garantissant les libertés individuelles et collectives» a fini par sombrer dans un marasme qui menace jusqu’à son existence même.

L’abîme

L’état des lieux est accablant : deux millions d’hectares irrigables sont en jachère depuis plus de quarante ans ; jadis exportatrice de céréales, l’Algérie importe aujourd’hui l’essentiel de ses denrées alimentaires ; le taux de chômage dépasse les 35% chez les moins de trente ans ; chaque quinzaine, entre 300 et 400 jeunes, souvent diplômés, essaient, avec plus ou moins de succès, de quitter le pays dans des embarcations de fortune ; 43 000 universitaires algériens se sont installés, ces 10 dernières années, dans l’Etat du Québec ; 13 000 praticiens survivent en Ile-de- France et les maladies éradiquées depuis quarante ans resurgissent et submergent un système de santé délétère. Pour la seule année 2010, plus de 9 700 émeutes, d’ampleurs inégales, ont secoué le pays. Sans compter le pillage organisé de nos réserves pétrolières et gazières, confisquées par une caste de privilégiés. Maintenant que les langues se délient, on vient d’apprendre d’une source du ministère de l’Intérieur que le taux de participation à la présidentielle de 2009, qui a vu la reconduction du chef de l’Etat, était de 11,3%, c'est-à-dire deux fois moins que les estimations les plus pessimistes des chancelleries. On se rappelle que la France fut le premier pays à saluer ce «succès». Notre système politique est en fin de course. Bouteflika, déjà ministre au lendemain de l’indépendance, a commis en novembre 2008 son troisième coup d’Etat (après ceux de 1962 et de 1965) quand, violant la Constitution, il s’octroya une présidence à vie. Treize ministères, et non des moindres, sont ou ont été récemment occupés par des personnes issues de sa tribu. Disons-le d’entrée, cette confiscation de l’Etat n’aurait pas été possible sans la bénédiction de l’armée.

La régression permanente

La moindre des incongruités dans ce détournement institutionnel n’est pas ce ministère des Anciens moudjahidines (Anciens combattants), doté du quatrième budget du pays après ceux de la Défense, de l’Education et de l’Intérieur. Au regard des généreuses pensions allouées, un calcul rapide montre que non seulement aucun ancien combattant n’est décédé depuis 1962, mais que, depuis, leur nombre a été multiplié par 12 ! Grâce à cette inflation de «maquisards», les clans peuvent mieux contrôler le pays. Le wali (préfet) ou même le ministre n’a pas forcément autorité sur le responsable des anciens moudjahidine qui, lui, peut décider de l’implantation d’une usine, d’un lycée ou d’un hôpital au gré du clientélisme. L’Etat est un fantôme servant d’alibi au pouvoir occulte. Privés d’espaces d’où ils peuvent se projeter dans l’avenir, les jeunes Algériens quittent le pays pour l’Europe, l’Amérique du Nord et, maintenant, l’Australie. Enfermement et paranoïa sont les deux mâchoires de la tenaille qui broie le destin algérien. Avant d’être conduite comme une démarche réhabilitant une langue, l’arabisation fut d’abord conçue comme la barrière devant isoler une population qu’il fallait prémunir à la fois de la «pollution occidentale» et du réveil des «démons de la berbérité», failles à travers lesquelles le diable pouvait se faufiler à tout instant. Pour autant, la relation du pouvoir avec l’Occident est toujours restée hypocrite. Au début des années 1970, un groupe d’étudiants, regroupés autour des écrivains Mouloud Mammeri et Kateb Yacine, avait suivi les établissements où étaient inscrits les enfants et ou les frères et sœurs des principaux dirigeants du parti-Etat. Sur 676 responsables, seuls 4 avaient laissé les membres de leur famille fréquenter l’école publique. Tous les autres étaient scolarisés dans les institutions religieuses catholiques, encore très présentes en Algérie, les lycées français, les écoles privées, ou bien disposaient de bourses à l’étranger. Aujourd’hui, il reste 4 salles de cinéma dans la capitale algérienne et on y joue moins d’une pièce de théâtre par an. Les étudiants tunisiens en médecine, formés par la prestigieuse faculté d’Alger des années 1960, dispensent leur savoir à Tunis ou Monastir aux rescapés algériens qui ont pu avoir la chance de s’inscrire chez leurs voisins. Les hauts dirigeants et leur famille se soignent en Occident ; la cour, elle, a droit aux cliniques et hôpitaux tunisiens. Au lieu de prendre acte de l’impasse d’un système-agrégat de tiers-mondisme, de stalinisme, d’intégrisme et d’ultra-jacobinisme, le pouvoir algérien est tétanisé. Son blocage actuel est dû autant à son incapacité à envisager la moindre évolution qu’à une peur panique devant les exemples tunisien, égyptien ou ivoirien. D’où ce chantage, vain et puéril, à l’islamisme ou au chaos.

Résonances tunisiennes

Les causes qui ont mené à la révolution tunisienne sont les mêmes en Algérie : coups d’Etat, fraudes électorales et censure, corruption dévastatrice, notamment de la part des familles régnantes, paupérisation, explosions sociales. Pour des raisons historiques et politiques, la traduction de ces fléaux ne s’est pas toujours opérée de la même manière. Le mouvement national tunisien, d’essence citadine, fut mieux structuré que l’algérien et Habib Bourguiba eut moins de peine à séculariser la société au moment où, avant même l’indépendance, les dirigeants rationalistes algériens furent, à l’instar de Abane Ramdane, éliminés par leurs pairs. C’est ainsi que les institutions tunisiennes ont toujours gardé, en dépit d’un despotisme chronique, même dans les pires moments, un minimum de crédibilité. Le barreau de Tunis n’est pas celui d’Alger, on dispense toujours la leçon inaugurale dans les universités tunisiennes alors que Boumediene, abolissant le serment d’Hippocrate et les codes d’éthique et de déontologie, s’autorisait à décerner les agrégations. Pendant que l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) assume et accompagne la révolution, son homologue algérienne, l’UGTA, paie des casseurs pour infiltrer des marches pacifiques et installe des milices dans tout le pays. De surcroît, l’armée qui n’a pas été associée à la prédation, est restée sous contrôle du pouvoir civil en Tunisie alors qu’en Algérie, elle est au centre de la décision politique et de la captation de la rente. On a fait remarquer, à juste titre, que les couches moyennes qui ont canalisé et porté la révolte des jeunes en Tunisie sont quasiment inexistantes ou satellisées par le système en Algérie. Si la phase de transition démocratique devait y être contrariée plus longtemps, notre pays risque de connaître des turbulences bien plus violentes qu’en Tunisie.

Les ressorts de la refondation

Depuis plusieurs décennies, l’opposition démocratique, affrontant pacifiquement le pouvoir dans l’indifférence, voire la complicité de certains partenaires de l’Algérie, a pu construire un projet alternatif inspiré des valeurs qui ont permis de rassembler et de libérer le peuple algérien du colonialisme. La question des droits de l’homme, le statut de la femme, la problématique de l’identité nationale, la place du culte dans la cité, les réformes de l’Etat, de la justice et de l’éducation sont maintenant en bonne place dans l’agenda politique algérien. Acculé, le pouvoir, essayant toujours de louvoyer, n’intègre ces revendications que pour les dénaturer ; mais nul ne le conteste, le projet démocratique humaniste est au cœur du débat public en Algérie. Disposant d’une vraie crédibilité politique face au système qui veut encore perdurer par la rotation de ses clans, l’opposition peut compter sur des énergies déterminantes, à commencer par la jeunesse, désormais déconnectée de l’extrémisme religieux. Soumise depuis l’indépendance à un système éducatif aliéné par un populisme doctrinaire, sectaire, médiocre et violemment répressif, elle lui a miraculeusement survécu au point d’être aujourd’hui la première force sociale à braver le pouvoir. D’aucuns appellent déjà la contestation montante en Algérie «la révolution de la jeunesse». L’émigration, dont de nombreux cadres ont brillamment réussi, reste, pour l’essentiel, disponible envers son pays d’origine dans la perspective d’une reconstruction démocratique. Enfin et pour la première fois depuis l’indépendance, l’idée d’une Assemblée nationale constituante, en gestation depuis 1962, peut être enfin envisagée sans risque de dérapage et l’armée algérienne peut saisir cette occasion pour organiser sa sortie par le haut.

Projections géostratégiques

Autant l’anticipation sur les bouleversements qui attendent la scène proche et moyen-orientale est délicate, autant les incidences continentales d’une évolution ordonnée en Algérie peuvent être raisonnablement envisagées. Pivot de sa région, carrefour des routes culturelles et énergétiques qui relient le Nord et le Sud, l’Orient et l’Occident, l’Algérie a, en ce début de siècle, une nouvelle opportunité historique. D’abord, l’Afrique du Nord peut construire un binôme structurant avec l’Afrique du Sud pour engager le continent dans une synergie démocratique. Ensuite, la région nord-africaine peut se poser comme matrice de la réforme spirituelle dans un monde musulman englué dans une nostalgie belliqueuse. Il faudra alors que l’Europe apprenne à compter jusqu’à trois pour dépasser enfin l’équation binaire qui a réduit nos destins à un choix morbide : l’intégrisme ou la fatalité de la dictature. A ce propos, nos partenaires européens ne semblent pas avoir évalué l’écho qu’a rencontré dans nos pays le discours prononcé par le président Obama à Accra où, plus qu’à la Baule, un dirigeant d’une grande nation démocratique délivrait un message politique qui faisait de la légitimité des institutions le préalable à la stabilité des Etats. Nous sommes en train de vivre une dynamique fondatrice d’un nouveau monde dans laquelle le Sud fait irruption par ses peuples qui, en Algérie comme ailleurs, aspirent à la liberté et la justice et non plus à travers la vulgate tiers-mondiste de despotes qui ont perverti les luttes anticolonialistes et dévasté leur pays. Dans ce renouveau, l’Algérie doit jouer son rôle. Par fidélité à son histoire et ambition pour sa jeunesse.  

Saïd SADI, député d’Alger, président du RCD

Document publié par l’hebdomadaire français le Point dans son édition d’aujourd’hui.

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© Le Soir d'Algérie du 10 février 2011


Marche du 12 février

L’appel de Amazigh Kateb

Marchons tous ensemble, le 12 février 2011, à partir de 11h, à Alger, place du 1er Mai, et partout ailleurs en Algérie, contre cette dictature sécuritaire. Beaucoup parlent de récupération et paralysent les énergies, les esprits et l’action. Ne tombez pas dans le piège du boycott de la marche. Cela fait trop longtemps que nous n’avons pas marché ensemble. C’est peut-être pour cela aussi que l’Algérie n’est plus en marche. Nous avons besoin de nous voir, de nous revoir et d’échanger pour restructurer le corps populaire. Nous sommes condamnés à vivre ensemble, pourquoi mourir ou nous cacher ?

Les récupérateurs seraient ravis de se retrouver seuls pour négocier avec le pouvoir, et dire qu’il n’y avait personne d’autre qu’eux pour réclamer «les droits du peuple». Nous vous proposons donc une idée simple : si vous ne vous reconnaissez dans aucun des partis, syndicats, ou associations présents, fabriquez une banderole avec vos revendications et la mention : «Citoyen libre et solidaire». Soyons visibles et indivisibles ! Ainsi, le monde verra que la plupart des marcheurs sont de simples citoyens indépendants, unis et déterminés à faire tomber ce régime injuste et méprisant. Ce dernier semble lâcher du lest, car il a peur. On parle d’une hypothétique levée de l’état d’urgence, mais qu’en est-il de cet état ? Où sont les vraies urgences ? Nous le savons tous : l’Etat est démissionnaire, l’urgence, c’est le peuple. La roue doit tourner, en marche avant si possible. Il n’y a aucun calendrier clair quant aux bonnes intentions du gouvernement. Nous sommes en quête de dignité, notre calendrier c’est tout de suite ! La marche du 12 février est très importante d’un point de vue symbolique, elle n’est que la première d’une longue série d’actions pour affirmer notre détermination à changer d’ère. Venez nombreux et amenez vos amis.

Notre présence à tous sera garante de la légitimité de la marche.
L’Algérie nous appelle, ne faisons pas la sourde oreille.

Amazigh KATEB

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© El Watan du 10 février 2011


Rassemblement de la CNCD le 12 février à Oran

Forte mobilisation citoyenne

Les initiateurs du rassemblement espèrent voir les autorités autoriser la manifestation afin de pouvoir passer leur message.

Le choix de la place du 1er-Novembre 1954 à Oran où aura lieu, samedi prochain, le rassemblement de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) n’est pas fortuit compte tenu de la symbolique de l’endroit de toutes les luttes estudiantines, partisanes, syndicales, citoyennes, sociales et populaires. Cette agora de la contestation populaire constitue un point de chute incontournable. Les initiateurs du rassemblement (11h-14h) y prévoient même des manifestations artistiques. Les citoyens, qui discutent de la prochaine marche de la CNCD à Alger, font directement le lien avec le rassemblement prévu en écho sur l’ancienne place d’Armes. Les débats tournant autour des événements en Égypte et en Tunisie sont à présent ponctués de larges pans de conversations sur le rassemblement du 12 février. Les visages graves des citoyens en disent long sur leur détermination. Ils sont nombreux en effet à souhaiter que les pouvoirs publics ne répriment pas le regroupement. “C’est une initiative citoyenne pacifique pour faire entendre nos voix en haut lieu”, affirment les citoyens. Ces derniers font montre d’une maturité politique qui ne souffre aucune ambiguïté. “Les récentes mesures édictées par le président de la République ont été déjà prononcées par Moubarak en 2005. Nous devons nous tenir sur nos gardes et ne pas nous laisser faire car il y a comme un vent de manipulation”, affirment pour leur part des jeunes étudiants. Deux quinquagénaires s’invitent à la conversation. “C’est vrai, il n’y a encore rien de palpable sur l’intention du chef de l’État de lever l’état d’urgence.” Des enseignants ayant saisi au vol la discussion interviennent à leur tour. “La levée de l’état d’urgence ne va rien apporter, étant donné que le véritable problème réside dans le non-respect du droit dans toute sa plénitude.”

Depuis la dernière répression contre la marche du RCD à Alger le 22 janvier, il y a comme un sentiment de “hogra” qui semble raffermir la solidarité des citoyens. “Beaucoup de citoyens qui ne partagent pas l’idéologie du parti de Saïd Sadi ont été scandalisés par la brutalité de la répression qui s’est abattue sur les militants et les sympathisants du RCD”, déplorent un groupe de jeunes universitaires au chômage. Ces derniers portent des griefs acerbes à l’encontre des pouvoirs publics qui semblent tolérer certaines pratiques jugées jusqu’ici comme une atteinte à la sécurité publique. Il faut suivre du regard la multiplication des vendeurs ambulants qui ont squatté les voies publiques au centre-ville d’Oran. “Les autorités laissent faire pour ne pas provoquer les jeunes sans travail. Mais détrompez-vous car dès que les choses se seront tassées, les policiers nous feront la chasse pour nous confisquer notre marchandise”, assurent des vendeurs à la sauvette. Que ce soit au niveau des marchés populaires, dans les cafés et les rues, l’actualité égyptienne s’estompe graduellement au profit de la grogne algérienne. “Le pouvoir a sophistiqué dans la précipitation et la panique des demi-mesures d’apaisement qui restent incomplètes et aléatoires à l’image de la levée de l’état d’urgence”, s’offusquent des médecins. En attendant et sous un ciel printanier, Oran est ostensiblement quadrillée par un imposant service de sécurité qui a déjà pris position au niveau des édifices publics et privés de la ville.

K. REGUIEG-YESSAD

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© Liberté du 10 février 2011


Deux jours avant la marche du 12 février

Des témoignages font état d’intimidations et de menaces

A moins de 48 heures de la marche du 12 février, des témoignages font état de tentatives d’intimidation à l’encontre de militants. A Skikda, les parents d’un jeune sans emploi, membre de la Coordination nationale des chômeurs,  auraient reçu la visite de deux éléments des services de sécurité. « Selon ce jeune chômeur répondant aux initiales Z.M. qui nous a contacté, ce matin, ces agents sont venus pour demander des information à son sujet », affirme un responsable de la Laddh à Alger.

 Ce jeune militant aurait été  identifié lors d’un rassemblement organisé le 6 février par la Coordination nationale des chômeurs devant le ministère du Travail à Alger.  Selon notre interlocuteur, ce jeune de Skikda leur a fait part de son hésitation à retourner à la maison familiale de peur de représailles.

 A Annaba, les initiateurs du rassemblement du 12 février à la place d’Armes ont été victimes d’une tentative d’intimidation, indique le même responsable de la Laddh. « Un riche homme d’affaire connu dans la ville a contacté trois initiateurs. Dans un premier temps, il a tenté de les menacer. Après, il a tenté de les corrompre en leur proposant de l’argent », précise-t-il.

 A Oran, comme nous l’avions rapporté ce jeudi, trois jeunes étudiants, militants de la Laddh ont été arrêtés par la police avant d’être relâchés en début de soirée. Ces étudiants étaient en train de distribuer des affichettes pour la marche du 12 février sur la rue Khemisti quand ils ont été interpellés par la police.

Samia AMINE

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© Tout Sur l'Algérie du 10 février 2011


Ali Yahia Abdenour / Il assure que le mouvement n’a pas de Fin

“Tous derrière les jeunes”

Parce qu’il a été de toutes les causes justes, Ali Yahia Abdenour, militant infatigable des droits de l’homme et président d’honneur de la Laddh, s’est tout naturellement retrouvé au sein de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), née au lendemain des violentes émeutes qui ont secoué, au début de janvier, plus de trente villes algériennes.

Du haut de ses 84 ans, il s’est investi corps et âme dans cette dynamique unitaire qui vise à imposer un changement de système politique en Algérie. Dans ce nouveau combat, Me Ali Yahia a choisi un slogan : “Les jeunes aux commandes”. De son point de vue, les élites doivent accompagner les jeunes, garçons et filles, qui “veulent un changement de système parce qu’ils savent que leurs revendications ne seront jamais satisfaites par celui en place”. Maître Ali Yahia ne comprend pas que certains rechignent encore à rejoindre le mouvement en marche en arguant ne pas y être associés.  “Il y a des personnes qui disent qu’elles ne sont pas invitées. C’est un appel à tous les Algériens et tout le monde doit participer. Il ne faut pas que la susceptibilité prenne le pas sur l’essentiel, le peuple doit se rassembler autour d’une solution”, remarque-t-il.

Avant de préciser davantage sa pensée : “Le mouvement n’a ni zaïm ni tête pensante. C’est une révolution populaire, et tout le monde doit se mettre derrière les jeunes. Ils sont majeurs et vaccinés, et une fois le système abattu, c’est eux qui vont faire appel à l’intelligentsia pour mener à bon port la période de transition. Après, c’est au peuple de désigner ses représentants par des élections libres.” Et Me Ali Yahia de se féliciter de cette “accélération de l’histoire” que connaît l’Algérie et d’autres pays du Sud.  “L’Algérie est comme un train en marche qui est arrivé à destination. Tout le monde doit descendre, y compris le conducteur. Cette accélération de l’histoire ne concerne pas seulement les dictateurs, mais tout le monde. Malheureusement, il y a certains qui veulent se mettre tout de suite à la tête de la locomotive. D’autres veulent prendre le train en marche et d’autres encore veulent courir plus vite que la locomotive en assurant qu’il leur appartient d’encadrer la révolution de la jeunesse en oubliant que pendant douze ans, ils ont servi corps et âme le pouvoir”, analyse-t-il.

