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Chaque jour les autorités publiques démasquent
leur intention de mettre la presse au pas. Mourad Mhamed, journaliste au quotidien
El Khabar vient d'être placé sous contrôle judiciaire, tandis
que ses sources, deux policiers et un ami qui lui a transmis des documents sont
mis sous mandats de dépôt pour "publication de documents portant
atteinte à l'intérêt national".
Ils ont tous subi des pressions intolérables avant d'être
présentés devant la justice. Leur crime a été de
mettre en lumière les pratiques des groupes terroristes qui tentent de
recruter les bénéficiaires des mesures de mise en œuvre de la
charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ils sont ainsi désignés
comme coupables et rejoignent Mohamed Benchicou dans des geôles vidées
des assassins et maintenant remplies par ceux qui ont dénoncé
les crimes terroristes et ceux qui les ont combattus. A nouveau ce sont le droit
à l'information des citoyens et la protection des sources des journalistes,
éléments essentiels constituant la liberté de la presse,
qui sont bafoués sans s'encombrer de la moindre apparence pour piétiner
les libertés. Ceci pose plus que jamais la question de la réforme
de la législation devant protéger la presse et des pratiques visant
à instrumentaliser la justice et les magistrats, d'autant que les procès
en diffamation se multiplient et que l'on traîne devant les tribunaux
le correspondant d'El Watan à Béchar et celui d'El Bilad à
Chlef. Le Comité Benchicou pour les libertés s'insurge contre
de telles mesures. Il demande l'abandon des poursuites et exige la libération
immédiate des personnes incarcérées dans cette nouvelle
cabale contre la presse.
Alger, le 2 avril 2006
Pour la seconde fois en l’espace de quatre mois, Mohamed Benchicou est distingué par un prix international en hommage à son combat pour la liberté de la presse et la liberté d’expression. En attribuant à Mohamed Benchicou le prix de la liberté d’écrire pour l’année 2006, le centre américain Pen a choisi d’honorer un journaliste algérien injustement condamné et arbitrairement détenu depuis 22 mois, lui reconnaissant de facto le statut de détenu d’opinion. Par ce prix, le Pen Club a, par ailleurs, voulu, sans nul doute, réprouver la conduite d’un régime qui veut se parer de toutes les vertus démocratiques dans les tribunes officielles internationales, tout en n’hésitant pas à recourir au mensonge et à la machination abjecte pour avilir un journaliste avant de l’envoyer croupir dans une cellule de prison. Aussi, la prestigieuse distinction tombe-t-elle à point nommé comme pour témoigner de l’écho retentissant de l’affaire Benchicou auprès de l’opinion internationale, en dépit des tentatives obstinées du régime d’imprimer une flétrissure définitive à la réputation d’un journaliste résolument engagé dans le combat pour la liberté d’expression. A ces tentatives, vaines au demeurant, s’est joint de façon aussi inattendue que lamentable l’actuel président du Parlement européen. L’opinion algérienne n’a, quant à elle, jamais douté des motivations politiques qui ont conduit Benchicou en prison et son journal à la liquidation : Le Matin est un journal indépendant, critique et son directeur dérange, agace et « bouscule », par ses seuls écrits, les puissants du moment. C’est cette seule vérité qui a dû guider le choix du jury du Pen Club. Au-delà, la décision de distinguer Benchicou, que la puissante organisation mondiale des écrivains sait persécuté pour ses écrits, est un message de solidarité et de soutien aux écrivains, journaliste, artistes et autres créateurs algériens dont le premier devoir est de défendre la liberté d’expression pour en garantir l’irréversibilité en Algérie.
Alger, le 28 mars 2006
Paris, 28 mars 2006
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Chers confrères et amis,
L'une des
plus grandes organisations d'écrivains dans le monde , le centre
américain Pen International présidé par Salman Rushdie,
a décerné à Mohamed Benchicou, directeur du Matin, et auteur
de « Bouteflika, une imposture algérienne », le
prix Barbara Goldsmith freedom to write (liberté d'écrire) pour
l'année 2006.
Chaque
année, PEN International
décerne le prix Barbara Goldsmith Freedom to Write à deux lauréats.
Pour la vingtième année consécutive, l'organisation rend
hommage aux écrivains internationaux persécutés ou emprisonnés
pour avoir défendu le droit universel à la liberté d'expression.
Cette année, le prix a été attribué à Mohamed
Benchicou et à l'historien et correspondant
pour Radio Free Europe, Rakhim Esenov,
interdit de quitter son pays, le Turkménistan, et d'y publier ses oeuvres.
