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Barde au verbe sulfureux jusqu’à
la subversion, Lounes MATOUB, en homme de tous les combats
justes, passait déjà pour une légende
vivante... Il disait toujours haut ce que nous, les
« sans langue », pensons tout
bas. Aussi, il n’est pas moins vrai que son ton passionné
cachait mal une âme torturée de poète
maudit. Il avait chanté la femme aimée,
puis l’amertume de la séparation et de l’amour
impossible ; l'exil, en termes de déchirements;
tamazight (le berbère), langue millénaire,
mais prise en otage par les gardiens du Temple; les
vicissitudes de la vie, les avatars et le malaise de
la société, la jeunesse et ses déboires;
la mort dont il se foutait, à la limite de la
raillerie. Ses visions, pour ne pas dire certitudes,
d'un Avenir en dénouement heureux. Qu'il faudra
bien qu'un jour les larmes fassent place au sourire,
la haine à l'amour, l'ignorance et le mépris
à la culture, l'intelligence... Les dégoûts
à l'espoir. Mais aussi la femme Algérie.
Disons, un long processus d’aboutissement à un
amour polychrome, au sens katébien. Lequel aboutissement
le conduira fatalement à commettre le péché
suprême. Il aimait à corps perdu son pays,
l’Algérie. Jusqu’à ce qu’un 25 juin 1998,
au détour d’une route menant à Taourirt
Moussa (son village natal, en Kabylie), des « chasseurs
de lumières » le
surprirent à mi-course. Nous nous découvrîmes
soudain orphelins... Le vide laissé par sa tragique
disparition est tellement immense.
Mohamed
Ziane-Khodja

Congrès Mondial Amazigh

Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie







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