Ne craint-il pas que le pouvoir recourt à la force pour empêcher la marche du 12 février ? “Le pouvoir privilégie jusqu’ici la "sécuritocratie" en mettant en avant le ministère de l’Intérieur. Il doit enfin comprendre que ces jeunes qui vont marcher sont des enfants du peuple et il ne peut pas tirer sur le peuple”, répond Me Ali Yahia. À ses yeux, l’interdiction d’organiser des marches à Alger est “anticonstitutionnelle”, car “elle est en contradiction avec certaines dispositions de la Constitution garantissant les libertés individuelles et collectives, ainsi que la liberté d’expression et de conscience”. “Le régime foule au pied ses propres lois. Mais que fait le Conseil constitutionnel ?” s’interroge-t-il.

Arab CHIH

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© Liberté du 10 février 2011


Anouar Benmalek. Écrivain

«Qui êtes-vous pour refuser aux Algériens le droit de manifester pacifiquement ?»

L’écrivain Anouar Benmalek, auteur d’œuvres comme L’Enfant du peuple ancien, Les Amants désunis, O Maria ou encore Le Rapt réagit en tant qu’intellectuel algérien à propos de l’effet des révolutions tunisienne et égyptienne, les émeutes des jeunes en Algérie, l’interdiction des marches pacifiques, l’état d’urgence…

  • Votre réaction à propos  des émeutes des jeunes  en Algérie et votre analyse, voire votre lecture en tant qu’intellectuel algérien.

Laissez-moi dire d’abord que ce qui se passe actuellement dans le monde arabo-berbère relève, à mon sens, d’un moment historique considérable, sans exagération aucune. Il correspond probablement à un basculement d’une ampleur gigantesque du vécu sociopolitique des sociétés de cette région. Il annonce le début de la fin de l’assujettissement sans limite d’aucune sorte, ni politique ni juridique, de ses habitants aux pouvoirs militaro- policiers en place, ce que d’aucuns avaient appelé «l’exception arabe» avec un mépris non dénué de racisme. Le fait que le processus de cheminement vers la démocratie ne soit qu’à son commencement, le fait qu’il sera long, ardu et tortueux ne doit en aucun cas masquer l’envergure de ce qui a déjà été réalisé en Tunisie et en Egypte et l’incroyable effet d’entraînement produit dans le reste de la région. Ce que viennent de nous apprendre les héroïques manifestants de ces deux pays tient en une simple constatation : le roi est nu ! Tous les rois et despotes arabes sont nus ! Ils peuvent encore faire beaucoup de mal, mais ils sont nus ! Ces dirigeants autoproclamés ont pu mettre des forces armées impressionnantes et de redoutables services de renseignements à leur service personnel ; emprisonner, torturer et tuer leurs opposants ; s’accrocher au pouvoir pendant plusieurs décennies en se moquant des Constitutions de leurs nations respectives, au point de prétendre transmettre leurs prérogatives de prédation à leurs enfants ou à leurs frères ; ils ont pu amasser des fortunes colossales en détroussant les nations qu’ils étaient censés gérer au mieux des intérêts de leurs concitoyens ; il suffit, pour que cesse cette criminelle indignité, qu’un peuple enfin proclame, en vainquant sa peur: «Assez, nous ne sommes pas du bétail, nous ne sommes pas vos esclaves taillables et corvéables à merci, nous sommes nés pour être libres dans des pays libres, que vous le vouliez ou non !»

  • En d’autres termes…

En d’autres termes, malgré leurs armées répressives, malgré leurs polices sans foi ni loi, les dictateurs peuvent être chassés du pouvoir si les peuples décident de le vouloir. «Dégage !», ont dit, au prix de leur sang, les Tunisiens à Ben Ali, et il a fini par fuir lâchement comme le bandit qu’il était.  «Dégage !» clament à présent les Egyptiens à Moubarak, et celui-là finira par déguerpir avec sa famille de corrompus. «Dégagez, potentats incompétents, présidents voleurs, dictateurs tortionnaires et assassins !», voilà le nouveau mot d’ordre que reprennent en écho avec un courage admirable les jeunes et les moins jeunes de cette partie du monde, ceux qu’on traite d’ordinaire de gueux et d’émeutiers et qui ne désirent au fond qu’une chose : recouvrer leur statut de citoyens, responsables en dernière instance de leur pays et de leurs destinées, un point c’est tout ! C’est cette revendication de dignité et de respect qui, au-delà des revendications économiques et sociales, anime à mon avis, les jeunes révoltés d’Algérie et d’ailleurs. Ils veulent du travail et des logements, certes, mais surtout du respect.

  •  Ces émeutes sont-elles un sursaut salutaire ayant  interpellé la classe politique laminée par le pouvoir ?

Dans leur rapport au peuple, les dirigeants algériens ne diffèrent pas beaucoup de leurs homologues des autres régimes arabes : ils paraissent sincèrement «étonnés» dès que quelqu’un ose leur rappeler cette vérité tout à fait élémentaire qu’ils ne sont pas propriétaires à vie du pays et de ses institutions. Usant de tous les moyens militaro-policiers, financiers et médiatiques pour s’éterniser à la tête de l’État, ils se sont révélés d’une terrifiante efficacité dans la domestication d’une grande partie de la classe politique traditionnelle algérienne.  Il n’est que de voir les pseudo débats du Parlement algérien pour être pénétré de dégoût envers la plupart de ces prétendus représentants du peuple. L’exemple type de ce répugnant exercice de lâcheté collective et de soumission moyenâgeuse au sultan du moment a été la mascarade de l’amendement de la Constitution pour permettre au Président de le demeurer jusqu’à plus soif. L’habileté du pouvoir algérien et sa capacité à perdurer résident donc, non dans une intelligence exceptionnelle des courants traversant la société algérienne, mais plus prosaïquement, dans son impressionnante capacité à corrompre ceux qui gravitent autour de lui. Ces émeutes de jeunes sont là pour rappeler que les Algériens, et, en particulier les jeunes Algériens, ne se reconnaissent absolument pas dans le personnel politique censé les représenter.

  • Une expression juvénile,  spontanée et désespérée (harraga et immolations…) se substituant au vide politique ?

Quelle tragédie que des jeunes gens en arrivent à jouer leur vie à pile ou face dans des embarcations de fortune ou, pire, à offrir leur corps aux flammes pour simplement clamer: je ne veux plus vivre dans cette Algérie de tricheries et de désespoir, je préfère mourir dans la plus effroyable des souffrances que de respirer une minute de plus dans ce pays où je suis moins considéré qu’un chien ! Chaque immolation est un acte d’accusation sans appel : partez, messieurs du pouvoir, partez ! La honte devrait vous envahir d’être capables de provoquer pareil geste chez les plus jeunes de vos concitoyens !  Chaque immolation s’adresse aussi, et tragiquement, au reste du peuple algérien : comment peut-il supporter sans réagir qu’un des siens flambe, au sens propre du mot, de colère et de tristesse devant le sort fait au pays qui est le bien commun de tous ceux qui l’habitent ?

  • L’effet des «révolutions tunisienne et égyptienne» aidant, l’état d’urgence en Algérie va être levé d’une manière sélective (sauf dans la capitale, Alger). La répression de la marche pacifique du RCD et l’interdiction de celle du 12 février sont-elles des preuves patentes que le régime est autiste ?

À propos de cette interdiction de la marche du 12 février, j’ai envie de poser une seule et simple question: qui êtes-vous, monsieur le Président, monsieur le Premier ministre, messieurs  les ministres pour refuser à des Algériens le droit inscrit dans la Constitution de manifester pacifiquement, dans leur capitale ou dans d’autres villes d’un pays où tant de martyrs ont donné leur existence pour que, justement, leurs enfants puissent exercer enfin des droits de citoyens ? Qui peut croire un instant à vos arguments sur la sécurité publique ? Ne serait-ce pas plutôt la peur de voir remettre en cause la pérennité de votre pouvoir par des citoyens ordinaires usant de leurs droits constitutionnels ?

  •  Les leçons tunisienne et égyptienne n’ont-elles pas été retenues ?

Les dirigeants autoritaires croient toujours pouvoir ruser avec les aspirations profondes des peuples. Forts de leur armée et de leur police, ils le peuvent un temps. Mais les exemples tunisien et égyptien démontrent de manière éclatante que la ruse finit toujours par être déjouée. J’espère seulement que le prix à payer pour cette nouvelle libération ne sera pas trop élevé.

K. SMAÏL

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© El Watan du 10 février 2011


La coordination et les mesure de Bouteflika

«C'est le système qui doit changer»

Aune semaine du rendez-vous fatidique du 12 février, la commission technique de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) s’est réunie à la Maison des syndicats (Dar El Beïda, à l’est d’Alger) pour faire le point sur les préparatifs de la marche.

Les débats au sein de la commission d’organisation, convient-il de le souligner, ont longuement ballotté, hier, entre le technique et le politique. Et pour cause : les dernières mesures annoncées par Bouteflika méritaient un positionnement clair de la part de la Coordination, ont clamé certains, en suggérant de reformuler les mots d’ordre de la marche, tandis que d’autres ont estimé qu’il ne fallait pas laisser le moindre doute s’immiscer à la suite de ces mesures et qu’il fallait maintenir le cap sur les détails techniques liés à l’organisation de cette importante manifestation de manière à en faire un succès populaire. L’agenda de la CNCD n’a donc pas changé d’un iota : la marche du 12 aura lieu comme prévu. «Le contenu politique de la marche doit être fort. Il faut que le seuil des revendications soit hissé à un niveau important en clamant haut et fort ‘A bas le pouvoir !’ et en réclamant le départ pur et simple du système», a ainsi argué l’intellectuel Fodil Boumala au plus fort d’un débat particulièrement passionné.

La levée de l’état d’urgence, la mesure «star» du pack de «réformettes» proposé par Bouteflika, aura été la plus commentée. Hassan Ferhati de SOS Disparus rappelle la longue expérience des familles de disparus «qui ont toujours tenu leurs rassemblements en bravant l’état d’urgence». Yacine Teguia du MDS fait observer que «la décision la plus importante, c’est de dire que la marche est maintenue. La société bouillonne. Elle s’interroge et a besoin de signaux clairs». D’après lui, «les mesures annoncées ont le même sens et la même fonction que l’état d’urgence lui-même, c’est-à-dire casser la mobilisation de la société et entraver l’activité démocratique. La seule garantie, en définitive, c’est le départ de ce pouvoir !»

Voilà donc le mot d’ordre : «Pouvoir dégage !» Abdelhak Bererhi du CCDR note pour sa part que «s’il y a une volonté réelle de lever l’état d’urgence, cela n’a pas besoin d’une commission. Un décret annule un décret». Pour lui, il est important de peaufiner les points organisationnels de façon à bien cerner l’action du 12 février sur les plans technique et logistique. Maître Fetta Sadat, membre du secrétariat national du RCD, a souligné de son côté que le pouvoir s’est montré «très machiavélique». «Son intention est de court-circuiter cette dynamique populaire et de saper notre travail.» Et de marteler : «Le 12 février n’est pas une fin en soi. C’est le début d’une longue contestation. Nous disons clairement à ce régime : dégage ! Cette coordination ne s’appelle pas ‘coordination du 12 février’ mais ‘coordination pour le changement et la démocratie !’»

Abdelmoumen Khellil de la LADDH rappelle que la levée de l’état d’urgence «est une revendication de longue date de la Ligue». «Mais dans le contexte actuel, cela ne veut rien dire. C’est une manœuvre politicienne.» Rachid Malaoui, du Snapap, très à cheval sur les aspects pratiques, a proposé quant à lui un rassemblement le 9 février devant l’ambassade d’Egypte à Alger en soutien au peuple égyptien. On l’aura compris : les effets d’annonce du régime n’ont en rien ébranlé la détermination de la CNCD à en découdre avec le système. Notons que jusqu’à présent, la Coordination n’a pas obtenu d’autorisation pour sa marche. Même traitement à Oran où un groupe de la CNCD s’est vu signifier que «seules les zaouïas ont le droit de manifester».

 Mustapha BENFODIL

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© El Watan du 06 février 2011


Djamel Zenati

«Je serai présent à la marche du 12»

Djamel Zenati, militant pour le combat démocratique, ancien du FFS et du Mouvement culturel berbère (MCB), apporte, dans cet entretien, un éclairage sur différentes questions liées à l’actualité nationale, notamment les dernières émeutes et tout ce qui en découle comme actions citoyennes.

  • Quelles interprétations faites-vous des derniers développements survenus sur la scène politique et sociale ?

Au-delà des manipulations et des manœuvres politiciennes réelles ou supposées, le mouvement de colère que vient de connaître notre pays signe l’échec de la politique antinationale de l’une des dernières dictatures au monde. La dégradation avancée des conditions de vie de l’écrasante majorité des Algériens et l’opulence affichée avec arrogance par le pouvoir et sa clientèle ont nourri un sentiment d’injustice et d’indignation très fort. La fermeture des espaces de la libre expression et la destruction des canaux institutionnels d’épanouissement culturel et de promotion sociale ont poussé les citoyennes et les citoyens vers des modes d’affirmation et d’action extrêmes.

Nous vivons un moment d’une grande intensité politique, car la situation explosive du pays est couplée à un contexte régional en pleine ébullition. Ça peut donner le meilleur comme le pire. Tout dépend du prolongement qui sera donné au mécontentement populaire par les divers acteurs et intervenants politiques. Une chose est cependant certaine, l’émeute ne peut en aucun cas constituer une stratégie politique, et quand elle s’installe dans la durée, elle renforce plus qu’elle ne fragilise le régime en place. Lors des dernières émeutes, tout le monde aura constaté que la dimension déviante a rapidement pris le pas sur l’aspect contestataire.

  • Comment expliquez-vous cela ?

Il y a d’abord le fait que la culture du pillage qui caractérise le sérail a déteint sur la société. Mais plus grave encore est cette jonction qui s’est établie entre les «nouveaux riches» et les milieux du banditisme et de la délinquance. Ces derniers sont utilisés comme «limes sociales» censées contenir la contestation et lui enlever tout caractère politique. Ce phénomène dangereux risque de démobiliser les populations. C’est pour cela qu’il est nécessaire de privilégier l’émeute des consciences et le travail de réflexion et de construction.

  • La Tunisie semble être sur le point d’instaurer un régime démocratique et l’Egypte est dans un mouvement de contestation du régime. Peut-il en être de même pour l’Algérie ?

Je suis très confiant dans le processus tunisien à déboucher sur un système démocratique. Je le suis moins en ce qui concerne l’Egypte où la donne géopolitique va peser lourdement. Chaque pays a sa propre trajectoire, ses spécificités, et personnellement je réfute l’idée de vague démocratique, car je ne crois pas à la fatalité historique. Il peut cependant y avoir des interactions, mais il faut se garder d’en surestimer le poids. Il ne fait pas de doute que les peuples de la région sont en marche. Et c’est le cas de l’Algérie. Les évolutions qui surviendront seront celles que choisiront les acteurs, bavards et moins bavards, au pouvoir ou dans l’opposition, dans la diversité de leurs démarches et perceptions. Le sursaut qualitatif dépendra de la volonté et de la capacité de ces acteurs à construire un consensus politique honnête et durable loin du populisme et de la manœuvre. Un contrat historique est aujourd’hui possible car le règne par «le verbe et le bâton» est révolu et l’alibi du «rempart contre l’extrémisme» fissuré. Bien au contraire, c’est le maintien de ces systèmes qui nourrit l’extrémisme et menace la paix partout dans le monde. Et les exemples ne manquent pas.

  • Toujours aussi émiettée, l’opposition démocratique peine à se constituer en véritable alternative au régime. Quelles sont les causes de cet échec ?

L’histoire mouvementée de notre pays avec une irruption récurrente de la violence a empêché l’émergence d’une culture et d’un champ politiques. L’absence de traditions étatiques a favorisé le repli dans les valeurs et structures traditionnelles à solidarité primordiale. Depuis quelques années, il y a un balbutiement du politique, mais le pouvoir a réussi à configurer le champ à sa convenance et à insérer l’opposition dans un jeu politique dont il a lui-même fixé les règles. Il lui a enlevé de ce fait toute capacité stratégique. Avec le temps s’est développé un rapport de suspicion entre le peuple et les élites. Comment voulez-vous qu’il en soit autrement quand des élus se réclamant de l’opposition alimentent eux-mêmes le phénomène de la corruption par des recommandations appuyées au profit des barons de l’alcool et autres secteurs maffieux ?

Enfin, il y a lieu de signaler cette discorde permanente qui caractérise les forces politiques et qui ne s’explique pas seulement par l’action des laboratoires du pouvoir. Il y a aussi l’effet destructeur des pesanteurs de notre société qui baigne dans un autoritarisme quotidien qui sert de réceptacle à l’autoritarisme du pouvoir. L’opposition est-elle aujourd’hui prête à rompre avec ce carnaval et à reconstruire un rapport de confiance avec la population ? Je l’espère de tout mon cœur. L’Algérie a vécu ces dernières années une expérience très dense en événements et à chacun de faire son introspection et tirer les enseignements utiles. C’est à ça que doit servir le passé et non pas à actualiser des conflits qui ne serviraient pas la dynamique actuelle. Mais il est vrai que certains doivent, plus que d’autres, faire montre de modestie et de sens de la mesure.

  • Comment voyez-vous l’après-Bouteflika ?

Après les alternances claniques, nos dirigeants semblent tentés par la succession familiale. Hantés par l’idée de laisser la place, ils ont trouvé là une manière de quitter le pouvoir sans le quitter. La nouvelle configuration du système mise en place par Bouteflika répond justement à ce souci.Jamais un Président n’a eu autant d’atouts entre les mains, et le résultat après douze ans de règne est tout simplement un énorme gâchis. Il a fait perdre à l’Algérie toutes ses opportunités, notamment la possibilité de rejoindre le concert des pays émergents.Il a affamé le peuple, affaibli les institutions, érigé le régionalisme en critère d’accès aux postes et ressources, livré l’économie aux réseaux maffieux. Et j’en passe. La guerre de succession a déjà commencé et ses anciens sponsors entendent se réapproprier les prérogatives dont ils ont été dépouillés.