Dans un
message de félicitations qui m'a été adressé au
nom des 3 100 membres de l'organisation, Pen International me dit
« avoir suivi avec beaucoup d'intérêt le cas de Mohamed
Benchicou et avoir protesté contre son emprisonnement. » « En
attribuant ce prix à Mohamed Benchicou, m'écrit Anna Kushner,
responsable du programme Freedom to write au Pen american center, nous
voulons démontrer au reste du monde notre soutien à sa cause,
et exercer une pression internationale pour sa libération. ».
« En attendant, ajoute t elle,
il peut compter sur l'admiration et le soutien de tous les membres du centre
Américain PEN
International et des
écrivains dans le monde. »
Il
va de soi que cette nouvelle me remplit de bonheur, car elle vient couronner
le combat algérien pour la liberté d'expression mené par
les journalistes, les hommes de plume et par tous les citoyens et citoyennes
conscients qu'elle n'est pas dissociable des autres libertés démocratiques
chèrement acquises. Cette distinction de Mohamed Benchicou illustre clairement
un bond en avant dans la reconnaissance de ce combat par l'opinion internationale.
C'est
pourquoi je vous remercie d'avance de consacrer à cette information la
place qu'elle mérite en ces temps de turbulences pour la presse libre
dans notre pays.
Pen International est une organisation mondiale d'écrivains
présente dans 99 pays avec 141 centres. Son but est de promouvoir l'amitié
et la coopération intellectuelle entre écrivains du monde entier
et de lutter pour la liberté d'expression.
Salutations
confraternelles.
04 mars 2006
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COMMUNIQUÉ
L’auteur de la célèbre phrase-ritournelle,
le chroniqueur du journal Le Soir d’Algérie, Hakim Lâalam, vient
d’être condamné par la cour d’appel d’Alger à six mois de
prison ferme. En première instance, Lâalam avait écopé
de la même peine, mais avec sursis.
Le cauchemar continue, en effet, pour la petite communauté de journalistes
algériens dont trois membres sont déjà sous les verrous.
Le rouleau compresseur actionné par la justice, un certain 14 juin 2004,
date à laquelle Mohamed Benchicou, directeur du Matin, avait été
jeté en prison et son journal liquidé, continue à broyer
inexorablement les professionnels des médias privés dans une indifférence
quasi totale.
Une menace avérée pèse sur au moins 18 journalistes condamnés
en 2005 à de lourdes peines de prison. Trois directeurs de journaux :
Fouad Boughanem (Le Soir d’Algérie), Ali Djerri (El Khabar) et Omar Belhouchet
(El Watan) cumulent à ce jour respectivement, 13, 11 et 10 condamnations
pour délits de presse. Le caricaturiste du journal Liberté, Ali
Dilem, lauréat de plusieurs prix internationaux, a été
condamné 12 fois pour délit d’humour, alors que Benchicou, harcelé
par la justice jusque dans sa cellule de prison, totalise pour l’instant, à
lui seul, 32 procès pour délit de presse.
De là à considérer les journalistes et les dirigeants de
journaux parmi les plus importants, faut-il le rappeler, comme “délinquants
multirécidivistes”, il n’y a qu’un pas que l’appareil judiciaire, totalement
inféodé au régime, n’a pas hésité à
franchir, ravalant l’Algérie à un rang indigne des sacrifices
de ses enfants.
Face à ce vrai putsch contre les libertés constitutionnelles,
le Comité Benchicou pour les Libertés ne cessera pas d’alerter
l’opinion interne et internationale sur ces atteintes multiples à la
liberté de la presse et, à travers elles, à l’idéal
démocratique dans ce pays.
Convaincu que la liberté de presse est un acquis citoyen et sa défense
un devoir qui s’impose à tous, il appelle, de nouveau, les Algériennes
et les Algériens à s’opposer, dans un sursaut pacifique et émancipé,
aux actes liberticides du régime en place en disant non à la mise
à mort de la liberté de la presse.
Alger, le 3 mars 2006
23 février 2006
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DÉCLARATION
Le journaliste Bachir Laârabi, jeté en prison pour ses écrits le 21 janvier 2006, est libre après avoir purgé la totalité de la peine à laquelle il avait été condamné. Comme pour Mohamed Benchicou, enfermé à la prison d’El Harrach depuis près de 20 mois, son incarcération avait soulevé un tollé général auquel sont venues s’ajouter les vives inquiétudes exprimées suite à la condamnation de 18 journalistes algériens à la prison ferme, sans que le régime, otage de son arrogance, ne se détourne de sa détermination obsessionnelle à liquider la liberté de presse et aliéner l’ensemble de la société. L’acharnement avec lequel les syndicats libres sont réprimés par le régime en place agissant par l’entremise d’une justice totalement assujettie, la hargne avec laquelle sont poursuivis les journalistes, notamment les correspondants de presse, livrés aux potentats locaux, sont symptomatiques d’une dérive totalitaire qu’il serait suicidaire d’ignorer. Unir les citoyens et fédérer les forces saines de la nation autour de la défense des libertés, en premier lieu la liberté de presse et la liberté d’expression, est le minimum exigé dans cette conjoncture grosse de tous les dangers pour le devenir démocratique de l’Algérie. Aussi, le Comité Benchicou pour les libertés réitère-t-il son appel à une mobilisation citoyenne, pacifique et émancipée, pour dire non à la mise à mort de la liberté de la presse. Convaincu que la liberté d’écrire, la liberté de dire sont l’affaire de tous, le Comité Benchicou pour les libertés en appelle à la responsabilité de chaque citoyen pour exiger l’abrogation pure et simple des articles 144 et 144 bis du code pénal.
Le Comité Benchicou pour les libertés
Alger, le 22 février 2006
15 février 2006
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Sans surprise, le deuxième mois de l’année
2006 enregistre de nouveaux cas d’emprisonnement de journalistes : deux
directeurs de journaux privés mis sous mandat de dépôt au
motif d’atteinte aux symboles de l’Islam.
Sans préjuger des tenants de ces nouvelles affaires et des suites qui
leur seront réservées, force est d’admettre que c’est la liberté
de la presse même qui est à chaque fois visée. De même,
les arguments « juridiques » pour jeter des journalistes
en prison ne sont que des prétextes fallacieux pour désigner à
la désapprobation générale des professionnels des médias,
présentés, au gré des conjonctures, tantôt comme
des délinquants, tantôt comme des blasphémateurs, en somme
de dangereux criminels à mettre au ban de la société. La
justice et les magistrats, censés être les garants de l’exercice
des libertés constitutionnelles, s’en trouvent, de nouveau, instrumentalisés,
pour frapper les journalistes, devenus la cible toute indiquée d’un régime
affolé à l’idée de voir les vrais scandales étalés
sur la place publique. Il s’agit, en l’occurrence, pour le pouvoir, de tenter
une diversion supplémentaire et de créer de nouveaux amalgames.
Fidèle à son intime conviction qu’aucun journaliste ne doit être
emprisonné pour ses écrits, le Comité Benchicou pour les
libertés réitère l’urgence de l’abrogation pure et simple
des articles 144 et 144 bis du code pénal, dont la nécessité
se fait plus que jamais ressentir. Il attend des autorités publiques
qu’elles mettent un terme à la guerre déclarée contre la
liberté de la presse et la liberté d’expression qui se traduit
par ce harcèlement obsessionnel des journalistes algériens.
Le Comité Benchicou pour les libertés
Alger, le 14 février 2006
31 janvier 2006
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Comme nous le craignions, l’année 2006 débute avec
l’emprisonnement d’un autre journaliste. Bachir Larabi s’en est allé
rejoindre derrière les barreaux Mohamed Benchicou, enfermé depuis
19 mois et seize jours dans une cellule d’El-Harrach. 18 journalistes au moins,
condamnés à la prison ferme courant 2005, risquent, à leur
tour, d’être embastillés à tout moment. D’autres journalistes
sont désormais éligibles à la prison et au vu de la cascade
de procès intentés aux journalistes, nous redoutons une véritable
hécatombe dans les rangs de la presse dans les prochains jours. Ce triste
palmarès, détenu par l’Algérie des années 2000,
est le résultat d’un climat de tension sciemment entretenu par le régime
pour tuer ce qui reste de liberté dans la presse, avant de liquider les
autres libertés. Toutes les libertés. Parce que la liberté
de la presse est mère de toutes les libertés. Parce qu’il ne saurait
y avoir de débat public, démocratique et sain en l’absence de
médias libres et de journalistes indépendants. Parce que sans
liberté d’expression, l’Etat de droit, le pluralisme et la démocratie
tant vantés par nos gouvernants sont tout simplement un leurre, nous disons non à la mise à mort de
la liberté de la presse !
Nous, signataires de la présente déclaration : journalistes, organisations
de défense des droits de l’homme, syndicats, partis politiques, organisations
de la société civile..., citoyens exigeons :
1- la cessation immédiate du harcèlement systématique sauvage
qui a pris pour cible les journalistes ;
2- la libération de Mohamed Benchicou et Bachir Larabi et la relaxe des
journalistes condamnés à des peines de prison ferme ;
3- l’abolition des articles prévoyant des peines de prison et des amendes
exorbitantes pour diffamation : l’article 144 bis s’étant révélé
à l’application une arme absolue pour détruire massivement la
presse ;
4- l’adoption d’une loi qui promeut la liberté de la presse et protège
le journaliste dans l’exercice de son métier, tel qu’il en existe dans
les régimes démocratiques, en remplacement de l’actuel code de
l’information.