Et c’est l’éternel recommencement. L’après-Bouteflika se présente selon deux scénarios possibles. Le premier consiste en un retour à l’avant-Bouteflika. Le second est celui de l’amorce d’une transition démocratique. La raison et le sens patriotique dicteraient à tout un chacun d’opter pour le second scénario.
Mais les réflexes néo-patrimonialistes de nos dirigeants et le peu de considération qu’ils ont pour le pays risquent de nous fourvoyer dans une nouvelle aventure meurtrière. L’empressement qu’ils ont à mobiliser les technologies les plus sophistiquées de répression des masses contraste avec un  silence honteux et un «aplat-ventrisme» indigne quand des pays comme la Palestine ou l’Irak se font humilier et martyriser au quotidien.Ils peuvent aller jusqu’à susciter un état de guerre pour se maintenir. Et si les choses se corsent, ils choisiront, à l’exemple de Ben Ali, de fuir comme des malfrats plutôt que d’accompagner le peuple dans une meilleure perspective historique.

  • Quel est votre rapport au FFS ? Que pensez-vous de sa position dans la conjoncture actuelle ?

Le rapport est certes distant depuis quelque temps, mais le FFS demeure le parti dont je me sens le plus proche. Son rôle durant les années de braise a été décisif dans l’évitement d’un embrasement généralisé du pays. Ses problématiques et propositions demeurent pertinentes et d’actualité. Ce qui le prédestine à jouer un rôle moteur dans cette dynamique de remise en cause du système politique actuel. Il est assez caractéristique que les exigences les plus insistantes du FFS, à savoir la levée de l’état d’urgence et l’amorce d’une période de transition, soient reprises par l’ensemble des organisations, y compris par celles qui les avaient combattues auparavant. C’est un fait important dont je me réjouis. Mais je serai encore plus heureux si le FFS retrouvait la place qu’il mérite sur la scène politique et je ne comprends pas qu’il se mette en marge en pleine effervescence sociale. Nul n’a le droit de priver les citoyens d’un instrument de lutte ou d’un espace d’expression quelconque.

  • Y a-t-il des chances de voir Djamel Zenati réinvestir bientôt le terrain politique ? Etes-vous prêt à prendre des initiatives personnelles ou à vous joindre aux dynamiques qui semblent se profiler à l’horizon comme la marche du 12 février ?

Je n’ai jamais quitté totalement le terrain politique mais je dois reconnaître que je me consacre plus au travail de réflexion qu’à l’activité politique. De plus, il est devenu difficile d’être visible dans un champ de plus en plus rétréci et surtout pollué. Pour ce qui concerne les initiatives, je crois que plus il y en a et moins c’est bon. Le foisonnement des initiatives n’est pas de nature à favoriser les convergences. Je n’ajouterai donc pas au risque dispersif. Toutefois, je voudrai souligner avec insistance que toute action qui ferait l’impasse sur les attentes et les indignations exprimées par les citoyens serait perçue comme une tentative de récupération politicienne du désarroi du peuple. Ce qui est au centre des préoccupations de la population peut se résumer en deux phrases : suppression des injustices et élargissement des libertés.

Pour cela, toute initiative politique devra s’articuler autour de deux axes essentiels. Le premier a trait à une série de mesures d’urgence, comme la levée de l’état d’urgence, ou encore la mise en œuvre d’un plan immédiat et concret dans les domaines de l’emploi, du logement et du cadre de vie en général. Le deuxième axe concerne l’amorce d’une transition démocratique dont les séquences et le contenu seraient à définir par l’ensemble des acteurs. Prudence et patience sont nécessaires pour éviter les impasses du passé. Quand à la marche du 12 février, il est certain que j’y serai.      

Djamel ALILAT

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© El Watan du 06 février 2011


Verrouillage du champ politique maintenu

Le pouvoir joue à huis clos

Le dernier communiqué du Conseil des ministres, de l’avis des observateurs, n’a apporté aucune nouveauté. Les mesures annoncées jeudi dernier, concernant l’ouverture des médias lourds aux partis de l’opposition et la levée «dans un proche avenir» de l’état d’urgence n’ont fait que confirmer une réalité : le pouvoir veut toujours évoluer à huis clos. Il n’accepte pas un quelconque contre-pouvoir qui remettrait en cause ses décisions.

Craignant une implosion générale qui remettrait en cause leur existence, les autorités algériennes anticipent sur la situation avec des demi-mesures. Elles cèdent sur l’accès de l’opposition aux médias lourds sans aller jusqu’à l’ouverture de l’audiovisuel qui est la revendication essentielle des Algériens. Elles libèrent les espaces publics aux partis tout en fermant la capitale et sans une vraie ouverture du champ politique. Ces «concessions» suscitent déjà beaucoup d’appréhensions chez les leaders politiques qui ont fait les frais de la politique des pouvoirs publics depuis le début des années 2000 et même bien avant cette date.

Cette suspicion est légitime. Comment garantir un libre accès aux médias lourds sans qu’il y ait une autorité qui fera respecter ce principe ? En l’absence d’un Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) indépendant, personne ne peut imposer l’équité dans l’accès aux médias publics (télévision et chaînes de radio). Les partis, les représentants des différentes associations et les syndicats n’ont pas le même temps de passage à la télévision ou à la radio.
Les partis de l’Alliance présidentielle et leurs organisations satellites se taillent toujours la part du lion dans les journaux télévisés de l’ENTV.

Défiant toutes les règles du journalisme et les normes du service public, les responsables de l’ENTV zappent carrément l’opposition. Et quand ils décident de changer, les responsables de l’Unique le font maladroitement. Ceux qui ont regardé le JT de 20 heures, vendredi, l’ont sans nul doute constaté. Exclus de l’antenne depuis plusieurs mois, le FFS et le RCD ont enfin été cités dans le journal. Mais ils ont eu droit uniquement à une phrase chacun. C’est celle-là, l’ouverture voulue ?
«Il est indispensable de mettre en place un CSA capable de traduire dans les faits les promesses d’ouverture du champ médiatique à la classe politique», répond Fawzi Rebaïne, président de Ahd 54. Mais selon des spécialistes, seule l’ouverture de l’audiovisuel au privé est en mesure d’assurer un meilleur accès aux médias lourds pour les acteurs de la société civile. Cette ouverture n’aura toutefois aucune conséquence s’il n’y a pas une libération du champ politique.

Depuis 1999, aucun nouveau parti n’a été agréé et cela, en contradiction avec les dispositions de la Constitution. Les activités de l’opposition sont également réduites.
Dans des wilayas de l’intérieur du pays, les militants de certains partis de l’opposition sont victimes d’intimidations et de répression pour «avoir osé adhérer à une formation politique qui ne fait pas partie de la coalition gouvernementale».
Les associations sont aussi sous contrôle. Pas d’agrément de nouvelles associations et celles qui existent sont asphyxiées. Non seulement elles ne bénéficient d’aucune aide de l’Etat, mais leurs activités sont souvent court-circuitées ou interdites. En outre, le pouvoir a éliminé tous les organismes capables de contredire les chiffres et les bilans officiels. Les chercheurs qui osent remettre en cause les données officielles sont soit rappelés à l’ordre soit carrément sanctionnés par leur tutelle.  

Madjid MAKEDHI

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© El Watan du 06 février 2011


Le changement pour une alternative démocratique et sociale

Durant ces dernières années à plusieurs reprises, et tout récemment sur tout le territoire national, les jeunes Algériens, n’ayant d’autre alternative que la rue, ont exprimé leur ras-le-bol général depuis le déni identitaire jusqu’aux exclusions sociales.

La jeunesse a toujours été à l’avant-garde de la résistance. La harga, le suicide et, dernièrement, l’immolation par le feu en sont l’expression la plus dramatique. Ces manifestations citoyennes symbolisent la crise de la société, celle de l’Etat et de ses institutions, ainsi que la remise en question de l’ordre établi. Elles s’inscrivent dans le vaste mouvement citoyen déclenché en Tunisie puis en Egypte, gagnant peu à peu plusieurs pays arabes aux régimes dictatoriaux avérés.

Un mouvement citoyen révolutionnaire sans précédent qui reçoit, de jour en jour, le soutien d’une large opinion internationale.Dans son manifeste du 16 avril 2002, le CCDR avait appelé à une transition pacifique pour préparer une alternative démocratique et citoyenne. Il proposait un projet à débattre démocratiquement pour sa mise en œuvre afin de déboucher sur un pacte national républicain. Ce manifeste, largement diffusé, appelait au changement du système avec une refondation politique, économique, sociale et culturelle, pour un projet de société républicain, démocratique, ouvert sur la modernité et l’universalité, la jeunesse et la femme en étant les fleurons essentiels. Malheureusement, comme pour tous les appels au rassemblement des forces républicaines, il n’a eu aucun écho.

La crise multiforme et l’impasse où se trouve aujourd’hui l’Algérie ont atteint des limites intolérables et explosives. Le pays est à la dérive ; seul le ministre de l’Intérieur est aujourd’hui l’interface de la société alors que le premier magistrat est totalement absent, sans aucune explication. Le système qui a prévalu depuis l’indépendance a fait long feu. Il est fini. Il doit changer.
Le changement et l’avènement d’une authentique démocratie réclamée par tous sont indispensables. Les solutions de replâtrage ne leurrent plus personne. Pour preuve, les mouvements citoyens de Tunisie et d’Egypte les ont toutes rejetées.

La mise en œuvre d’une transition pacifique est plus que jamais vitale pour notre pays pour préparer, en toute sérénité, la nécessaire alternative démocratique et sociale. Elle est des plus urgentes pour éviter la répétition de l’explosion que le pays a connue début janvier lorsque la rue, impatiente, est devenue incontrôlable. Les provocations dirigées peuvent engendrer des violences aux conséquences imprévisibles, risquant de mener au chaos. Les modalités pratiques de la mise en œuvre de cette transition doivent être débattues démocratiquement et définies avec les représentants des forces du changement, principalement des jeunes, des représentants connus pour leur engagement patriotique, leur probité morale et leur compétence, car l’ère de l’homme providentiel est révolue et définitivement révolue.

Dans cette optique, le CCDR a rejoint la Coordination nationale pour le changement et la démocratie et participera à la marche pacifique du 12 février 2011 ; marche d’ores et déjà interdite par le ministre de l’Intérieur sans aucune base constitutionnelle et juridique. Les tenants du pouvoir, ceux qui ont toujours présidé aux destinées du pays, sont devant un choix crucial, ils sont face à un tournant historique décisif ! L’anticipation sur le cours des événements évitera au peuple algérien des souffrances inutiles, ce peuple qui a tant enduré durant la décennie rouge du terrorisme islamiste. Leur responsabilité est grande devant le pays et sa jeunesse. Le réalisme politique et l’esprit patriotique les interpellent aujourd’hui ! Sauront-ils être à la hauteur de l’histoire ?

Le breau national du CCDR

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© El Watan du 06 février 2011


Levée de l’état d’urgence et accès des partis aux médias lourds

Acculé, Bouteflika entreprend de ravaler la façade du système

Le chef de l’Etat semble ne rien céder dans la meure où il compte faire adopter une nouvelle loi pour encadrer la lutte antiterroriste à la place des textes juridiques régissant l’état d’urgence qu’il a promis de lever. L’annonce, jeudi, par le chef de l’Etat de sa décision de lever «dans un très proche avenir» l’état d’urgence et de permettre aux partis politiques de l’opposition un plus grand accès aux médias lourds en dehors des périodes électorales, n’a suscité aucune joie particulière au sein de la société. Hormis les trois partis de l’Alliance présidentielle qui se sont empressés, comme d’habitude, d’applaudir à chaudes mains «l’initiative louable» du raïs algérien, la majorité de la classe politique a décrypté cette décision comme une tentative désespérée d’un régime autoritaire, finissant et aux abois, de se doter d’une façade démocratique.

But de la manœuvre : absorber la colère de la population qui ne cesse de réclamer le départ du personnel politique en place en donnant, bien entendu, l’illusion d’un changement et, enfin, couper l’herbe sous le pied de l’opposition et en particulier des nombreux animateurs de la Coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC) qui prévoient, justement, d’organiser une marche pacifique le 12 février à Alger pour exiger la levée de l’état d’urgence et l’ouverture des champs politique et médiatique. La CNDC, structure qui a réussi la prouesse rare de faire asseoir à la même table des partis politiques, des ONG et des syndicats et, mieux encore, de leur faire admettre la nécessité d’adopter une démarche unitaire, donne tout l’air d’avoir provoqué la panique au sein régime, d’autant qu’elle revendique également le départ du système et un changement politique profond.

Cette peur, qui s’est emparée des plus hautes sphères du pouvoir, est d’autant plus grande qu’elle intervient dans un contexte international caractérisé par l’amorce de révoltes populaires dans de nombreux pays arabes et la chute des principaux dictateurs de la région.Mais s’ils paraissent avoir agi sous l’effet de la peur de la colère de la rue et probablement de la crainte de subir le même sort que Ben Ali et Moubarak, il n’en demeure pas moins que le chef de l’Etat et son premier cercle «d’alliés», en ne satisfaisant qu’à moitié les revendications de la société et en ne procédant qu’à un petit ravalement de la vitrine du régime – en vérité sans impact réel sur la vie politique, économique et sociale du pays –, ne désespèrent pas, en même temps, de reprendre la situation en main et d’assurer la pérennité de leur pouvoir et de celle du système.

Connu pour être un fin manœuvrier, Abdelaziz Bouteflika, qui s’est aussi souvent enorgueilli en privé de «très bien maîtriser l’art de l’embuscade et de l’esquive», paraît ainsi compter sur un rapide essoufflement de la contestation et une dissipation de «l’euphorie démocratique» qui s’est emparée de la rue arabe en général et de la rue algérienne en particulier. En un mot, sa stratégie consiste à faire le dos rond et gagner du temps en attendant juste que les choses se tassent et reprendre le cours des choses comme si de rien n’était. A ce niveau, le seul risque que prend le chef de l’Etat est, bien entendu, de voir la société civile et la rue interpréter son recul «tactique» comme un signe de faiblesse du système. Si cette hypothèse se vérifie, il est à parier que la rue, comme en Tunisie et en Egypte, continuera à gronder jusqu’à ce que tout le monde parte.

Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, sur le fond, tout le monde admet que le chef de l’Etat n’a absolument rien cédé dans la mesure où il compte faire adopter une nouvelle loi pour encadrer la lutte antiterroriste à la place des textes juridiques régissant l’état d’urgence qu’il a promis de lever. Fondamentalement, rien ne dit aujourd’hui que celle-ci (cette nouvelle loi) ne sera pas aussi inquisitrice et aussi restrictive au plan des libertés que le sont «Patriot act 1» et «Patriot act 2», deux lois antiterroristes adoptées par l’Administration américaine au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 qui donnent pratiquement des pouvoirs presque illimités au FBI ainsi qu’aux autres agences américaines de renseignement.

Deux lois qui, pour un «oui» ou pour un «non», peuvent valoir à n’importe quel citoyen américain ou autre un séjour à Guantanamo, tous frais payés. Ce n’est pas tout. Abdelaziz Bouteflika a également fait le strict minimum en matière d’ouverture du champ médiatique. Si aujourd’hui, comme ce fut le cas de la fameuse caverne d’Ali Baba, les portes de la télévision et de la radio publiques s’ouvrent miraculeusement aux partis de l’opposition, personne ne peut cependant donner l’assurance que celles-ci (les portes) ne se fermeront pas demain et que l’on ne reviendra pas à la case départ. En refusant une énième fois d’ouvrir le secteur des médias audiovisuels aux investissements privés, le pouvoir ne fait en tout cas que confirmer les doutes émis par l’opposition concernant la bonne foi du chef de l’Etat d’aller vers une plus grande ouverture.

Zine CHERFAOUI

Extrait du communiqué du Conseil des ministres

«S’agissant de l’état d’urgence, celui-ci a été instauré pour les seuls besoins de la lutte antiterroriste, et c’est cette raison uniquement qui en a dicté le maintien sur une base légale. L’état d’urgence n’a, à aucun moment, entravé une activité politique pluraliste des plus riches, ni contrarié le déroulement de campagnes électorales intenses, de l’avis même des observateurs qui les ont suivies.» «Aussi, pour mettre un terme à toute polémique infondée sur cette question, je charge le gouvernement de s’atteler sans délais à l’élaboration de textes appropriés, qui permettront à l’Etat de poursuivre la lutte antiterroriste jusqu’à son aboutissement, avec la même efficacité et toujours dans le cadre de la loi. Cela conduira donc à la levée de l’état d’urgence dans un très proche avenir»,«S’agissant de l’organisation des marches, et hormis la wilaya d’Alger, rien ne l’entrave dans toutes les autres wilayas, pour autant que les demandes et les conditions exigées par la loi soient réunies. Certes la capitale fait exception dans ce domaine pour des raisons d’ordre public bien connues. «S’agissant enfin de l’accès des partis politiques à la télévision et aux radios, aucune loi ou instruction ne l’ont jamais interdit à quelque formation ou association légale que ce soit. La télévision et la radio doivent donc assurer la couverture des activités de l’ensemble des partis et organisations nationales agréés, et leur ouvrir équitablement leurs canaux.»

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© El Watan du 05 février 2011


Série de mesures annoncées en conseil des ministres

Les fausses concessions de Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika se prononce, pour la première fois, au sujet «des événements survenus dans le pays». Un mois plus tard, il choisit la forme la moins directe qui soit, la réunion du Conseil des ministres, jeudi dernier, pour décider de demi-mesures tout juste bonnes pour la consommation médiatique immédiate.