Pour appuyer le combat pour la liberté de la presse et la liberté
d’expression en Algérie, nous appelons instamment :
Alger, le 30 janvier 2006
29 janvier 2006
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Au moment où s’étend l’élan de
solidarité avec le correspondant d’El Khabar, Bachir Larabi, à
El Bayadh, emprisonné depuis le 21 janvier à Aïn Sefra (Naâma),
le Comité Benchicou pour les libertés lance un appel à
un rassemblement, demain, à la maison de la presse Tahar Djaout (Alger).
Ce rassemblement se tiendra dans le but de dénoncer l’emprisonnement de journalistes et de mobiliser la société civile afin que le harcèlement judiciaire contre la presse cesse. C’est aussi pour exiger la libération de Mohamed Benchicou, qui est en prison depuis plus de 19 mois et de Bachir Larabi, jugé et condamné par contumace à un mois de prison ferme. L’appel du Comité Benchicou est destiné à tout citoyen « préoccupé par la dangereuse escalade contre la presse libre ».
Le Comité Benchicou pour les libertés
Mokrane Aït-Ouarabi
28 janvier 2006
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L’emprisonnement de Mohamed Benchicou, séquestré
à El-Harrach depuis le 14 juin 2004, avait donné le signal à
l’entreprise de mise au pas de la presse algérienne que vient de confirmer
la récente incarcération de Bachir Larabi, correspondant d’ El
Khabar à El Bayadh. 18 journalistes, au moins, condamnés à
la prison ferme en 2005 risquent à tout moment de rejoindre derrière
les barreaux Benchicou et Larabi. La liberté de la presse est sérieusement
menacée.
Le Comité Benchicou pour les libertés
Alger, le 27 janvier 2006
Alger, 24 janvier 2006
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Le correspondant du journal El Khabar à El Bayadh, Bachir
Larabi, est en prison depuis dimanche. Son journal affirme que Larabi était
sous le coup d'un mandat d'arrêt émis la veille de son incarcération
par le tribunal de Naâma et suivi immédiatement d'effet par l'arrestation
du journaliste à son domicile pour être conduit à la prison.
Cette incarcération qui inaugure l'année 2006 annonce une escalade
programmée de la répression de la liberté de la presse
et apporte un démenti cinglant aux propos des plus hauts dirigeants du
pays selon lesquels «aucun journaliste n'est en prison pour ses écrits».
La promptitude de l’appareil judiciaire à sévir contre le journaliste
est pour le moins frappante au vu des lenteurs légendaires de la machine
dans le traitement des dossiers de justice. L'épisode Larabi renseigne,
on ne peut mieux, sur les visées réelles d'un régime pressé
d'en finir avec la liberté de la presse, voire avec le métier
de journaliste, à un moment où la contestation sociale gronde
et la corruption atteint des sommets jamais égalés.
Rappelant qu'il a récemment rendu publique une liste nominative de
journalistes condamnés au cours de la seule année 2005 à
de lourdes peines de prison, le Comité Benchicou pour les libertés
réitère sa vive inquiétude de voir ces journalistes, probablement
d'autres aussi, connaître dans les prochains jours le sort de Larabi
et avant lui de Benchicou qui croupit en prison depuis près de 20 mois.
Tout en alertant l’opinion interne et internationale sur les dérives
liberticides avérées du régime algérien, le comité
Benchicou exhorte les journalistes algériens à se ressaisir pour
faire face ensemble au harcèlement sauvage dirigé contre eux.
Le Comité Benchicou pour les libertés appelle, par ailleurs, les
organisations professionnelles ainsi que les ONG de défense des journalistes
dans le monde à une solidarité concrète avec les journalistes
algériens aux fins de les aider à obtenir la nécessaire
abrogation des articles du code pénal relatifs à la presse, utilisés
sans vergogne par le régime algérien pour tuer en toute «légalité»
le métier d'écrire.
Le Comité Benchicou pour les libertés
Alger, le 24 janvier 2006
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Paris, 24 janvier 2006
Suite à l'emprisonnement du correspondant du quotidien El Khabar, le 22 janvier dernier, voici le communiqué du collectif pour la liberté de la presse en Algérie:
COMMUNIQUÉ
Le correspondant du quotidien El Khabar dans la ville d'El Bayadh,
Bachir Laârabi, a été interpellé et incarcéré
sans autre forme de procès le 22 janvier dernier. Cette arrestation de
journaliste survient dans un climat de dure répression de la liberté
de la presse. Alors que Mohamed Benchicou continue, à partir de sa cellule
à être traîné devant les tribunaux et que 18 journalistes
sont dans l'attente de l'appel qui peut être fatal à leur liberté
et à, celle de la presse, cette nouvelle incarcération donne à
lire avec plus de netteté le mépris affiché par le pouvoir
algérien à l'endroit de la liberté de la presse, des libertés
en général et des conventions internationales ratifiées
par le pays. Le 25 janvier, des journalistes du Soir d'Algérie comparaissent
en appel. Le 1er février, ce sera au tour de ceux du Matin. Les uns comme
les autres risquent le mandat de dépôt.
Devant l'arrestation injustifiable de Bachir Laârabi, le
collectif pour la liberté de la presse en Algérie constate avec
amertume que les craintes sur les libertés, exprimées au début
de cette nouvelle année, ne se sont pas faites attendre pour se réaliser.
Le collectif se joint à toutes les voix, en Algérie et ailleurs,
pour réclamer la libération immédiate et inconditionnelle
de Bachir Laârabi et :
Le collectif pour la liberté de la presse en Algérie
Paris, le 24 janvier 2006
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18 janvier 2006
Chers confrères et amis,
Je vous adresse ci-joint la déclaration du collectif pour la liberté de la presse en Algérie. L'adresse e-mail est inhabituelle, car j'ai un problème technique avec ma messagerie Yahoo.
Vous pouvez cependant confirmer l'authenticité de cet envoi en me contactant au 00 33 6 78 13 84 79.
Merci d'avance de faire paraître ce texte dans votre prochaine édition.
Amitiés.
Fatiha BENCHICOU
DÉCLARATION
Dix-huit journalistes algériens, exerçant tous
dans la presse indépendante, condamnés en première instance
à des peines allant de deux à douze mois de prison ferme, risquent
d’aller en prison en ce début d’année 2006. La menace de
voir ces peines confirmées est malheureusement réelle. Dans la
situation actuelle caractérisée par une privatisation du fonctionnement
des pouvoirs, rien ne laisse espérer de la justice qu’elle agisse dans
la sérénité et l’indépendance aux procès
en appel fixés dans les prochaines semaines. Si la justice ne se ressaisissait
pas en cessant de jouer le rôle d’instrument de revanche du pouvoir politique
irrité par l’indocilité de la presse indépendante, cette
cascade de procès impitoyables et sans précédent placerait
l’Algérie en tête du sinistre hit-parade des pays attentant à
la liberté de la presse et, à travers elle, à toutes les
libertés démocratiques.
Cette remise en cause de la liberté de la presse, pour
partielle qu’elle soit, obtenue au prix fort du sacrifice de près de
120 journalistes, a commencé par l’arrestation de Mohamed Benchicou qui
entame son vingtième mois de prison. Malade et privé des soins
nécessaires, il a été extrait plus de 34 fois de sa cellule
pour être présenté devant le tribunal et répondre
de nouvelles plaintes pour délit de presse.
Depuis l’emprisonnement du Directeur du Matin, la situation de la liberté d’expression et de la presse
en Algérie n’a fait que se dégrader. Outre les dix-huit condamnations
à des peines de prison ferme recensées en 2005, un récent
bilan dénombre des dizaines de journalistes sanctionnés par
des peines de prison avec sursis. Il révèle aussi les cas des
correspondants locaux livrés, dans le silence, à une justice expéditive ;
les sociétés éditrices croulant sous des amendes astronomiques,
acculées à la faillite en raison du chantage à l’impression,
à la publicité ; les menaces de suspension planant sur des
publications.
Quant à l’affaire Benchicou, par son exemplarité
et la brutalité des méthodes utilisées, elle aura été
pour l’opinion nationale et internationale le révélateur des velléités
liberticides inscrites dans la réforme du code pénal de 2001. Aujourd’hui,
en dépit de tous les brouillages opérés autour de son procès,
des instances internationales reconnues (ONG, Parlement Européen, FIJ,
etc) considèrent le journaliste Mohamed Benchicou comme un prisonnier
d’opinion. Elles n’ont cessé de dénoncer avec nous son emprisonnement,
ainsi que les dispositions de ce Code pénal qui entravent l'exercice
de la profession de journaliste en Algérie.
Dans les prochaines semaines, les verdicts des procès en appel vont être rendus. Le collectif pour la liberté de la presse en Algérie réitère son appel en direction des élus et responsables politiques entretenant des relations avec le pouvoir algérien à travers divers accords économiques au niveau national et européen, ainsi qu’à l’opinion nationale et internationale afin d’agir immédiatement :
Collectif pour la Liberté de la Presse en Algérie
Paris, le 16 janvier 2006
09 janvier 2006
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Précisions de la famille Benchicou
La famille de Med Benchicou, journaliste détenu arbitrairement depuis 19 mois à la prison d’El Harrach, a été surprise d’apprendre la détérioration de sa santé par un communiqué de maître Mokrane Aït Larbi alors que son état de santé est régulièrement suivi par sa famille et les personnes habilitées à communiquer en son nom (sa famille, le comité Benchicou pour les libertés et le collectif des avocats chargés de sa défense). Maître Aït Larbi, qui ne fait pas partie du collectif constitué de dix avocats, dont beaucoup se sont constitués spontanément dès le procès en première instance le 14 juin 2004, a sans doute mal interprété l’impossibilité, ce jour-là, de Med Benchicou de se rendre au parloir, probablement en raison d’une méforme passagère. Cette précision étant faite, nous sommes très touchés par la visite, même tardive, de maître Aït Larbi à Mohamed Benchicou et nous l’en remercions.