Alger (Le Soir) - Car à bien lire le communiqué du Conseil des ministres, Bouteflika a bien pris soin d’accompagner chacune des trois mesures politiques phare annoncées par une contremesure ! «Chacun a relevé les commentaires, analyses, ou même revendications de nature politique, apparus ces derniers temps. Leur expression variée requiert le respect, car nous sommes dans un pays de démocratie pluraliste, sauvegardée au prix de sacrifices nationaux considérables. Mais ces vues exigent aussi quelques rappels et précisions», commencera par faire remarquer Bouteflika. «Nul ne peut contester le respect et la protection des droits civiques et politiques, ainsi que des libertés fondamentales dans notre pays. En témoigne la pluralité des obédiences de nos nombreux partis politiques, la diversité et la vitalité de la presse nationale, et, le fait que notre peuple est, périodiquement, convié aux urnes pour choisir souverainement ses gouvernants à tous les échelons, parmi les nombreux candidats qui sollicitent ses suffrages, après avoir réuni les conditions légales.» Et pour mieux se faire comprendre, il ajoute : «S’agissant de l’état d’urgence, celui-ci a été instauré pour les seuls besoins de la lutte antiterroriste, et c’est cette raison uniquement qui en a dicté le maintien sur une base légale. L’état d’urgence n’a, à aucun moment, entravé une activité politique pluraliste des plus riches, ni contrarié le déroulement de campagnes électorales intenses, de l’avis même des observateurs qui les ont suivies. Aussi, pour mettre un terme à toute polémique infondée sur cette question, je charge le gouvernement de s’atteler, sans délai, à l’élaboration de textes appropriés, qui permettront à l’Etat de poursuivre la lutte antiterroriste jusqu’à son aboutissement, avec la même efficacité et toujours dans le cadre de la loi. Cela conduira donc à la levée de l’état d’urgence dans un très proche avenir. » Un état d’urgence qui n’a jamais été réellement appliqué depuis des années mais qui n’a pas empêché, par exemple, la tenue de «campagnes électorales intenses» mais sans l’opposition ! C’était le cas en 2005 à l’occasion du référendum sur la charte, ou encore lors des dernières élections présidentielles ! Ceci pour l’état d’urgence. Quant à la deuxième décision phare, relative aux «marches», c’est tout simplement une «non-mesure par excellence» ! Voilà ce que dira exactement Bouteflika à ce sujet, en effet : «S’agissant de l’organisation des marches, et hormis la wilaya d’Alger, rien ne l’entrave dans toutes les autres wilayas, pour autant que les demandes et les conditions exigées par la loi soient réunies. Certes la capitale fait exception dans ce domaine pour des raisons d’ordre public bien connues, et certainement pas pour y empêcher une quelconque expression. Alger compte plusieurs salles publiques de capacités diverses, qui sont gracieusement disponibles pour tout parti ou association en faisant légalement la demande, en vue d’y faire entendre son point de vue.» C’est effectivement le cas depuis le 14 juin 2001, date à laquelle Bouteflika a définitivement fermé Alger à toute manifestation publique. Jeudi, Bouteflika n’a fait finalement que le rappeler ! Ceci étant, la couleuvre la plus grosse dans le communiqué présidentiel reste, incontestablement, le point relatif à l’ouverture des médias publics. Bouteflika y affirme que «s’agissant enfin de l’accès des partis politiques à la télévision et aux radios, aucune loi ou instruction ne l’ont jamais interdit à quelque formation ou association légales que ce soit. La télévision et la radio doivent donc assurer la couverture des activités de l’ensemble des partis et organisations nationales agréées, et leur ouvrir équitablement leurs canaux». C’est pourtant le même Bouteflika qui, en mars 2004 par exemple, sur le plateau même de l’ENTV et à l’occasion de la campagne électorale, affirmait clairement : «Tant que je suis là, il n’y aura qu’une seule chaîne de télévision, une seule chaîne de radio en arabe, en français et en tamazight. Nous avons déjà commis la faute d’ouvrir le champ de la presse écrite, une grave erreur (…) Seul le pouvoir peut s’exprimer à la télévision (…) Je ne vais tout de même pas payer (il parle de l’Etat) pour que vous (allusion à l’opposition, ndlr) vous veniez danser à la télévision.» En bien d’autres occasions, Bouteflika a eu le mérite de la clarté sur ce sujet. «Monsieur le Président, estimez-vous que la liberté d’expression est un danger pour le pays ?» lui demandait une journaliste d’une chaîne française lors d’une interview. «Oui !» répondait-il tout simplement. A Abdelaziz Rahabi, du temps où il était ministre de la Communication, il lancera en plein Conseil des ministres : «Monsieur Rahabi, sachez qu’à partir d’aujourd’hui, le ministre de la Communication, c’est moi !» Avant de le limoger d’ailleurs sur-le-champ. Une autre occasion, parmi tant d’autres : «Il est tout à fait clair que le rédacteur en chef de l’APS, c’est moi ! Le directeur de la télévision, c’est moi !» Avec autant d’affirmations publiques, l’on a effectivement nul besoin «d’aucune loi ou instruction » pour faire retourner la télévision algérienne aux années 70 du siècle dernier...

Kamel AMARNI

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© Le Soir d'Algérie du 05 février 2011


A l’appel de la Coordination locale des étudiants (CLE)

Imposante marche à Tizi Ouzou

Des milliers de personnes ont battu le pavé hier à travers les différentes artères de la ville de Tizi Ouzou pour répondre à l’appel de la Coordination locale des étudiants (CLE) de l’université Mouloud Mammeri.

La procession a démarré à 11h du campus de Hasnaoua jusqu’au siège de la wilaya. Durant tout l’itinéraire de la marche, les étudiants ont scandé des slogans hostiles au pouvoir. «Pour une véritable université publique de qualité», «Pour les libertés démocratiques et un Etat de droit», «Pour l’éradication du phénomène d’insécurité» et «Non au système LMD» ainsi que «La réouverture de la post-graduation et le maintien du Capa», pouvait-on lire, entre autres, sur les banderoles brandies pas les marcheurs. Cette action a été une réussite puisqu’elle a drainé plusieurs milliers de personnes. Nous voulons, à travers cette marche, interpeller encore une fois le pouvoir sur la situation que traverse l’université et demandons également un changement pacifique et démocratique», a déclaré un membre de la CLE.  

A 10h, l’enceinte du campus de Hasnaoua était déjà noire de monde. Les étudiants préparaient les carrés. Quelques minutes plus tard, la foule  s’ébranle dans un climat pacifique. D’autres citoyens se sont joints à la marche. «Cette action est une initiative de la CLE, mais elle est ouverte à toute la société civile et les forces démocratiques agissant pour le changement», a laissé entendre un organisateur à l’aide d’un mégaphone. Au-devant de la marche, un grand emblème national a été déployé par les manifestants qui ont marqué une halte au carrefour Djurdjura, au centre-ville pour observer une minute de silence.

Puis la procession s’ébranle de nouveau, en criant à gorge déployée : «Halte à la corruption». Les marcheurs n’ont cessé de scander, haut et fort, des slogans hostiles au pouvoir jusqu’au portail principal du siège de la wilaya où ils ont observé un rassemblement. «L’université est en souffrance. La tutelle lance des réformes sans prendre le soin de réunir les conditions nécessaires pour assurer la performance et la réussite. Cette situation n’est pas seulement le résultat de l’incompétence et d’un laxisme, mais celui d’un régime qui, obnubilé par son maintien au pouvoir, stérilise et ruine l’université, verrouille les champs politique et médiatique, bâillonne l’opposition démocratique et empêche toute manifestation pacifique», dira un membre de l’organisation à la fin de la marche.

A 13h, les marcheurs se sont dispersés dans le calme et sans le moindre incident. Notons  aussi que l’action de la CLE a été soutenue par les lycéens, le MAK et le RCD. D’ailleurs, nous avons remarqué, entre autres, la présence  du président de l’APW et des parlementaires de la formation de Saïd Sadi. «Nous avons pris part à cette marche parce que nous soutenons les revendications des étudiants. L’heure est à la mobilisation et à l’union», a estimé Mohamed Ikherbane, sénateur du RCD. Par ailleurs, il est utile de souligner que la marche des étudiants a été ponctuée d’une grève générale qui a paralysé hier toutes les facultés de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

Hafid AZZOUZI

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© El Watan du 02 février 2011


Bouteflika ne s'exprime toujours pas

Silence imposé ou calculé

L'absence prolongée du chef de l'Etat de la scène publique nourrit toutes sortes de questionnements et de spéculations. Ni les violentes émeutes de début janvier, ni la très tendue situation politique nationale, ni les bouleversements que connaissent certains pays arabes ne l’ont sorti de son mutisme.

Mais où est donc passé le président Abdelaziz Bouteflika ? Une question que les Algériens ne se posent peut-être plus depuis que l’effacement de l’espace public du chef de l’Etat est devenu presque permanent. Mais, à un certain niveau de la responsabilité, l’absence prolongée d’un dirigeant devient impardonnable. Elle peut même justifier des changements urgents, majeurs. Si l’on n’est pas encore devant le cas, prévu par la Constitution, de vacance du pouvoir, l’inactivité du locataire du palais d’El Mouradia pose désormais un sérieux problème à la conduite normale des affaires du pays. Bouteflika n’a pas jugé important, voire vital, de s’adresser à la population après les émeutes du début du mois de janvier. Il n’a tenu aucun discours pour rassurer les Algériens sur la cherté de la vie. Il n’a pas essayé de comprendre les raisons de la colère des jeunes. Rien. La série d’immolation des citoyens dans plusieurs régions du pays, qui souligne l’échec de toute la politique sociale menée jusque-là, n’a même pas fait sortir de son silence celui qui se présente comme «le président de tous les Algériens». Peut-on être à ce point insensible aux malheurs des citoyens dont on est responsable ? A la place d’une réaction nette d’un chef d’Etat responsable et conscient du drame de sa population, les Algériens ont eu droit à un chapelet moralisateur sur ce qui est «interdit» et sur ce qu’il ne l’est pas à propos du suicide par le feu. Une matière visqueuse étalée à longueur de pages par des journaux en panne d’imagination.

 Absence troublante

 La question essentielle est : pourquoi les Algériens sont-ils amenés à se suicider de cette manière atroce ? D’autres jeunes Algériens quittent le pays par groupes à travers l’incessant mouvement de harraga vers l’Europe. On ne se rappelle pas avoir entendu, ne serait-ce qu’une seule fois, le président Bouteflika aborder ce problème et tenter de lui trouver une solution. A quoi sert un chef d’Etat ? Il a laissé son Premier ministre, Ahmed Ouyahia, préparer une loi répressive qui n’a fait que noircir davantage le registre d’un pays à l’héritage peu glorieux en matière de respect des droits de la personne. Cette loi ridicule n’a fait qu’encourager les jeunes à embarquer davantage vers des destinations où les conditions de vie seraient probablement meilleures.

Les émeutes et les immolations n’ont pas entamé l’arrogance de Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur, désormais seul interlocuteur des Algériens. Le successeur de Zerhouni a, dans une interview fleuve accordée au quotidien Liberté, tenté de rassurer sur «la présence» de Bouteflika en Algérie. «Le président a donné des instructions et des orientations aux responsables (…) Le président suit la situation du pays et l’action du gouvernement au quotidien», a-t-il informé. Le contraire aurait été étonnant, autrement dit que le président «ne suive pas» la situation du pays ! Alors de deux choses l’une : ou Ould Kablia défonce des portes ouvertes ou il suggère, d’une manière incroyablement maladroite, que le président est dans l’incapacité physique d’assumer pleinement ses fonctions. Assis dans un salon, il est très facile de «donner des instructions» ou de suivre l’action du gouvernement par… téléphone. Tout le monde sait à Alger que les ministres ne rencontrent plus Bouteflika depuis des mois et tout le monde sait aussi que d’autres ministres sont entrés en conflit ouvert avec Ahmed Ouyahia.

La santé fragile de Bouteflika l’empêche-t-elle d’être sur «tous les fronts» comme il l’était au début de son premier mandat en 1999 ? Est-il à ce point amoindri pour ne pas répondre présent au sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine (UA) à Addis Abebba ? Un flou total entoure l’état de santé du chef de l’Etat qui, pourtant, n’est pas un secret d’Etat. Idem pour l’effacement complet du Premier ministre. Ahmed Ouyahia, qui a choqué les Algériens dans ses deux dernières interventions au Parlement, se comporte comme s’il n’est responsable de rien. Que le gouvernement navigue à vue, que la colère de la rue augmente jour après jour, que la position diplomatique de l’Algérie manque de précision, ni Bouteflika ni Ouyahia ne semblent s’en inquiéter ou, au moins, donner l’impression d’y prêter attention. Aussi, cette question devient-elle inévitable : qui dirige l’Algérie ?

Fayçal METAOUI

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© El Watan du 31 janvier 2011


Les initiateurs de la marche du 12 février répondent à Ould Kablia

« La manifestation est maintenue »

Malgré le refus d’autorisation annoncé ce dimanche par le ministre de l’Intérieur Dahou Ould Kablia, la marche du 12 février est maintenue. « Citez moi une seule manifestation que les autorités ont autorisée ? Je dis bien une seule. Vous ne trouverez pas », lance Rachid Maalaoui, le président du syndicat Snapap, l’un des initiateurs de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie en commentant les déclarations de M. Ould Kablia.

« Les marches sont interdites à Alger. Le refus n’est pas seulement signifié à l’opposition. Si un parti de l'Alliance envisage demain d’organiser une marche à Alger, je peux vous dire en tant que ministre de l’Intérieur, qu’elle sera interdite », a indiqué le ministre dans un entretien au journal Liberté ce matin.

Une demande d’autorisation sera « probablement » introduite lundi 31 janvier, selon Mustapha Bouchachi , président de la LADDH. Cette démarche n’est qu’une formalité pour démontrer que les initiateurs agissent dans la légalité. Mais « le dernier mot reviendra certainement aux membres de la coordination qui se réuniront quelques jours avant la marche », précise toutefois Me Bouchachi, joint par téléphone.

Dans l’interview, M. Ould Kablia aborde également l’éventualité « d’une discussion autour de la question de l’état d’urgence » au niveau de gouvernement. Pour les membres de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, la levée de l’état d’urgence ne constitue que le début d’une série de revendications. « On ne veut pas d’une démocratie de façade », insiste Me Bouchachi.

Au cours de la dernière réunion organisée vendredi 28 janvier entre les membres de la coordination, de nombreux intervenants avaient insisté pour la présentation d’une seule revendication : le départ du régime.

Samia AMINE

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© Tout Sur l'Algérie, 30 janvier 2011, à 13:39


Marche du RCD à Béjaïa

Des milliers de personnes réclament le «départ du régime»

Des milliers de personnes ont marché, hier, dans les rues de Béjaïa à l’appel du RCD, pour demander le départ du régime. La marche, pour laquelle le parti de Sadi n’a pas introduit de demande d’autorisation, a été tolérée et s’est déroulée sur un trajet de près d’un kilomètre où les forces de sécurité se sont faites très discrètes. Un comité des étudiants de l’université de Béjaïa, une coordination des lycéens et l’association des victimes d’Octobre 1988 s’y sont joints pour crier des slogans revendiquant le changement du système. «Pouvoir assassin», «Djazaïr houra démocratiya» (Algérie libre et démocratique), «Y’en a marre de ce pouvoir», «Bouteflika berra (dehors) !», «Système berra !» sont autant de slogans scandés durant la manifestation.

Des élus du parti, dont des députés, ont pris place à la tête de la procession humaine. Parmi eux, Athmane Maâzouz, chef du groupe parlementaire du RCD, coiffé d’une casquette protégeant les points de suture qu’il a encore sur la tête depuis la récente blessure que lui a infligé un policier qui a usé de sa matraque lors de la marche réprimée d’Alger. Au-dessus des têtes des marcheurs flottent une multitude de banderoles et de pancartes revendicatrices et dénonciatrices.

Certaines réclament : «changement radical», «démocratie et justice sociale», «dissolution de toutes les institutions élues», «libération de tous les détenus» et «levée immédiate de l’état d’urgence». D’autres disent «non à un système qui appauvrit son peuple», «non à un système qui nie la nation algérienne» et «non à la gouvernance par la corruption». Les étudiants rappellent, eux, sur une banderole, que «l’Etat ne peut pas défaire la volonté de son peuple».
A proximité du siège de la wilaya, les manifestants crient, dans des slogans chantés, «la volonté du peuple à faire tomber le régime». «Aujourd’hui est pour nous un jour d’indépendance, mais un jour sombre pour ceux qui ont squatté le pays. Le jour est arrivé pour qu’ils partent. Leur heure a sonné» lance, au micro, le sénateur de Tizi Ouzou, M. Ikherbane. «Le 12 février, nous serons les maîtres d’Alger», promet-il, évoquant la marche prévue par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. «Nous demandons le départ du système et de tous ceux qui l’incarnent», ajoute Athmane Maâzouz. «Aucune frange de la société n’est épargnée par ce système. Nous sommes interpellés et le RCD a pris ses responsabilités», ajoute son camarade à l’APN, Boubekeur Darguini. «Les Tunisiens sont arrivés à faire tomber le régime Ben Ali, pourtant c’est nous qui étions les premiers au combat», a-t-il ajouté. Lui aussi promet que «le régime va trembler le 12 février».

Kamel MEDJDOUB

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© El Watan du 30 janvier 2011


Coordination nationale pour le changement et la démocratie

L’itinéraire de la marche du 12 février déterminé

La marche nationale pacifique à laquelle la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a appelé pour le samedi 12 février 2011 à Alger s’ébranlera de la place du 1er-Mai vers la place des Martyrs. L’itinéraire de la marche a été rendu public hier par la Coordination qui a aussi informé que la manifestation se déroulera à partir de 11 h.

Alger (Le Soir) - Le comité d’organisation de la marche désigné la veille par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie est parvenu, après des débats fort constructifs, à désigner l’itinéraire de la marche et élaborer les mots d’ordre qui, au-delà de la symbolique, lui donneront un contenu et une portée. Au nombre de six, ces mots d’ordre se veulent une plate-forme consensuelle. Dans le communiqué de la Coordination rendu public hier, les Algériens sont appelés à marcher pacifiquement à Alger pour revendiquer le changement et la démocratie. Les citoyens sont conviés à cette marche pour demander la levée de l’état d’urgence, la libération des détenus des émeutes, une Algérie démocratique et sociale, l’ouverture des champs politique et médiatique et une justice sociale. La Coordination a décidé, par ailleurs, d’introduire une demande d’autorisation pour la marche du 12 février. Regroupant des partis politiques, des syndicats, des organisations de la société civile, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie est née du besoin de relayer et de porter les contestations sociales que les jeunes Algériens ont exprimées avec cette année qui s’ouvre. Cette synergie entre acteurs politiques et syndicaux et animateurs de la société civile est un signe probant quant au dépassement des clivages et querelles qui, jusque-là, ont miné la scène nationale. La société a acquis en maturité, qui lui permet de structurer des dynamiques porteuses de changement.

Farid S

LE COMMUNIQUÉ DE LA COORDINATION NATIONALE POUR LE CHANGEMENT ET LA DÉMOCRATIE

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) informe que la marche nationale pacifique à laquelle elle a appelé pour le samedi 12 février à Alger aura lieu de la place du 1er-Mai vers la place des Martyrs, à partir de 11 h. La Coordination appelle le peuple algérien, les partis politiques, les syndicats et les associations de la société civile à s’inscrire dans la dynamique du changement pour :

  • le changement et la démocratie
  • levée de l’état d’urgence
  • libération des détenus des émeutes
  • une Algérie démocratique et sociale
  • ouverture des champs politique et médiatique
  • travail et justice sociale.

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© Le Soir d'Algérie du 30 janvier 2011


Algérie

Manifestation samedi en Kabylie pour "un changement du régime"

Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Béjaïa (250 km à l'est d'Alger) en Kabylie pour demander "un changement du régime" en Algérie, à l'appel d'un parti d'opposition, a-t-on appris auprès des organisateurs. Répondant à l'appel du Rassemblement pour la culture et la Démocratie (RCD), un parti d'opposition bien implanté en Kabylie, les manifestants ont défilé dans le calme dans les rues de Béjaïa. "La manifestation a rassemblé plus de 10.000 personnes", a assuré à l'AFP le président du RCD Saïd Sadi. Aucune indication indépendante sur le nombre des manifestants n'étaient disponibles en fin d'après-midi.

Les manifestants scandaient des slogans inspirés par les récents événements en Tunisie. "Pour un changement radical du régime", criaient-ils notamment, selon un Sénateur du RCD Mohamed Ikahervane. Un important dispositif policier était déployé autour de la ville de Béjaïa mais les manifestants se sont dispersés dans le calme à l'issue de cette marche, selon M. Ikharvane.