Alger, le 8 janvier 2006
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06 janvier 2006
Jacques Charby est mort !
En ce début d'année, notre ami Jacques Charby est décédé.Cette nouvelle frappe d'une peine de plein fouet ses amis; dont nous étions.
Durant la guerre d'Algérie, Jacques Charby, comédien professionnel, avait participé au "réseau Jeanson" de soutien à la lutte d'indépendance du peuple algérien, sous la direction du Front de Libération Nationale (FLN).
Il était resté très attaché à l'amitié avec le peuple algérien. Il avait contribué ( en 1997) à la création de l'Association SOLIDAM (Solidarité et Amitié entre les peuples algériens et français) dont notre association AlgériEnsemble.
En 2004, il avait publié un ouvrage, "Les Porteurs d'Espoir" (*), de témoignages d'une soixantaine de militants engagés dans le soutien à la lutte d'indépendance de l'Algérie.
Salut Jacques!
Simon Blumental
*Jacques CHARBY, Les porteurs d'espoir, Les réseaux de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie: les acteurs parlent, La Découverte, 2004
Les obsèques se dérouleront lundi 9 janvier 2006 au cimetière de Pantin à 14h30
Cimetière de Pantin
164, avenue Jean Jaurès
La levée du corps se fera lundi à 13h45 au funérarium de l'Hôpital Saint-Antoine de Paris (entrée par la rue de Chaligny)
31 décembre 2005
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18 journalistes algériens condamnés à la
prison ferme en 2005 Ils sont au moins 18 journalistes à avoir été
condamnés à la prison ferme par la justice algérienne au
cours de la seule année 2005.
Il s'agit de :
Parallèlement aux condamnations à la prison ferme, des dizaines d'autres journalistes ont été condamnés à des peines de prison avec sursis. Au cours de la seule journée du 13 novembre 2005, le tribunal de Mostaganem (ouest) a jugé cinq correspondants de presse, condamnant quatre d'entre eux à des peines allant de 6 à 3 mois. 2005 a été, également, l'année des amendes exorbitantes infligées par la justice algérienne aux éditeurs de presse et aux publications elles-mêmes. A lui seul, le cas Benchicou est la parfaite illustration de l'effrayante régression de la liberté de la presse en Algérie. Condamné à 2 ans de prison ferme, suite à une cabale policière, le directeur du Matin, qui accomplit actuellement son 19e mois détention à la prison d'El Harrach, est poursuivi à ce jour dans une trentaine de procès en diffamation, alors même que le journal qu'il dirige est suspendu depuis juillet 2004. Cette évolution funeste pour la liberté d'expression et la liberté de la presse était prévisible dès lors que le régime en place s'est employé, par l'entremise d'un appareil complètement assujetti, à étouffer toute voix discordante, ne laissant place qu'au discours lénifiant et “normalisateur”. Pendant que l'appareil judiciaire sévissait, tout au long de l'année, contre les médias privés, les premiers responsables de l'Etat et du gouvernement, défiant la réalité, n'hésitaient pas à affirmer qu’”il n'y a pas de journalistes en prison” ou que “les institutions nationales ne sont pas contre la liberté de la presse. Autre défi au bon sens : alors que l'Algérie, certainement sous la pression internationale, s'apprête à réformer le code pénal pour l'adapter à la nécessaire lutte contre la corruption, des journalistes parmi ceux qui avaient justement alerté l'opinion publique à propos des affaires de corruption se retrouvent en prison ou menacés d'y être envoyés. Tout en alertant l'opinion interne et internationale au sujet de ces atteintes répétées et gravissimes à la liberté d'expression et à la liberté de la presse et qui constituent une violation flagrante des normes internationales, le Comité Benchicou pour les libertés réclame avec insistance :
20 décembre 2005
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Mohamed Benchicou a reçu la semaine dernière la
visite d’un médecin du Comité international de la Croix-Rouge
(CICR) dépêché expressément par l’organisation humanitaire
pour s’enquérir de l’état de santé et des conditions d’incarcération
du directeur du Matin, enfermé à la maison d’arrêt d’El
Harrach depuis le 14 juin 2004.
Avant de rencontrer le journaliste, le délégué du CICR
a demandé à consulter son dossier médical, détenu
par la direction de la prison. Mohamed Benchicou, souffrant, ne bénéficie
à ce jour d’aucun soin spécifique. En dix-huit mois de détention
et malgré les innombrables demandes de l’administration et des médecins
de la prison, il n’a eu droit qu’à deux examens radiologiques pratiqués
dans un hôpital algérois : un EGM et une IRM, intervenus respectivement
après une année et une année et demie d’emprisonnement
alors que, poursuivi pour diffamation, le directeur du Matin a été
extrait de sa cellule pas moins de 33 fois pour être jugé par le
tribunal d’Alger. Constatant de visu l’évolution de sa maladie dont une
“baisse nette de la motricité du bras droit”, le médecin du CICR
a confié à Benchicou que son organisation “ne lâchera pas
la pression tant qu’il (Benchicou) ne bénéficiera pas d’une prise
en charge médicale totale, précisément prescrite par un
médecin spécialiste en neurologie, et ce, sur la base des dernières
explorations” radiologiques effectuées. Le délégué
du CICR s’est dit “convaincu” que la hiérarchie judiciaire n’a consenti
au journaliste son droit de sortie pour les deux examens subis en milieu hospitalier
que “sous la pression nationale et internationale”. En qualité de journaliste,
Mohamed Benchicou a tenu, par ailleurs, à témoigner des conditions
carcérales de tous les détenus d’El Harrach sans exception aucune.
Au délégué de la Croix-Rouge, il a fait part, en tant que
témoin privilégié, des conditions scandaleuses et quasi
inhumaines de certains détenus, notamment ceux consignés dans
les geôles. Considérant sa propre condition de détention
relativement supportable, Mohamed Benchicou a attiré l’attention de son
interlocuteur sur celle d’une partie importante des détenus vivant dans
des cellules vétustes, insalubres, manquant d’air et de lumière.
Dans ces lieux, a affirmé le journaliste, la santé de la personne
se dégrade rapidement. La gale, les maladies respiratoires, la tuberculose
pour ne citer que ces pathologies, se propagent de façon inquiétante
parmi les détenus d’El- Harrach, sous l’effet conjugué de la surpopulation,
du manque d’hygiène et de la sous-alimentation. Le temps d’un entretien
en tête à tête avec le délégué du CICR,
le directeur du Matin s’est fait le porte-parole de ses codétenus pour
une réelle réforme de la justice à l’effet de bannir les
arrestations arbitraires et le recours abusif à la détention préventive.
Il a aussi fait part à son interlocuteur du souhait des prisonniers de
voir l’application rapide de la loi de février 2005 qui prévoit
le régime de semi-liberté, et de liberté conditionnelle,
des permissions de sortie et de suspensions de peine pour raison de santé
ou familiale, ainsi que l’émergence d’associations autonomes d’aide et
de soutien aux détenus. Le Comité Benchicou pour les Libertés,
qui a, à maintes reprises, alerté l’opinion interne et internationale
sur l’état de santé préoccupant de Mohamed Benchicou, se
félicite de l’intérêt porté par le CICR au directeur
du Matin en tant que détenu d’opinion.
Le Comité Benchicou pour les libertés
Alger, le 19/12/2005
15 décembre 2005
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La machine juridico-policière mise en branle voilà
deux ans pour mettre à genoux les journalistes de la presse privée
et annihiler toute velléité d’indépendance des médias
algériens a franchi le seuil de l’intolérable concernant Mohamed
Benchicou.
Enfermé à El-Harrach depuis le 14 juin 2004, abandonné
sans soins médicaux appropriés pour stopper la progression de
sa maladie, le directeur du Matin ne compte plus les coups tordus d’un régime
vouant une haine tenace à la liberté et aux hommes libres : c’est
ainsi que le journaliste subit jusqu’au fond de sa cellule et loin des regards
un acharnement inqualifiable, exécuté sous “couverture légale”.
De retour dans sa cellule d’où il a été extrait, en 18
mois d’enfermement, pas moins de 33 fois afin d’être jugé pour
diffamation par le tribunal d’Alger, Mohamed Benchicou s’est vu conduire devant
une commissaire de police, venue lui signifier deux nouvelles plaintes introduites
en 2003 et 2004. Avec un total s’élevant à ce jour à 34
affaires pour délits de presse émanant pour la plupart de dignitaires
du régime, le journaliste Mohamed Benchicou passe pour le plus dangereux
des “criminels” que l’Algérie connaisse. En tout état de cause,
la commissaire de police qui s’est présentée à El-Harrach,
munie d’une machine à écrire, pour interroger et dresser des procès-verbaux
à Benchicou s’est vu opposer le refus du concerné de se soumettre
à l’interrogatoire : le directeur du Matin, s’en tenant à la décision,
dans les affaires de presse, de ne répondre qu’au juge en dehors de toute
autre autorité quelle qu’elle soit. Décision prise solidairement
par les éditeurs de presse en août 2003. Indigné par de
telles procédés, le Comité Benchicou pour les libertés
s’élève avec vigueur contre l’acharnement caractérisé
ciblant le directeur du Matin et exécuté honteusement par des
institutions de la République, sous une couverture “légale”. Une
nouvelle fois, il prend à témoin l’opinion nationale et internationale
des dérives liberticides du régime algérien. Par la même
occasion, le Comité Benchicou pour les libertés exprime son extrême
inquiétude suite aux derniers verdicts prononcés par la cour d’Alger
à l’encontre de plusieurs journalistes (jusqu’à une année
de prison ferme et même dans des cas de retrait de plaintes par leurs
auteurs). Ce durcissement annonce un avenir des plus sombres pour la liberté
de la presse et la liberté d’expression, d’autant que les pouvoirs publics
ne manifestent aucune intention de dépénaliser les délits
de presse, malgré son prétendu respect des libertés fondamentales.