Une marche pour demander le "départ du système" est prévue le 12 février à Alger à l'appel de la toute nouvelle Coordination nationale pour le changement et la démocratie, qui regroupe des mouvements d'opposition et organisations de la société civile. Cette coordination, née le 21 janvier dans la foulée des émeutes du début janvier qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés, avait alors annoncé son intention d'organiser une marche autour du 9 février, date anniversaire de la proclamation de l'état d'urgence en Algérie. Le président d’honneur de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Ali Yahia Abdenour, a avancé la date du samedi 12, lors d'une réunion de quelque 200 personnes, vendredi. Outre la LADDH, cette coordination comprend des syndicats autonomes d'enseignants, des organisations estudiantines, des partis politiques, le RCD notamment, et des représentants de la société civile. Ils revendiquent la levée de l'état d’urgence, instaurée il y a 19 ans, mais surtout "le départ du système".

Les manifestations de rue sont interdites à Alger depuis juin 2001 quand une marche en faveur de la Kabylie avait tourné à l'émeute faisant huit morts.

AFP

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© El Watan du 29 janvier 2011


Béjaïa

Le RCD a mobilisé des milliers de marcheurs

Ils étaient quelques milliers de manifestants dans les rues de Béjaïa à avoir marché la matinée du samedi 29 janvier demandant d’une seule voie le départ du régime en place. Le RCD a ainsi réussi à mobiliser plus qu’il n’a pu le faire ces dernières années. Son action a eu le soutien des étudiants qui se sont constitués en un comité pour «la sauvegarde et la citoyenneté», des lycéens structurés en une coordination et de l’association des victimes d’octobre 88.

L’esplanade de la maison de la culture a été noire de monde.  La marche s’y est ébranlée après l’arrivée des étudiants qui ont initié une marche à partir du campus universitaire de Targa Ouzemmour. Une voiture drapée de l’emblème national a devancé les marcheurs organisés en carrées. Des députés, et autres élus du parti de Sadi étaient en tête de la marche ponctuée par des banderoles et des pancartes à la même revendication : celle du départ du régime.

Pas un seul élément des forces de maintien de l’ordre dans la rue. Ils se sont faits discrets. Seuls quelques agents de circulation sont visibles. Les policiers en civil, eux, sont en nombre. C’est au rythme de slogans criés, parfois chantés, que les marcheurs ont traversé le boulevard de l’ALN pour arriver jusqu’au siège de la wilaya où une scène avec sonorisation a été mise sur pied.

Des lycéens et étudiants s’y sont reliés pour prendre la parole. «Nous sommes les enfants de ce pays, c’est notre avenir qui est en jeu. Nous voulons un changement radical» déclare, au micro, un jeune lycéen. «Nous demandons le départ du régime. Nous en avons marre» renchérit une étudiante. «C’est un jour d’indépendance pour nous, et un jour sombre pour Bouteflika, Ouyahia et tous ceux qui ont squatté le pays» lance le sénateur de Tizi Ouzou, M. Ikherbane qui estime que «le jour est arrivé pour que le régime parte».

Il promet que le 12 février prochain, date de la marche de la coordination nationale pour le changement et la démocratie, «nous serons des centaines de milliers dans les rues d’Alger». «Le monde verra que le peuple algérien n’est pas démissionnaire» ajoute-t-il. «Nous demandons le départ du système et de tous ceux qui l’incarne» lance le député et chef du groupe parlementaire Athmane Maâzouz.

Pour le député Boubekeur Darguini, cette marche du RCD a démontré que «la rue est pour un idéal démocratique». «Nous sommes interpellés et le RCD a pris ses responsabilités» déclare-t-il en promettant, de son coté, que le 12 février «le régime va trembler». «Nous avons voulu marcher pacifiquement à Alger. La seule réponse du régime a été la répression» déplore le député Maâzouz qui soutient qu’il «n’y a pas que la lutte qui paye». «Occupons la rue et demandons le départ du régime» conclut-il.

Kamel MEDJDOUB

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© El Watan du 29 janvier 2011


 

 MARCHE PACIFIQUE DU RCD À BÉJAÏA, LE 29 JANVIER 2011

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Béjaïa (Vgayet), le 29 janvier 2011. Marche pacifique, organisée par le RCD, qui a drainé des milliers de manifestants.


 

Coordination nationale pour le changement et la démocratie

Marche à Alger le 12 fév

Ali Yahia Abdenour a fait la proposition de retenir la date du 12 février pour une marche pacifique à travers le pays.

La marche nationale pacifique pour exiger «le départ du système» aura lieu, finalement, le 12 février prochain à Alger. Les membres de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, réunis hier à Alger, ont tranché en faveur de cette date au lieu de la journée du 9 février proposée la semaine dernière. C’est le président d’honneur de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), Ali Yahia Abdenour, qui est à l’origine de cette proposition, dès l’ouverture des travaux de la réunion d’hier.
Et le consensus s’est vite réalisé. «Le 12 février sera un samedi. C’est une journée non ouvrable et donc les travailleurs et les étudiants peuvent participer à cette action», explique la majorité des intervenants qui étaient plus nombreux à venir participer à cette réunion. En effet, de nombreuses organisations et partis politiques ont rejoint cette coordination à partir d’hier.

Il s’agit notamment du Comité national pour la liberté de la presse (CNLP), du PST, du Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), de l’association Nejma, de l’Association des victimes d’Octobre 1988 (AVO 88) et des représentants des archs. Environ 200 personnes ont participé à cette réunion qui a duré plusieurs heures. Après avoir retenu le principe de la marche et tranché la question de la date, les participants ont abordé les objectifs de l’action. Marcher pour demander quoi ? Chacun des membres de la coordination a pris la parole pour exposer ses suggestions. Première revendication : la levée de l’état d’urgence, maintenu illégalement depuis 1992 (19 ans déjà). Pour cela, tout le monde est d’accord. Mais c’est insuffisant. D’autres propositions ont été exposées. «Il faut exiger le départ du système. Ce n’est pas une question de personnes», explique la majorité des intervenants. «Système dégage ! C’est celui-là le slogan qu’on devra adopter», soutiennent d’autres, en citant l’exemple de la Tunisie et de l’Egypte. «Nous n’avons pas le droit de décevoir. Ce que nous voulons, c’est le départ du système et du pouvoir (…) Il faut maintenir la pression», lance Rabah Abdallah au nom du CNLP.

«Un remaniement du gouvernement ne changera rien»

La même demande est appuyée par des responsables du RCD, du comité citoyen de Aïn Benian, des représentants des archs et par plusieurs représentants des associations et partis présents dans la salle de conférences de la Maison des syndicats. Les représentants du Parti socialiste des travailleurs (PST), de l’association Nejma et ceux des différents comités des étudiants de l’université de Tizi Ouzou, eux, ont axé sur la nécessité d’inclure dans les revendications les problèmes sociaux. Ils énumèrent en particulier le chômage des jeunes, la crise du logement et la détresse de l’enseignement (éducation et enseignement supérieur). Cela a donné suite à un houleux débat. Il a fallu plusieurs interventions et explications pour arriver à un consensus.

A la fin de la réunion, les membres de la coordination se sont entendus sur un smig de revendications, en l’occurrence «l’exigence de la levée de l’état d’urgence, l’ouverture du champ politique et médiatique, et la libération des personnes arrêtées pour des raisons de manifestations ou de délits d’opinion». Il y avait, toutefois, une seule question qui est restée sans solution : demander ou pas une autorisation de la marche. Alors que plusieurs intervenants ne voient aucune utilité de celle-ci, Ali Yahia Abdenour estime le contraire. «Qu’ils refusent (les pouvoirs publics) ou non, il faut demander une autorisation. Il y a une opinion internationale qui suit avec attention ce qui se passe dans le pays et elle sera avec nous si les autorités refusent d’autoriser cette action», explique-t-il.

Avant de se séparer, les responsables de cette coordination se sont mis d’accord sur la mise en place d’une commission technique qui sera chargée de l’organisation de cette action. L’itinéraire à suivre lors de cette marche sera communiqué, explique le président de la LADDH, Mustapha Bouchachi, deux jours avant la date retenue pour l’organisation de la manifestation. Interrogé sur l’éventuel remaniement du gouvernement et son influence sur la démarche entreprise par la coordination, Mustapha Bouchachi affirme que cela ne «changera rien». «Nous demandons plus de libertés et une démocratie réelle», précise-t-il.

Madjid MAKEDHI

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© El Watan du 29 janvier 2011


Face à la mobilisation citoyenne

De folles rumeurs sur un changement de gouvernement

Des rumeurs relatives à un changement de gouvernement se sont propagées, avant-hier, comme une traînée de poudre. Toutes les rédactions des journaux ont été tenues en haleine, guettant une annonce imminente  de la nouvelle composante de l’Exécutif au JT de 20 heures. Qui l’avait distillée ? Pour quel objectif ? Personne ne le sait. On donnait le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, partant. Concernant son éventuel remplaçant, on avançait le nom de l’actuel ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, qui aurait été chargé de former son équipe. Abdelmalek Sellal a été annoncé au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. Mais pas seulement.

La quasi-totalité du staff gouvernemental était, selon les rumeurs, appelé à plier bagage. Les noms des partants seraient, entre autres, Saïd Barkat (Solidarité nationale), Boubekeur Benbouzid (Education nationale), Djamel Ould Abbès (Santé), Rachid Harraoubia (Enseignement supérieur) et Khalida Toumi (Culture). Il a été aussi colporté que des conseillers du président Bouteflika devraient, eux aussi, prendre la porte. Et dans la foulée, on soutenait que des mesures importantes allaient être prises pour apaiser, dit-on, les esprits. Il s’agirait de la levée de l’état d’urgence, de l’ouverture des médias lourds (Télévision et Radio nationales) aux partis de l’opposition privés d’antenne depuis de longues années. On supputait même que des élections législatives anticipées allaient être annoncées. En somme, on a laissé entendre qu’on accèderait à presque toutes les revendications formulées par des partis de l’opposition et les organisations de la société civile.

Ces derniers, qui se préparent à organiser une marche nationale en février prochain, revendiquent notamment la levée de l’état d’urgence, la libération des détenus arrêtés lors des dernières émeutes qu’a connues le pays et l’ouverture des champs politique et médiatique. Seulement malgré l’insistance de ces rumeurs, l’annonce n’a pas été faite. Hier encore, on a fait circuler les mêmes informations, mais sans que cela ne soit vérifié. Une question revient en effet sur toutes les lèvres : pourquoi de telles rumeurs ? S’agit-il d’un ballon-sonde ou traduisent-elles un éventuel remue-ménage au sommet de l’Etat ? Certains vont jusqu’à soutenir que des tiraillements sont nés autour du remplaçant du Premier ministre ; d’autres préconisent que le successeur d’Ahmed Ouyahia se donne le temps de trouver les personnes qu’il faut pour constituer son équipe…

Mais ce ne sont encore que des supputations. Ce qui est certain, par contre, c’est que les derniers événements qu’a connus le pays ont ébranlé certaines certitudes du régime. Cela lui a donné peut-être à réfléchir pour tenter ainsi de trouver des soupapes, mais à ne pas s’y méprendre, pour sa propre survie, devant une mobilisation citoyenne qui prend de l’ampleur.

Saïd RABIA

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© El Watan du 27 janvier 2011


 

 ÉCHOS...  

Un plan d’assassinat du Président de L'Anavad déjoué

Communication du service de la présidence du Gouvernement provisoire kabyle (ANAVAD) : « L'on savait dès la mise sur pied du Gouvernement Provisoire Kabyle, l’Anavad, le 1er juin 2010, que son artisan principal était, en permanence, dans le collimateur du régime algérien. Sa tête est mise à prix et une meute de mercenaires est mise en concurrence pour « livrer la marchandise ».

Ferhat Mehenni, tout en acceptant certaines « compétences » sécuritaires autour de lui, surveillait d’un œil vigilant tous les faits et gestes de son entourage. Ce vieux militant qui, grâce à un sixième sens, a déjà échappé à pas moins de quatre tentatives d’assassinat, vient de déjouer un plan macabre visant à l’assassiner, impliquant l’un de ses proches collaborateurs. La démarche de ce dernier a été particulièrement patiente et impliquée tout un réseau de barbouzes dont le travail, dans l’ombre consistait, aussi, à saboter systématiquement, auprès des médias français, la communication du Gouvernement Kabyle.

Ce qui a mis la puce à l’oreille du Président, est cette étrange proposition qui lui a été faite par mail, il y a une dizaine de jours, de se rendre en Tunisie en l’état actuel des choses et dont voici la teneur :

«
Il ya là bas toute la presse internationale basée à Tunis. Ils sont tous dans les 2 ou 3 + grands hôtels de la capitale. Aller à leur rencontre, provoquer un dialogue, je suis sûr qu'ils sont à la recherche de personnalités comme vous, venant apporter leur soutien à la cause de la liberté et de la démocratie. C'est vrai que c'est de l'improvisation, mais je pense qu'il vous faut oser partir à l'aventure et aller chercher la presse, puisque, malgré tous nos efforts, à Paris, elle ne vient pas à nous (Lagardère....). L'opportunité est réelle, le risque de ne voir personne est très relatif, surtout si vous partiez accompagné d'un homme comme votre jeune porte-parole ou une de vos conseillères. Osez, Mr le Président, Osez ! »

Intrigué par cette insistance, le Président de l’Anavad fait semblant d’accepter en exigeant un travail préalable de préparation qui soit effectué par des collaborateurs déjà à pied d’œuvre à Tunis. Date fut donc prise de faire le voyage pour mercredi 26 janvier 2011. La veille, une note secrète contenant quatre noms pour les contacts tunisiens lui a été remise par ces « conseillers-mercenaires ». M. Mehenni eut ainsi la preuve du complot. Les noms avancés et présentés par la fameuse note confidentielle comme attendant « avec impatience » le Président kabyle, ne connaissaient même pas son existence. La personne dont il fallait se recommander pour organiser des rencontres avec des personnalités tunisiennes et la presse internationale à Tunis, et qui probablement n’en savait rien, est liée à une organisation proche d’un très important ministre français.

L’insistance du proche du Président pour que celui-ci se rende à Tunis prenait l’allure d’un harcèlement au moment où, patiemment, Ferhat Mehenni, faisait procéder aux vérifications de toutes les informations contenues dans la note confidentielle remise sous forme de « feuille de route ».

C’est vers 20h, mercredi 26/01/2011, que ce proche collaborateur fut confondu avec preuves à l’appui et devant témoins.

En tentant d’attirer M. Ferhat Mehenni à Tunis où la violence, la confusion et les coups tordus sont rois, on voulait le livrer comme un paquet-cadeau aux agents du DRS qui devaient, en fonction des circonstances, l’abattre sur place ou l’emmener jusqu’à Alger.

La seule information inconnue pour le moment est le montant de la transaction conclue entre le régime algérien et les assassins de l'ordre. Quel est le prix, "mort ou vivant" du Président de l'Anavad ? »

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© Siwel Info, 27 janvier 2011


 AUTOUR D'UN LIVRE...  


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"Macahu entre les lignes" avec Ferhat Mehenni
© BerbèreTV, janvier  2011



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"Macahu entre les lignes" avec Rachid Ali Yahia
© BerbèreTV, novembre  2010


 

 ALGÉRIE  

L'ESPOIR DE L'ALGÉRIE EST DANS SA JEUNESSE ÉTERNELLE

Tous ensemble face aux dinosaures qui nous gouvernent !

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Alger, Place du 1er Mai, le 13 janvier 2011. Un début de rassemblement pacifique, mais vite étouffé par la police, forces de répression du Régime.

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Alger, Place de la liberté de la presse, le 15 janvier 2011. Un début de rassemblement pacifique, mais vite étouffé par la police, forces de répression du Régime.

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Montréal (Canada), le 17 janvier 2011. La communauté algérienne a battu le pavé de la ville pour manifetser contre la dictature qui perdure dans notre pays.

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Maître Abdenour Ali Yahia (frère de Rachid Ali Yahia), à Alger, le 22 janvier 2011

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Mme Nacera Dutour, présidente de l'Association SOS Disparus, avec Abdenour Ali Yahia, à Alger, le 22 janvier 2011

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Un jeune internaute algérien donnant libre cours à sa colère sur Youtube, le 24 janvier 2011


 

 

 

 Alger bouclée et fermée à la marche du RCD, les manifestants encerclés...

Les manifestants  venus pour la marche du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD ) prévue  à partir de 11 heures du matin sont encerclés et empêchés de bouger par un impressionnant dispositif de sécurité.  Sur la place du 1er Mai, lieu d’où devait démarrer la marche, on compte une file de camions des brigades antiémeute déjà sur place .
Alger est méconnaissable ce samedi 22 janvier 2011 : les policiers sont partout, armés, déterminés à empêcher la tenue de la marche. Dès 8 H 30, un haut-parleur à la main, du balcon du siège du RCD, rue Didouche Mourad, Said Sadi s’est adressé à la rue et accusé la police d’avoir bloqué d’autres manifestants venus d’autres wilayas d’arriver à Alger. Les trains et les bus ont été bloqués, a-t-il dit.

© Le Matin du 22 janvier 2011

 

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Samedi 22 janvier 2011

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Dimanche 23 janvier 2011


 

Marche du RCD à Alger

État de siège et répression

Cela ne s’était pas vu depuis la marche des archs du 14 juin 2001 : Alger arborait hier le visage d’une ville sous «état de siège». Un état de siège cependant en bleu, comme l’uniforme de la police, tant était impressionnant le dispositif de sécurité déployé pour contrer la marche du RCD.

Une image forte résume à elle seule, si besoin est, cette atmosphère particulièrement oppressante : le bureau de wilaya du RCD, rue Didouche Mourad, encerclé par une armada de forces antiémeute. Le docteur Saïd Sadi, les cadres et députés du parti ainsi qu’une foule de militants, de sympathisants et de journalistes étaient assiégés des heures durant dans les locaux du RCD et aux abords du siège algérois du parti par un important cordon de policiers antiémeute affichant casque, bouclier et matraque. Tout Alger, ses principales artères, ses bâtiments officiels, ses accès, ses venelles étaient sévèrement contrôlés par des dizaines de camions de police.

Ainsi, à proximité du Palais du gouvernement, de la présidence de la République, de l’Assemblée populaire nationale (APN), de la Cour d’Alger et de nombreuses institutions, différents engins des services de sécurité ainsi que des camions de la Protection civile et des ambulances ont pris place dès les premières heures de la journée, tandis qu’un hélicoptère ne cessait de bourdonner dans le ciel. Un véritable climat de guerre régnait sur la capitale. Outre cet attirail, on pouvait remarquer un cordon de 4x4 Toyota de couleur noire, une vingtaine environ, déployé le long de la rue Didouche Mourad. Il s’agit d’éléments de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), une unité d’élite de la police spécialisée dans la lutte contre le… crime organisé.
Face à cette folle agitation policière, cette pancarte solitaire posée contre un mur : «El harga ouala houma. Vive la jeunesse algérienne !» (le feu plutôt que ces gens-là !). La pancarte était illustrée d’un dessin campant une flamme rongeant le corps d’un homme. Une allusion claire à la vague d’immolations qui embrase notre jeunesse.

La rue Didouche Mourad était, on l’aura compris, le théâtre par excellence du bras de fer RCD-forces de l’ordre. Même décor sur la place du 1er Mai d’où devait s’ébranler la «Marche pour la dignité». La porte de l’hôpital Mustapha donnant sur le quartier Meissonnier était fermée au public. Un dispositif tout aussi important encercle les abords de l’Assemblée nationale, point de chute originel de la marche. La rue Asselah Hocine est carrément fermée à la circulation automobile. Même dispositif hermétique devant le port d’Alger. La gare routière de Tafourah est «tenue en respect» par des véhicules de police. La route Moutonnière connaît des bouchons inhabituels : les voitures entrant vers Alger sont passées au crible par des barrages de police. La gare routière du Caroubier connaît, elle aussi, un quadrillage sans précédent, une forte escouade de policiers déambulant ostensiblement dans le hall de la station de voyageurs. Des fourgons de police ont pris place aux arrivées de bus.

Les cars en provenance de Tizi Ouzou et de Béjaïa semblent être leur hantise. D’ailleurs, aucun bus n’est rentré à la gare durant la demi-heure que nous avons passée sur les lieux. Selon le site TSA, des étudiants en provenance de Tizi Ouzou à bord de trois autobus ont été interceptés dans la nuit de samedi à dimanche à un barrage de police, à Bab Ezzouar. Si en temps normal, le trajet Tizi Ouzou-Alger est un véritable parcours du combattant en raison, notamment, du barrage «infernal» de Reghaïa, le contexte particulièrement tendu suscité par cette marche avortée a rendu autrement plus éprouvants les déplacements des personnes en provenance de Kabylie. Les cités universitaires et les stations ferroviaires étaient, signale-t-on, également sous forte surveillance policière ces dernières quarante-huit heures.
Le déploiement exceptionnel des hommes du général Hamel, hier, n’a pas manqué de faire sourire : «Ce n’est plus la marche du RCD, décidément, c’est la marche de la police !», ironisait-on.  

Mustapha BENFODIL

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© El Watan du 23 janvier 2011


Alger

La marche empêchée; plusieurs arrestations

Les forces de sécurité ont empêché la marche du RCD  qui devait s'ébranler à partir de la place du 1er mai à 11 heures.

D’importants renforts de polices - plus de 10 000 hommes -, ont été dépêchés de plusieurs wilayas du pays pour quadriller la capitale. Les responsables et les militants du RCD ont été bloqués à l'intérieur du siège du parti et empêchés de sortir par les forces antiémeutes à l’aide de leurs boucliers. Les manifestants scandent des slogans comme « pouvoir assassin », « ulach smah ulach » et « Djazair houra démocratia ».

Le président du RCD, Said Sadi s'adresse aux journalistes au siège du parti, toujours bloqué par les forces anti-émeute. Il dénonce l'arbitraire et confirme plusieurs arrestations.

La décision d'interdiction a été prise au plus haut sommet de l'Etat, apprenait-on, ce matin.

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© Le Matin du 22 janvier 2011


Manifestation reprimée d'Alger

Risque "d'explosion" sociale, selon Mostefa Bouchachi

L'interdiction d'une manifestation organisée par un parti politique à Alger comporte des risques d'explosion sociale, a averti samedi 22 janvier la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (Laddh).

"Le fait d'interdire des marches pacifiques encadrés par des partis et la société civile, c'est pousser à une explosion", a déclaré par téléphone à l'AFP son président Mostefa Bouchachi. "C'est désolant". Une marche organisée par le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD, opposition) avait été interdite par les autorités d'Alger mais le RCD avait décidé de la maintenir. Au siège de la formation, en plein centre d'Alger, un cortège qui devait se transformer en marche a été bloqué par la police.

Des heurts ont fait au moins six blessés, selon le RCD, dont deux de ses responsables. La police, citée par l'agence APS, a dit avoir enregistré sept blessés dont deux graves.

"Il y a trois semaines, les autorités disaient que les jeunes émeutiers pouvaient revendiquer de manière pacifique et lorsqu'un parti politique veut faire une marche on la lui interdit", s'est insurgé le président de la Laddh. "On ne comprend plus ce que le régime veut faire de cette Algérie", a  ajouté Me Bouchachi.    

Vendredi la Laddh, quatre syndicats autonomes, le RCD et l'autre parti d'opposition, le Front des forces socialistes (FFS), avaient annoncé à l'issue d'une réunion la création d'"une coordination nationale pour la démocratie". Ouverte à d'autres personnalités, elle devrait se réunir à nouveau vendredi   prochain pour discuter de la "préparation de la marche du 9 février", date anniversaire de la proclamation de l'état d'urgence en Algérie en 1992, afin d'en demander la levée, a indiqué M. Bouchachi.

El Watan avec AFP

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© El Watan du 22 janvier 2011, à 15:11


Algérie

Le Pouvoir réprime la marche pacifique du RCD

Un trafic ferroviaire suspendu, des bus retenus dans les barrages policiers, des passants contrôlés, des rues coupées à la circulation routière, Alger a vécu, durant toute la journée du samedi, en état de siège pour assister à la répression de la marche pacifique à laquelle a appelé le RCD. C’est, en tout cas, l’image qui restera à jamais gravée dans les esprits des Algériens qui ont tenté de rallier la capitale ce samedi 22 janvier. Ce jour-là, ils n’oublieront pas que leur Etat a pris tout simplement le contrôle du "ciel" et de la "terre" pour empêcher tout citoyen Algérien de battre le pavé et de réclamer le changement dans son pays.  

En effet, des dizaines de barrages fixes de la Police ont quadrillé, dès les premières lueurs du matin de samedi, Alger et ses environs pour filtrer les véhicules et leurs passagers. Les automobilistes ont subi les uns après les autres des fouilles minutieuses et les plus jeunes d’entre eux ont été interrogés pendant de longues minutes. "Où est-ce que vous partez ?", "Qu’allez vous faire à Alger ?", lancent des agents de l’ordre aux jeunes qui s’apprêtaient à prendre le bus pour aller à Alger-centre. 

Ainsi, dès 9 H du matin, les forces de l’ordre ont étouffé la capitale avec un dispositif sécuritaire soigneusement étudié pour empêcher tout mouvement de foule sur les rues et les artères d’Alger.  Des transporteurs privés nous ont même confié que des "civils" sont venus aux gares routières de Blida et de Boufarik pour leur expliquer qu’il n’était pas de leur intérêt de rôder encore l’après midi à la gare routière de Tafourah et de Kharrouba ! 

Au niveau des gares ferroviaires, les portes et les guichets ont été fermés. Et les quelques agents présents sur les lieux ont reconnu que des directives précises leur ont été transmises. "Aujourd’hui, pas de train pour que personne ne puisse aller à la marche !", confie tout de go un fonctionnaire à la gare de Birtouta.   

Sur les routes, au niveau de chaque barrage policier, des bouchons monstres ont bloqué des centaines de véhicules et de bus. Les manifestants en provenance de Boumerdès ou de Tizi-Ouzou ont été donc retenus durant des heures au milieu des embouteillages.

Dans les airs, un hélicoptère survolait en permanence Alger et ses environs pour passer au crible tout mouvement "suspect". Pris de panique, et apeurés par cette atmosphère policière inhabituelle, de nombreux Algérois n’ont même pas pu sortir de chez eux.

Le message du Pouvoir a été donc bien reçu : aucune manifestation ne sera tolérée par les autorités. Les militants et les sympathisants du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) qui avait appelé à une marche citoyenne pacifique au centre d’Alger pour ce samedi bénéficieront, pour leur part, d’un traitement particulier.

Tôt le matin, pas moins de 35 camions de police ont "squatté" l’avenue Didouche Mourad, qui abrite le siège du RCD, en coupant toute circulation routière. Pas moins de 300 policiers équipés de boucliers et de bâtons ont bouclé l’entrée du siège du parti de Saïd Sadi.  Impossible donc de sortir dans la rue sans entrer en affrontement avec ces légionnaires impassibles à qui on a intimé l’ordre de réprimer toute tentative d’occuper la rue.

Une centaine d’étudiants, de militants, de journalistes et des syndicalistes sont, dès lors, retenus en «otages» par des policiers. Ces derniers n’ont pas hésité à proférer des menaces et à brandir leurs boucliers pour signifier aux manifestants qu’ils subiront tous un passage à tabac s’ils entêtent à vouloir marcher à Alger.

Mais les "otages" n’ont pas cédé pour autant à la résignation et à la peur. Des chaises, des pierres et des bouteilles ont été balancées sur les policiers du haut de l’immeuble qui a servi de forteresse aux militants du RCD. Quelques uns ont même bravé les forces de l’ordre en tentant de sortir avec leurs banderoles dans la rue. Mais l’accueil musclé de la brigade anti-émeutes  a vite tourné en affrontement général.

Une dizaine de personnes ont été arrêtées et d’autres ont subi des coups et des blessures. Au moins deux manifestants ont été grièvement blessés dont un sera transféré, sur une civière, à un hôpital Algérois. A ce moment-là des cris de colère fusent de partout : "Pouvoir assassin", "Jazaïr Hourra, Jazaïr Democratiya".

Des drapeaux tunisiens sont aussi brandis et des chants patriotiques entonnés à haute voix. "Vous êtes des Algériens comme nous. Pourquoi vous nous maltraitez !", "Jusqu’à quand allez-vous défendre ce régime pourri ?", lâchent des jeunes manifestants en colère contre cette répression menée tambour battant par des autorités qui ne reculent devant rien pour brimer la société civile.

De son côté, Saïd Sadi prend un haut-parleur et clame sa colère : "je suis prisonnier dans le siège du parti, je ne peux pas partir   d'ici. On ne peut pas mener de lutte pacifique quand ont est assiégé". De longues minutes défilent sans que rien ne change. Les centaines de policiers ne lâcheront pas prise et le siège du RCD demeurera en quarantaine jusqu’à l’après-midi.

Plus loin, à la Place du 1er Mai, là où devait commencer cette marche pacifique, des dizaines de policiers et de camions anti-émeutes ont pris possession des lieux. Tout attroupement a été interdit. Femmes, hommes, jeunes, personnes âgées, aucun citoyen n’a pu rester debout sans risquer une réprimande de la part des policiers. 

Abderrahmane SEMMAR

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© El Watan du 22 janvier 2011, à 14:48


Marche du RCD

Alger quadrillée par un impressionnant dispositif sécuritaire

En prévision de la marche à laquelle a appelé le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) ce samedi 22 janvier, la capitale a été au cœur d’un dispositif sécuritaire impressionnant qui a été mis en place depuis plusieurs jours déjà. Vendredi soir puis samedi matin, ce dispositif a été considérablement renforcé à tel point qu’il démontre dans quelle mesure le pouvoir était déterminé à empêcher que la marche ait lieu et à étouffer toute brèche qui favoriserait le retour des émeutes.

Car, jusque-là, les autorités ont su arrêter le vent de la contestation avant qu’il ne se transforme en un scénario comme celui vécu en Tunisie. Ainsi, dès ce matin, les Algérois se sont réveillés avec le bruit des hélicoptères vrombissant dans le ciel de la ville, les rues d’Alger étaient à l’évidence moins fréquentées aussi bien par les piétons que par les automobilistes, dans la mesure où beaucoup de citoyens ont préféré s’abstenir de prendre des risques dés lors qu’ils n’étaient pas obligés de sortir.

C’est le cas notamment pour ceux qui habitent les quartiers du centre-ville, non loin du lieu de la marche et du siège du RCD. Les Algérois qui devaient se déplacer en voiture vers le centre de la capitale depuis la place des Martyrs ou la grande poste ont été surpris de voir que les accès étaient bouclés. Ils se sont alors vus contraints d’emprunter un autre chemin en passant par la Pêcherie, parfois en faisant des détours. Tout au long du trajet, on constate la présence des fourgons et autres camions antiémeute qui impressionnent par leur nombre. Tout est mis en place pour dissuader les plus téméraires qui souhaiteraient se joindre à l’appel du RCD.

Devant l’hôpital Mustapha Bacha et le long de l’édifice de la Cour des comptes, un dispositif à n’en plus finir, y compris des CRS et des policiers en civil. Idem aux alentours du siège de l’UGTA et de la maison de la presse sise Place du 1er Mai. Ceux qui empruntent l’autoroute pour rentrer sur Alger ont eu toutes les peines du monde à arriver. Il faudra pratiquement deux heures pour parcourir le trajet Bab Ezzouar-Alger alors que des usagers du transport public se sont vus soumis à la vérification de leur identité. Dans certains lieux, même les attroupements ont été dispersés, avec également vérification de papiers. En ce 22 janvier 2011, Alger aura ainsi véritablement vécu une matinée d’état de siège.

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© Tout Sur l'Algérie, 22 janvier 2011, à 13:39


Marche du RCD à Alger

Bouteflika sort l'artillerie lourde ; plusieurs blessés; plusieurs arrestations; des hélicoptères survolent la capitale

Finalement, la marche à laquelle avait appelé le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) à Alger, a été empêchée au prix d'un impressionnant arsenal répressif. ( Notre photo montre le dispositif sécuritaire entourant le siège du RCD ce matin).

A 11h, la place du 1er Mai d'où devait s'ébranler la marche, était entre les mains de la police, qui contrôle tous les accès. Said Sadi, le chef du RCD, parle de "bataille d'Alger". Il faut dire que les services de police n’ont lésiné sur aucun moyen. Le pouvoir a fait sortir tout son arsenal répressif pour ne laisser aucune chance à tout mouvement de protestation. Camions à jet d’eau, forces antiémeute, policiers en civil… sont visibles dans beaucoup d’endroits de la capitale. Les dizaines de policiers sont postés en différents lieux sensibles de la capitale. Sur la place du 1er Mai, lieu d’où devait démarrer la marche, un nombre important de camions des brigades antiémeute est déjà sur place.

Plusieurs personnes ont été blessées par la police devant le siège du RCD affirme à DNA le chargé de communication du parti Mohcine Bellabes. Certaines ont été évacuées à l'hôpital alors que d'autres sont soignées dans le bâtiment où une cellule médicale a été installée. Plusieurs hélicoptères de la police survolent actuellement le ciel d'Alger. Le chef du groupe parlementaire du RCD a été évacué à l'hôpital. Un important dispositif policier continue d'encercler le siège du RCD, rue Didouche Mourad. Plusieurs personnes blessées par des coups de matraques. D’importants renforts de police ont été dépêchés ces dernières heures dans la capitale algérienne alors que tous les accès à la ville devraient être bouclés très tôt dans la matinée du samedi 22 janvier en prévision de la marche à laquelle a appelé le RCD de Saïd Sadi. Le gouvernement algérien a annoncé que cette manifestation populaire n'est pas autorisée, les marches sont interdites à Alger depuis juin 2001.

Depuis jeudi soir, le communiqué tourne en boucle à la radio et à la télévision algériennes. Si l’interdiction émane de la wilaya d’Alger, la décision a été prise, selon nos affirmations, au plus haut niveau de l’Etat. D’importants renforts de polices - plus de 10 000 hommes-, ont été dépêchés de plusieurs wilayas du pays pour quadriller la capitale. Depuis une semaine, des fourgons anti-emeute ont été stationnés à l’intérieur et devant le siège de l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens), le syndicat officiel, ainsi que devant les bâtiments de l’Assemblée et du Sénat.

A. K.

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© Le Matin du 22 janvier 2011


La marche du RCD à Alger

Les événements en direct

Sept policiers ont été blessés dans des heurts avec des partisans du RCD devant leur siège à Alger d'où devait partir un cortège pour une manifestation interdite par les autorités, a rapporté l'agence APS. Les heurts ont fait également plusieurs blessés parmi les manifestants. Aucun bilan définitif n’est disponible actuellement.

15 heures. La tension a baissé devant le siège du RCD, rue Didouche Mourad. Les manifestants commencent à se disperser dans le calme. La police, toujours présente en force, a réussi à faire avorter la tentative du parti de Said Sadi de marcher à Alger. Le chef du Rcd a quitté Didouche Mourad pour s’installer dans ses bureaux à El Biar. Un collectif de députés a été constitué pour demander la libération des manifestants arrêtés lors des tentatives de percer le dispositif de sécurité mis en place autour du siège du parti pour rejoindre la place du 1er Mai, d’où devait commencer la marche. On parle d’une centaine d’arrestations.

13 h 45. Said Sadi quitte le siège du RCD, rue Didouche Mourad. Le président et plusieurs membres de la direction du parti ont quitté le siège du RCD. Ce dernier est toujours encerclé par un important dispositif policier. L’attroupement qui s’est formé à l’extérieur est en cours de dispersion, selon Rafik Hassani, député du RCD. « Nous n’avons pas encore de bilan définitif. Mais il y a des blessés et beaucoup d’arrestations. J’ai moi-même pris en charge trois blessés », a-t-il dit à TSA.

13 h 20. La tentative d’un groupe de manifestants de percer le dispositif de sécurité des forces antiémeute a finalement échoué. Le groupe n’a pas réussi à se rendre à la Place du 1er Mai. Les affrontements ont cessé et le calme est revenu. La police est fortement présente sur les lieux. Les manifestants scandent toujours des slogans hostiles au pouvoir.

13 h 05. Reprise des affrontements à proximité du siège du RCD. Un groupe de manifestants a réussi à percer le dispositif de sécurité déployé à proximité des locaux du parti de Saïd Sadi, selon notre journaliste sur place. Il se dirige vers la Place du 1er Mai. Des affrontements ont éclaté avec les forces antiémeute.

Plusieurs manifestants sont toujours contenus à l’intérieur de l’immeuble abritant les bureaux du parti de Said Sadi. Ils scandent « pouvoir assassin », « Djazaïr horra démocratia » et entonnent des chants patriotiques. Les forces antiémeute suivent sans intervenir. Selon le député, Nouredine Aït Hamouda, au moins 20 manifestants ont été arrêtées par la police.

12h50. Au moins trois blessés, une vingtaine d’arrestation. Au moins trois personnes ont été blessées dans les heurts qui ont opposé les manifestants aux forces de l’ordre à proximité du siège du RCD, rue Didouche Mourad à Alger, a-t-on appris auprès du député Nourredine Aït Hamouda. Une vingtaine de manifestants ont été arrêtés, à Didouche Mourad et à la Place du 1er mai, selon la même source.

12h30. La marche du RCD n’a pas eu lieu. D’importantes forces antiémeutes, boucliers et matraques à la main, continuent d’encercler le siège du RCD où des manifestants scandent toujours des slogans hostiles au pouvoir. La rue est bouclée par un important dispositif policier. Les magasins sont fermés. Après avoir été fluide, la circulation automobile est désormais fortement perturbée. 

11h55. Le siège du RCD toujours assiégé et les manifestants contenus à la porte d’entrée. La police empêche les curieux massés aux abords de la rue Didouche de s’approcher. Près de 500 manifestants devant la porte.  Presque autant de CRS. La rue Michelet est bouclée par un important dispositif policier. Les camions de CRS sont partout. Il y a aussi des ambulants de la protection civile. Le bouclage du siège du RCD a commencé à 4heures du matin pour empêcher les manifestants de sortir et d’aller à la place du 1er d’où la marche devait commencer. Les cités U ont été quadrillées par la police. Les bus des étudiants suspendus. Des centaines de camions antiémeutes sont stationnés un peu partout à Alger, notamment sur l’itinéraire de la marche et aux abords du siège du RCD. Une démonstration de force du gouvernement.

11H35. Le siège du RCD, rue Didouche Mourad, est toujours encerclé. La tension est vive. Le calme est revenu après les affrontements qui ont opposé manifestants aux forces antiémeutes. Une dizaine de blessés a été évacuée aux hôpitaux. Le député arrêté a été libéré. D'autres manifestants ont été arrêtés et conduits aux commissariats avoisinants. La circulation automobile n'est pas bloquée sur Didouche.

Siège du RCD, 11h25. Le calme est revenu à proximité du siège du RCD, rue Didouche Mourad. Un manifestant a été grièvement blessé. Il a été pris en charge par des militants du RCD. Plusieurs autres manifestants ont été blessés. Au moins deux policiers ont également été blessés, a constaté notre journaliste sur place.

Siège du RCD, 11h15. Plusieurs blessés. La police est intervenue contre les manifestants à proximité du siège du RCD, faisant plusieurs blessés. Selon notre journaliste sur place, au moins deux personnes ont été blessées. Le député Athmane Mazouz a également été blessé au visage. Selon Saïd Sadi, qui s’est adressé à la presse, des bus d’étudiants ont été interceptés et leurs occupants transférés vers des commissariats d’Alger.

Premières arrestations. La police a arrêté des manifestants à proximité du siège du RCD, selon notre journaliste sur place. On ignore le nombre de personnes arrêtées.

Siège du RCD, 10h30. Deuxième tentative de sortie des responsables et des militants du RCD. Elle a été repoussée par les forces antiémeutes à l’aide de leurs boucliers. Les manifestants scandent des slogans comme « pouvoir assassin », « ulach smah ulach » et « Djazair houra démocratia ».

Place du 1er mai, 10h30. A 30 minutes du début de la marche, les manifestants ne sont toujours pas arrivés à la Place du 1er mai. Des centaines de policiers en uniforme et en civil sont déployés sur la Place et aux alentours. Ali Yahia Abdenour est arrivé sur place. Les policiers empêchent tout rassemblement de plus de 10 personnes.

Saïd Sadi s’adresse aux manifestants. Du balcon du siège du RCD, rue Didouche Mourad, Said Sadi s’est adressé à la foule avec un haut parleur. Il accusé la police d’avoir empêché d’autres manifestants venus d’autres wilayas d’arriver à Alger. Les trains et les bus ont été bloqués, a-t-il dit.

Siège du RCD, 10 H. Les manifestants empêchés de sortir du siège du parti par les CRS. Des centaines de manifestants du RCD massés devant le du siège de leur parti, rue Didouche Mourad en plein centre d’Alger, étaient encerclé samedi vers 10hpar d’importantes forces antiémeutes et des policiers en civil. Ces derniers empêchent les militants de Said Sadi de se diriger vers la place du 1er mai, d’où partira la marche vers le siège de l’Assemblée populaire nationale. La foule commence à grossir. Des manifestants continuent d’arriver. La circulation automobile n’est pas bloquée. Les balcons des immeubles avoisinants sont bandés de curieux qui suivent le début de la manifestation.

Place du 1er mai, 10heures. Un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé depuis les premières heures de la matinée à la Place du 1er mai dans le centre d’Alger d’où doit démarrer la marche à 11heures. L’accès à la place est autorisé et les rues y menant ne sont pas fermées.

Est d’Alger, barrage filtrant. Plusieurs barrages de police et de gendarmerie ont été mis en place à l’Est d’Alger. Aux Bananiers, les automobilistes passent près d’une heure d’attente. Les policiers contrôlent particulièrement les véhicules en provenance des wilayas de Tizi Ouzou, Bouira et Béjaïa.

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© Tout Sur l'Algérie, 22 janvier 2011


Empêchement de la marche du RCD

Des blessés devant le siège du parti à Alger

A 11h, la place du 1er Mai est entre les mains de la police, qui contrôle tous les accès. De nombreux manifestants sont bloqués à la rue Didouche Mourad où des affrontements sont signalés au niveau du siège du parti. On nous signale une dizaine de blessés, dont à la tête, parmi les militants du RCD qui se trouvent au siège du parti. Le chef du groupe parlementaire Athmane Mazouz a été évacué à l'hopital. Le président du RCD et des dizaines de militants et de sympathisants sont bloqués au siège du parti à la rue Didouche Mourad, encerclé par des centaines de policiers anti émeutes.

Des petits groupes de manifestants ont tenté de marcher vers la rue Hassiba-Ben-Bouali, mais ont été dispersés par la police. Rien n'a été laissé au hasard par le pouvoir pour empecher les algériens de marcher et de répondre à l'appel du RCD. Tous ceux qui tentent de rejoindre la place du 1er mai sont, soit arrêtés, soit refoulés. Depuis vendredi soir la police a mis en place son arsenal repressif, à  travers un dispositif impressionnant, qui a été déployé dès la matinée du samedi 22 janvier sur toutes les rues de la capitale du pays, alger. Objectif : empêcher la marche à la quelle a appelé le rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) pour aujourd’hui de la place du 1er mai au siège de l’APN.

Il faut dire que les services de police n’ont lésiné sur aucun moyen. Le pouvoir a fait sortir tout son arsenal répressif pour ne laisser aucune chance à tout mouvement de protestation. Camions à jet d’eau, forces antiémeute, policiers en civil… sont visibles dans beaucoup d’endroits de la capitale. Les dizaines de policiers sont postés en différents lieux sensibles de la capitale. Sur la place du 1er Mai, lieu d’où devait démarrer la marche, un nombre important de camions des brigades antiémeute est déjà sur place.

Les accès menant vers la place du 1er Mai, que veulent atteindre les manifestants, sont hermétiquement filtrés par de nombreux barrages, à l’est d’Alger.  Le pouvoir a, même, suspendu les navettes des trains de banlieue. Des hélicoptères survolent le ciel d'Alger. Selon le parti de Said Sadi, le député Athmane Mazouz a été arrêté ce samedi matin à Alger. Il a été relaché quelques heures plus tard, avec des blessures. On apprend en outre que des affrontements ont éclaté aux Isser dans la wilaya de Boumerdès entre les forces de sécurité et des manifestants qui se rendaient à Alger. 

Rabah BELDJENNA

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© El Watan du 22 janvier 2011


  Marche du RCD

Plusieurs dizaines d'Algériens arrêtés par la police, selon des responsables du RCD

A 15 minutes de la marche prévue à onze heures, les manifestants ne sont toujours pas arrivés à la Place du 1er mai. Des centaines de policiers en uniforme et en civil sont déployés sur la Place et aux alentours. Les policiers empêchent tout rassemblement de plus de 10 personnes. Des responsables du RCD annoncent plusieurs arrestations parmi les sympathisants du parti.  "Nous sommes encerclés au siège du parti, a déclaré Said Sadi au site DNA qui l'a contacté. Ils veulent étouffer cette marche. La police nous empêche de rejoindre la foule qui nous attend. Tous les accès à la capitale ont été fermés. La police a procédé à plusieurs arrestations dans la nuit du vendredi ainsi que dans la matinée du samedi. Des bus ont été bloqués à l’entrée de la ville. Il y a plus de 3000 policiers qui ont été déployés uniquement à la place du 1er mai. C’est une véritable bataille d’Alger." Le député de la circonscription de Béjaia, Athmane Azouz, a été interpellé par la police dans la soirée du vendredi 21 janvier avant d'être relâché.

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© Le Matin du 22 janvier 2011


Malgré l’interdiction de la manifestation par la wilaya d’Alger

La société civile rejoint la marche du RCD

Quoi qu’il se passe aujourd’hui, l’initiative du RCD a indéniablement marqué des points : elle a brisé l’embargo qui pesait sur la vie publique, ce qui, d’ores et déjà, a revigoré les forces politiques et sociales. À l’appel du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), une marche populaire et pacifique aura lieu aujourd’hui à Alger, après une interdiction de près de dix ans qui a frappé les manifestations publiques dans la capitale et un état d’urgence vieux de 19 ans.

Refusant que le capital mobilisation né des dernières émeutes ayant secoué plusieurs villes algériennes soit dilapidé, le RCD a donc pris sur lui de donner un prolongement politique à la colère de la jeunesse. Mieux, il a structuré son action autour de revendications consensuelles (libération des détenus, levée de l’état d’urgence, restauration des libertés individuelles et collectives et dissolution des assemblées “élues”) pour que des citoyens de différents bords politiques puissent s’y reconnaître. Aussi, beaucoup d’acteurs ont souscrit à l’action du RCD. Outre l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour, le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), les étudiants de Tizi Ouzou, des signataires d’une pétition appelant au changement démocratique et des syndicalistes de diverses organisations autonomes ont exprimé leur soutien à l’initiative du parti de Saïd Sadi. Pour autant, l’initiative n’a pas que des partisans puisque le RCD a pointé du doigt le RND d’Ahmed Ouyahia et l’UGTA de Sidi-Saïd de vouloir s’aborder la marche.

Après le refus non justifié opposé par le ministère de l’Intérieur à la demande d’organiser une marche à Alger, la wilaya d’Alger a appelé dans un communiqué rendu public le jeudi 20 janvier, répercuté par l’ENTV dans son JT de 20 heures, les citoyens à ne pas participer à la manifestation du RCD. “Il est demandé aux citoyens de faire preuve de sagesse et de vigilance, et de ne pas répondre à d'éventuelles provocations destinées à porter atteinte à leur tranquillité, leur quiétude et à leur sérénité”, affirme-t-elle. Répondant du tac au tac, le RCD assure dans un communiqué rendu public hier : “La demande d'autorisation déposée dans les temps et selon les règles ayant été refusée sans la moindre explication alors que des manifestations initiées par la clientèle du pouvoir ont été autorisées, nous décidons de refuser le régime des deux collèges, de sinistre mémoire dans notre pays, et de maintenir la marche populaire du 22 janvier”.

“C'est le droit et le devoir de tous les patriotes d'agir par tous les moyens pacifiques pour honorer les martyrs d'hier et d'aujourd'hui qui se sont sacrifiés pour une Algérie démocratique et sociale plus menacée que jamais”, ajoute-t-il avant de révéler dans un autre communiqué que c’est le chef de l’état qui “a instruit en personne les médias lourds (télévisions et radios) pour rappeler l’interdiction de la marche du 22 janvier”. “Le chef de l’état suggère qu’après cette interdiction, il interviendrait, en tant qu’arbitre, pour “lâcher du lest” par un remaniement gouvernemental”, précise-t-il. “Au lieu de suivre (…) la marche du monde, les plus hautes autorités du pays se réfugient dans la fuite en avant :  occupation policière de la capitale, propagande à la radio et à la télévision, annulation de tous les transports ferroviaires vers la capitale, investissement par la police des cités universitaires d’Alger ; ce n’est plus l’état d’urgence, c’est l’état de siège !”, s’indigne-t-il. Hier, d’importants renforts de police ont été dépêchés dans la capitale et, selon la presse, les services de sécurité “sont en état d'alerte maximum”. Le pouvoir laissera-t-il le RCD organiser pacifiquement la manifestation ou, au contraire, la réprimera-t-il au risque de voir l’action dégénérer et de se déjuger lui qui, durant les émeutes, avait déploré le fait que les jeunes n’aient pas recouru à des moyens pacifiques pour exprimer leurs doléances ? Dans les deux cas, l’initiative du RCD semble assurée du succès pour avoir brisé l’embargo qui pesait sur la vie publique, ce qui, d’ores et déjà, a revigoré les forces politiques et sociales.

Arab CHIH

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© Liberté du 22 janvier 2011


Après les mises en garde de la wilaya contre la marche à Alger

Bras de fer entre le RCD et les autorités

Dans un communiqué largement diffusé par la Télévision algérienne, les services de la wilaya d’Alger rappellent aux citoyens l’interdiction des marches à Alger et menacent contre tout «acte d’atteinte à l’ordre public». Le parti de Saïd Sadi maintient son appel aux citoyens pour marcher dans la capitale.

En réponse au maintien de la marche à laquelle a appelé le RCD, pour aujourd’hui à Alger, les services de la wilaya ont rendu public, jeudi dernier, un communiqué pour rappeler «l’interdiction des marches» dans la capitale et mettre en garde contre «tout acte d’atteinte à l’ordre public». Le message a bénéficié d’une large diffusion par la télévision. Sa lecture au JT de 20 heures annonce la mise en garde du chef de cabinet du wali d’Alger, qui ne s’adresse pas seulement aux Algérois mais également à la population des 48 wilayas du pays. Le communiqué de la wilaya ne cite même pas le nom du RCD, préférant désigner cette formation par «association à caractère politique». «Une association à caractère politique a appelé à l’organisation d’une marche le samedi 22 janvier, de la place de la Concorde, ex-1er Mai, vers le siège de l’Assemblée populaire nationale, sans autorisation des services administratifs. Les autorités rappellent que les marches à Alger se sont pas autorisées» et, de ce fait, «tout rassemblement sur la voie publique est considéré comme une atteinte à l’ordre public».

Mieux, le chef de cabinet du wali demande aux citoyens «de faire preuve de sagesse et de vigilance et de ne pas répondre à d’éventuelles provocations» destinées, selon lui, «à porter atteinte» à leur «tranquillité, quiétude et sérénité».
La réaction du RCD ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration publiée sur son site web, le parti de Saïd Sadi «remercie» la télévision «pour avoir contribué» à diffuser largement l’appel à la marche en «étant persuadé» qu’elle «ne manquera pas de la reprendre dans ses prochaines éditions».

Il rappelle à l’Unique que «l’association à caractère politique» à laquelle il est fait allusion dans le communiqué «porte un nom : le Rassemblement pour la culture et la démocratie, qui est un parti politique légal, dont les militants et les sympathisants ont payé, comme beaucoup d’Algériens, un lourd tribut pour voir nos concitoyens vivre dans la liberté et la dignité dans leur pays». De ce fait, il invite «l’ensemble des Algériennes et des Algériens, fiers du message de Novembre et de la Soummam et adhérant aux valeurs de l’Etat de droit à se mobiliser pour éviter le naufrage de l’Algérie». Le RCD explique que l’objectif immédiat de cette manifestation est «d’exiger la libération des détenus arrêtés lors des dernières manifestations, la levée de l’Etat d’urgence, la restauration des libertés individuelles et collectives garanties par la Constitution et, enfin, la dissolution de toutes les instances «élues», autant de revendications partagées par l’écrasante majorité de notre peuple». Le RCD rappelle que la demande d’autorisation qu’il a déposée «dans les temps et selon les règles» a été «refusée sans la moindre explication alors que des manifestations initiées par les clientèles du pouvoir ont été autorisées».

Il souligne sa décision «de refuser le régime des deux collèges, de sinistre mémoire dans notre pays, et de maintenir la marche populaire du 22 janvier. C’est le droit et le devoir de tous les patriotes d’agir par tous les moyens pacifiques pour honorer les martyrs d’hier et d’aujourd’hui qui se sont sacrifiés pour une Algérie démocratique et sociale plus menacée que jamais». Pour le RCD, «l’heure n’est plus aux tergiversations ou aux spéculations partisanes. Il est encore temps de sauver l’Algérie du chaos par un engagement citoyen à la mesure des enjeux. Nos aînés ont libéré la terre algérienne d’un ordre politique anachronique pour lui substituer un Etat démocratique et social. Le devoir de tout patriote algérien est d’honorer ce sacrifice et cette promesse».

Ainsi, le RCD campe sur sa décision de marcher à Alger. Entre lui et les autorités, le bras de fer est désormais engagé. L’enjeu reste inévitablement la rue. D’un côté, une administration qui ferme tout espace de liberté collective, de l’autre, un parti qui veut coûte que coûte faire entendre ses revendications. La crainte de dérapages pèse lourdement sur Alger où un important dispositif de sécurité est déployé, notamment pour filtrer ses accès de l’Est.

Salima TLEMÇANI

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© El Watan du 22 janvier 2011


Préparation de la marche

Ambiance festive au siège du RCD

Une ambiance festive régnait hier au siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), à vingt-quatre heures de la tenue de la marche populaire à laquelle il a appelé aujourd’hui.

Alger (Le Soir) – Cadres, dirigeants, étudiants, les militants du RCD étaient, hier, en train de boucler les derniers préparatifs pour la tenue de la marche d’aujourd’hui. «On est à fond», dira un militant rencontré devant l’entrée du siège du RCD à la rue Didouche- Mourad à Alger. Un groupe de cadres du parti, réunis au premier étage, attendant les autres membres, discutait de l’actualité du pays. Plusieurs points ont été abordés mais l’événement le plus important était bien évidemment la marche d’aujourd’hui. Sont-ils prêts ? «A cent pour cent», affirment-ils à l’unanimité. Rien n’arrêtera la manifestation, «ni les multiples tentatives de dissuasion pour que le mouvement n’ait pas lieu, ni la peur d’être tabassé par les forces de l’ordre et encore moins le mauvais temps», ont-ils assuré. L’ambiance était tout autre au deuxième étage. Une dizaine d’étudiants militants étaient en train d’apporter les dernières retouches aux pancartes. Ici tout le monde est occupé à faire quelque chose : un jeune se chargeait de donner des appels téléphoniques pour confirmer la participation des étudiants des autres wilayas, un autre enregistrait les confirmations, un groupe agrafait les photos de Bouteflika à côté de celles de Ben Ali sur des affiches, un autre s’occupait à préparer le drapeau national et des cartons rouges et une jeune fille terminait les derniers détails sur des tableaux qu’elle a peints pour l’occasion. Ils ont entre 20 et 23 ans et veulent participer à cette marche pour, entre autres, «interpeller les pouvoirs publics sur la situation des étudiants, notamment les diplômés». «Demain, nous serons diplômés et nous rejoindrons la liste des chômeurs », a souligné le jeune Yahiaoui, président de la section universitaire du RCD. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux devaient arriver hier. Pour ces étudiants, sans aucun doute «la marche sera un succès. 99% des étudiants que nous avons contactés ont confirmé leur participation ». 25 000 affiches ont été distribuées dans les campus universitaires pour informer les étudiants de cet événement. Le président du bureau régional du parti d’Alger, M. Oukali, a déclaré : «Nous marcherons pacifiquement pour dire d’une manière pacifique ce que nous voulons, on s’attend à des provocations et à ce que l’Etat nous crée des problèmes, comme de tradition, mais s’il y a caillassage, ce ne sera pas nous.» Ce dernier a promis une marche «festive». Et beaucoup plus, puisque selon lui, des pièces théâtrales seront organisées lors de la marche. D’ailleurs, nous affirme-t-on, des étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts se joindront à la marche. Pour rappel, le RCD appelle à la libération de tous les prisonniers arrêtés lors des dernières manifestations, à la levée immédiate de l’état d’urgence, à l’ouverture du champ politique et médiatique et à la restauration de toutes les libertés individuelles et collectives garanties par la Constitution, ainsi qu’à la dissolution de toutes les institutions élues. «Nous y serons», ont tenu à rappeler les militants, qui ne doutent pas de la mobilisation citoyenne.

Salima AKKOUCHE

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© Le Soir d'Algérie du 22 janvier 2011


Rassemblement aujourd'hui, à Paris, en solidarité avec le peuple algérien

Appel du RCD France

A l’appel du RCD France, un rassemblement de solidarité avec le peuple algérien est organisé cet après-midi (samedi 22 janvier) à 15h à la place de la République, à Paris. L’information sur ce rassemblement, relayée par de nombreuses associations, est soutenue par le communiqué ci-après du parti de Saïd Sadi.

Devant la répression, le mutisme et le mépris réservés par le pouvoir aux revendications de la jeunesse, huit Algériens viennent de s’immoler. Parmi eux, un est déjà décédé. Le RCD France assure la famille de ces victimes de sa fraternelle solidarité. Depuis l’Etoile nord-africaine, l’émigration algérienne a toujours été aux côtés des forces démocratiques dans les périodes décisives pour la construction d’une Algérie démocratique et sociale, malgré la stigmatisation dont elle est l’objet de la part des pouvoirs en place depuis 1962. Aujourd’hui, la communauté nationale expatriée suit avec inquiétude et indignation la situation qui prévaut sur la scène algérienne. L’Algérie de Novembre et de la Soummam mérite mieux que la misère, l’arbitraire et le discrédit international dans lequel l’enfonce, chaque jour un peu plus, un régime illégitime et prédateur. Par fidélité à nos aînés et devoir citoyen, le RCD France, qui a pris part aux différentes marches initiées par nos frères tunisiens, appelle à un rassemblement de solidarité avec le peuple algérien à la place de la République le samedi 22 janvier 2011 à 15h pour exiger :

  • la libération de tous les prisonniers arrêtés lors des dernières manifestations ;
  • la levée immédiate de l’état d’urgence, dont la seule fonction est d’étouffer la vie publique et de couvrir la corruption ;
  • l’ouverture du champ politique et médiatique et la restauration de toutes les libertés individuelles et collectives garanties par la Constitution ;
  • la dissolution de toutes les institutions élues. Vive la jeunesse algérienne, vive l’Algérie démocratique et sociale.

RCD France

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© Le Soir d'Algérie du 22 janvier 2011


Les opposants du dernier quart d'heure !

Quelle est la différence entre la Tunisie et l’Algérie ? A Tunis,
la rue crie «RCD dégage !» A Alger, c’est le Palais qui gueule...

... «RCD dégage !»

C’est frappant. La manière dont la marche du RCD qui doit se tenir aujourd’hui, qui se tiendra quelle qu’en soit l’issue, a été traitée par la télévision. Ambiance nordcoréenne ou birmane saupoudrée d’une température brejnévienne. On ne nomme même pas le parti initiateur de cette marche. On évoque, avec une lippe dédaigneuse, «une association à caractère politique». Et l’on s’empresse ensuite de relayer le communiqué en béton armé de la wilaya d’Alger en précisant bien, en surlignant au gros feutre rouge, que cette marche est «interdiiiiiiiiiiite ! ». Audelà du procédé stalinien, au-delà de la petitesse de cette méthode, je préfère, moi, me projeter. Dans un futur plus ou moins proche. Proche, inch’Allah ! Ce futur, j’en suis d’ores et déjà convaincu, qui verra les mêmes femmes et hommes des médias lourds venir sans ambages, toute honte bue, affirmer devant l’opinion et les caméras médusées qu’ils ont toujours été contre la dictature du Palais. Peut-être même verrons-nous les mêmes visages qui stigmatisent aujourd’hui le RCD se placer en tête de cortèges demandant la traduction des dirigeants chassés du pays devant de hautes juridictions et leur embastillement. Allez ! Je prends même le pari. Ceux dont la bouche est apparemment trop «propre» pour prononcer ces trois lettres «R» «C» «D» aujourd’hui, préférant emplir leur cavité buccale et nos écrans d’autres mots comme «Interdit», ceux-là précisément gueuleront le plus fort le jour où la rue éjectera les «museleurs» du Palais. Le RCD redeviendra à leurs yeux fréquentable, voire même héroïque. On peut juste s’amuser de tels revirements. S’il ne s’agissait pas de marche populaire, et de risques de dérapages policiers pouvant entraîner mort d’hommes. Donc, je ne m’amuse pas de telles couardises. Car c’est maintenant, consœurs et confrères qu’il faut parler. Oser braver la citadelle. Après, la position la plus «digne», la moins infâme, ça sera juste de se la boucler. En espérant la mansuétude de ceux que vous désignez aujourd’hui au bûcher et à la mitraille. Demain, lorsque les odeurs de jasmin auront enfin submergé les rues d’Algérie après avoir embaumé celles de Tunisie, il sera trop tard pour vous découvrir des velléités démocrates ou pour raconter devant les caméras d’Al Jazeera, de France 24, d’i Télévision ou de CNN que de tout temps, vous avez été contre la tyrannie. Yaw fakou ! C’est maintenant qu’il faut vous indigner ou vous taire. A jamais ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

Hakim LAÂLAM

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© Le Soir d'Algérie du 22 janvier 2011


PÉTITION

Ensemble, pour un changement démocratique

La chute brutale du régime dictatorial  de Zine Al Abidine Ben Ali par la juste action du peuple tunisien ouvre une nouvelle situation politique dans un Maghreb lié par un destin commun. Cette revendication pour la liberté et le changement s’exprime de différentes manières depuis longtemps en Algérie. Des milliers de jeunes algériens de toutes les régions du pays, exclus, démunis, sans espoir pour leur avenir, ont répondu à l’enfermement dans lequel est tenue la société algérienne par le seul moyen à sa disposition : l’émeute. Ils ont exprimé les frustrations de tout un peuple. Ils ont payé de leurs vies et de leur intégrité physique leur rejet de cet ordre étouffant. Cette irruption d’explosion sociale est, en réalité, une expression permanente par la fracture et l’émeute  depuis octobre 1988.

Le gouvernement a choisi de lui donner une seule explication : la hausse du prix des produits de base. La crise de janvier n’est pas soluble dans l’huile. La tentative du pouvoir et de ses médias de délégitimer les manifestants est vaine. Le pouvoir dépense sans compter et sans contrôle  depuis qu’il dispose de grands revenus énergétiques. Mais les émeutes, les mouvements sociaux, n’ont jamais été aussi nombreux que ces dernières années : relogement, eau, route, électricité, Hogra, emploi, exclusion, le nombre de foyers de tensions se comptent par milliers sur l’année. La corruption, le déni des droits alimentent le désespoir social. Aujourd’hui, partie de Sidi Bouzid, la vague d’immolations par le feu de citoyens algériens désespérés ravage le pays. La situation est grave.

Le pouvoir est seul face au désarroi et à la colère des Algériens. Il ne compte que sur l’Etat d’urgence permanent, la répression policière, la manipulation et le verrouillage médiatique. C’est le résultat d’un étouffement sans précédent de la vie publique nationale. Droit d’organisation, de réunion, de manifestation, d’association, libertés syndicales, libertés d’expression, tout à été retiré aux citoyens ne leur laissant de recours que la Harga, les émeutes et le suicide incendiaire.

Comme en Tunisie, les viols de la constitution et l’instauration d’un système de présidence à vie en Algérie, ont précipité le pays dans une impasse dramatique.

Nous signataires de la présente déclaration,

  • Affirmons notre détermination à refuser la fatalité de cette crise nationale. L’Algérie n’a pas payé le tribut dramatique de dizaines de milliers de victimes d’une guerre civile pour vivre perpétuellement sous un ordre autocratique, liberticide, producteur d’impasses, de morts et de régression
  • Saluons le combat magnifique du peuple tunisien et le soutenons pour avancer vers un Etat de droit
  • Décidons de mettre en commun nos énergies et notre foi en une Algérie forte par sa combativité, pour construire ensemble un nouveau cadre d’expression libre en faveur de l’ouverture et du changement démocratique
  • Soutenons et appelons à la convergence de toutes les autres initiatives de citoyens, d’associations, de syndicats et de partis politiques allant dans le sens de la levée du carcan sur la vie publique et pour l’avènement de l’alternance démocratique en Algérie.

Les Signataires :

• Fodil Boumala (Universitaire-Journaliste)
• Ihsane El Kadi(Journaliste)
• Mohamed Lakhdar Maougal (Universitaire)
• Haidar Bendrihem(Universitaire,Ancien député)
• Mohamed Hennad(Universitaire)
• Zoubir Arous (Universitaire)
• Ahcène Bechani (Universitaire)
• Ramdane Moulla (Ancien député)
• Abed Charef (Journaliste-écrivain),
• Said Boudiaf (Ancien Moudjahid)
• Boussad Ouadi (Editeur)
• Kamel Slahdji (Cadre d’entreprise)
• Redouane Boudjemâa (Universitaire)
• Nasreddine Lezar(Avocat)
• Ali Kessaissia(Universitaire)
• Ahmed Rouadjia(Universitaire, Ecrivain)
• Mustapha Heddad (Universitaire)
• Youcef Lakhdar Hamina (Universitaire)
• Amar Manâa (Universitaire)
• Said Djaafer (Journaliste),
• Farid Cherbal (Universitaire),
• Ouali Ait Yahia (Universitaire),
• Nourredine Ahmine (avocat),
• Smain Mohamed (Militant droits humains),
• Yassine Temlali (Journaliste),
• Ali Ihaddadène (Cadre financier).
• Mohamed Bouazdia (Journaliste)
• Ahcène Khellas (Universitaire)

Contact et signatures :
algerie.changement@gmail.com

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© Le Matin du 21 janvier 2011


 

 LE RÉGIME PANIQUE 

 

Marche non-autorisée à Alger

La wilaya appelle les citoyens à la sagesse et à la vigilance

ALGER - La wilaya d'Alger a appelé, dans un communiqué rendu public jeudi, les citoyens à faire preuve de "sagesse et de vigilance", et à "ne pas répondre à d'éventuelles provocations", lors de la marche "non-autorisée" qu'une association à caractère politique compte organiser dans la capitale, le samedi 22 janvier. "Il est demandé aux citoyens de faire preuve de sagesse et de vigilance, et de ne pas répondre à d'éventuelles provocations destinées à porter atteinte à leur tranquillité, leur quiétude et à leur sérénité", lit-on dans ce communiqué qui rappelle que "les marches à Alger ne sont pas autorisées", et que "tout rassemblement sur la voie publique est considéré comme une atteinte à l'ordre public". Selon le communiqué de la wilaya d'Alger, une association à caractère politique a appelé à l'organisation d'une marché le samedi, 22 janvier 2011, de la Place de la Concorde, ex-Place du 1er mai, vers le siège de l'Assemblée populaire nationale, "sans autorisation des services administratifs compétents".   

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© APS, 20 janvier 2011


Ils se sont déplacés à Alger pour participer à la marche du RCD

Des étudiants de Tizi Ouzou interceptés à Bab Ezzouar

Transportant des étudiants voulant participer à la marche initiée par le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), trois bus en provenance de Tizi Ouzou ont été arrêtés à un barrage de police à Bab Ezzouar, a-t-on appris auprès de témoins sur place. « Nous avons démarré vers 14 h de la ville. Une fois devant le barrage, les agents de police ont ordonné aux chauffeurs de rebrousser chemin », explique Adil, étudiant en droit à l’Université de Tizi Ouzou. « Donc on a décidé de descendre des bus et de continuer le chemin à pied vers le centre-ville », affirme-t-il. « Certains sont déjà arrivés mais il y en a d’autres qui ne connaissent pas très bien la capitale. Là, on est en train de les chercher », ajoute-t-il.

Les autorités algériennes ont déployé un important dispositif de sécurité à Alger et à l’est de la capitale en prévision de la marche du RCD ce samedi. Outre des habitants de la capitale, des marcheurs d’autres Wilayas sont attendus ce samedi à Alger pour prendre part à la manifestation.

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© Tout Sur l'Algérie, 21 janvier 2011


 À quelques heures de la marche du RCD

Renforts policiers dans la capitale

Une présence policière, certes timide, était visible hier, dans la capitale, à quelques heures de la marche à laquelle a appelé le RCD. Des points de contrôle ont été dressés aussi bien à l’entrée que dans les principales artères d’Alger.
Alger (Le Soir) - Selon des sources sécuritaires, «le dispositif policier mis en place n’obéit à aucune considération particulière ». «C’est un dispositif ordinaire», expliquet-on. Il y a quelques jours, soit au lendemain des émeutes qui avaient secoué le pays, des dizaines de policiers étaient postés dans différents lieux sensibles de la capitale. Au niveau de la place du 1er-Mai, plus précisément devant le siège de la Centrale syndicale, un nombre important de camions des brigades antiémeutes attendent un éventuel mouvement de rue. Aux Trois-Horloges, à Bab-El- Oued, et non loin du commissariat du 5e arrondissement, le même dispositif a été mis en place avec le fameux blindé anti-émeutes, appelé «moustache». Devant le siège de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la même exhibition de force est constatée. Le palais d’El-Mouradia, siège de la présidence de la République, demeure sous l’œil vigilant d’un ensemble de véhicules policiers dirigés par des officiers. Les barrages de police et de gendarmerie dressés à l’entrée de la capitale ont été également renforcés et ne seront pas levés de si tôt. Le ministre de l’Intérieur, Dahou Ould-Kablia, avait indiqué que ces points de contrôle sont «absolument obligatoires», pour sécuriser la capitale. «Je partage la préoccupation des citoyens qui se plaignent des points de contrôle très lourds à l'entrée de la ville (Alger, ndlr), mais ils sont absolument obligatoires», a déclaré M. Ould-Kablia lors d'un point de presse animé en marge de la cérémonie d'installation du nouveau directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), le général Abdelghani Hamel. Cela dit, la capitale a connu hier avec la très forte baisse de température une ambiance morose. La trêve footballistique décrétée par les instances fédérales a visiblement contribuée à donner à la capitale un climat particulier. Selon des observateurs, ce genre de mesure dénote la crainte de voir tout rassemblement populaire se transformer en manifestation. Les activités culturelles ont, elles aussi, été suspendues jusqu’à nouvel ordre.

A. BETTACHE

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© Le Soir d'Algérie du 22 janvier 2011

LE RASSEMBLEMENT POUR LA CULTURE ET LA DÉMOCRATIE (RCD)

Communiqué

La marche du 22 janvier est maintenue

Comme prévu et annoncé dans notre communiqué précèdent, le pouvoir engage ses média lourds pour annoncer au journal de 20 heures qu'une "association à caractère politique" a programmé l'organisation d'une marche pour le samedi 22 janvier à 11 heures allant de la place du 1er mai au siège de l'APN, avant d'ajouter qu'elle est interdite. Nous remercions la télévision algérienne d'avoir contribué à élargir l'information autour de cette manifestation pacifique. Nous tenons cependant à apporter les précisions suivantes que la télévision nationale, chargée d'assurer un service public, ne manquera pas, nous en sommes persuadés, de reprendre dans ses prochaines éditions.

1) " L' association à caractère politique" à laquelle font allusion la radio et la télévision nationales porte un nom. Elle s'appelle le Rassemblement pour la culture et la démocratie qui est un parti politique légal, dont les militants et les sympathisants ont payé, comme beaucoup d'Algériens, un lourd tribu pour voir nos concitoyens vivre dans la liberté et la dignité dans leur pays;
2)   La marche a une motivation : inviter l'ensemble des Algériennes et des Algériens, fiers du message de novembre et de la Soummam et adhérant aux valeurs de l'Etat de droit, à se mobiliser pour éviter le naufrage de l'Algérie;
3)   La marche a aussi un objectif immédiat: exiger la libération des détenus arrêtés lors des dernières manifestations, la levée de l'Etat d'urgence, la restauration des libertés individuelles et collectives garanties par la constitution et, enfin, la dissolution de toutes les instances "élues", autant de revendications partagées par l'écrasante majorité de notre peuple.

La demande d'autorisation déposée dans les temps et selon les règles ayant été refusée sans la moindre explication alors que des manifestations initiées par les clientèles du pouvoir ont été autorisées, nous décidons de refuser le régime des deux collèges, de sinistre mémoire dans notre pays, et de maintenir la marche populaire du 22 janvier. C'est le droit et le devoir de tous les patriotes d'agir par tous les moyens pacifiques pour honorer les martyrs d'hier et d'aujourd'hui qui se sont sacrifiés pour une Algérie démocratique et sociale plus menacée que jamais.

Gloire à nos martyrs,
Vive l'Algérie démocratique et sociale.

Le RCD
Alger, le 20 janvier 2010

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La mise en ligne jeudi 20 janvier 2011, à 22:40


LE RASSEMBLEMENT POUR LA CULTURE ET LA DÉMOCRATIE (RCD)

Communiqué

Affolement, irresponsabilité et fuite en avant

Rentré d’Egypte le 20 janvier, le chef de l’Etat a instruit en personne les médias lourds (télévisions et radios) pour rappeler l’interdiction de la marche du 22 janvier. Le chef de l’Etat suggère qu’après cette interdiction, il interviendrait, en tant qu’arbitre, pour « lâcher du lest » par un remaniement gouvernemental. Le scénario est malheureusement connu : réprimer, intimider et courir derrière l’Histoire en cédant trop peu, trop tard et trop mal.

En tant que citoyens algériens, nous revendiquons le droit de marcher pacifiquement dans notre capitale. Nous n’avons ni plus ni moins de droits que des organisations affiliées à la famille régnante, qui, elles, sont encouragées à manifester partout et quand elles le veulent.

Au lieu de suivre la voix de la raison et de la sagesse, au lieu de suivre, faute de l’anticiper, la marche du monde, les plus hautes autorités du pays se réfugient dans la fuite en avant : occupation policière de la capitale ; propagande à la radio et à la télévision (pourquoi donner la parole à l’UGTA et pas à ses contradicteurs ?) ; annulation, dès aujourd’hui, de tous les transports ferroviaires vers la capitale, investissement par la police des cités universitaires d’Alger qui en contrôle entrées et sorties ; ce n’est plus l’Etat d’urgence, c’est l’Etat de siège !

Le choix qui s’offre à l’Algérie est simple : changer ou se désintégrer.

C’est pour l’honneur et la dignité de notre pays, le sacrifice et l’avenir de nos enfants que nous maintenons la marche populaire du 22 janvier.

Gloire à nos martyrs

Vive la jeunesse algérienne

Vive l’Algérie démocratique et sociale.

Le RCD
Alger, le 21 janvier 2010

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La mise en ligne vendredi 21 janvier 2011, à 17:02


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