Alger, le 14 décembre 2005
06 décembre 2005
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Le Comité Benchicou pour les libertés organise, à l’occasion de la célébration du 57e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, un rassemblement auquel il invite militants de droits de l’homme, journalistes, membres et représentants de différents syndicats autonomes (enseignants, universitaires, fonctionnaires, médecins...), militants de partis politiques, démocrates, membres et militants des associations engagés dans la défense des droits humains et des libertés citoyennes. Le rassemblement aura lieu le samedi 10 décembre 2005 à 11h à la maison de la presse Tahar Djaout (place du 1er Mai, Alger).
03 décembre 2005
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Après le prix de la liberté d’expression
décerné par le journal espagnol Voz Del Occidente à Mohamed
Benchicou, nous apprenons l’attribution prochaine d’autres prix internationaux
au journaliste incarcéré.
Le comité Benchicou pour les libertés se félicite de cette
consécration internationale qu’il estime être une juste reconnaissance,
alors même que Mohamed Benchicou est emprisonné depuis 17 mois
par la volonté d’un régime prétendument démocratique
qui s’obstine, jusqu’à l’autisme, à punir un journaliste pour
ses seuls écrits. Cette vérité, portée dès
l’incarcération du directeur du Matin, par quelques poches de résistance
en Algérie avant d’avoir le retentissement que l’on sait à l’extérieur
grâce à l’action soutenue des ONG, a fini par s’imposer devant
le mensonge triomphant et l’occultation par lesquels l’on a tenté vainement
d’avilir et d’isoler un journaliste, résolument engagé dans le
combat pour la liberté de la presse. Le comité Benchicou pour
les libertés, qui n’a jamais douté de la justesse de ce combat,
est convaincu que la mobilisation citoyenne en Algérie, maintenue, malgré
l’adversité ainsi que les vives protestations exprimées de par
le monde suite à l’incarcération de Mohamed Benchicou, et qui
n’ont cessé de gonfler au fil des mois, ont contribué à
attirer l’attention sur les pratiques liberticides du régime algérien,
empêchant du même coup l’embastillement d’autres journalistes fatalement
inscrits dans le sillage de l’emprisonnement du directeur du Matin. Pour le
comité Benchicou, cette reconnaissance internationale est également
à saisir dans sa portée réelle, en ce qu’elle signifie
qu’un journaliste algérien, maghrébin ou de tout autre “pays du
Sud” a le droit, à l’instar de son confrère “du Nord”, d’exercer
son métier librement et qu’il mérite égards et soutien
dans cette quête.
COLLECTIF POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE EN ALGÉRIE 02 décembre 2005 FATIHA BENCHICOU
Chers amis et confrères, Je tiens à vous remercier pour
l'intérêt que vous avez porté à mon article
sur la remise du Prix international de la liberté d'expression
décerné à Mohamed en le publiant dans vos éditions.
Cette information m'a valu une avalanche d'e-mails de félicitations
et d'appels téléphoniques, notamment d'Algérie.
Fatiha BENCHICOU
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17 novembre 2005
MONDE
LE JOURNALISTE, GIBIER TRAQUÉ
Les chiffres sont là, implacables : plus de 684 journalistes ont été tués à travers le monde depuis 1992. Depuis le 1er janvier 2005, 53 de nos consoeurs et confrères sont tombés. 73 journalistes sont morts en Irak depuis le début du conflit en mars 2003, faisant de ce pays la zone la plus meurtrière pour les professionnels de l'information depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de 1 450 reporters ont été interpellés, frappés, menacés de mort, kidnappés ou harcelés, et plus de 320 médias ont été censurés en 2004. 112 journalistes et 3 collaborateurs de médias sont actuellement emprisonnés dans le monde. 71 cyberdissidents sont derrière les barreaux, dont 62 en Chine. Pour la 16e année consécutive, l'association Reporters sans frontières (RSF) organise une journée de soutien aux journalistes emprisonnés. À travers eux, c'est toute une profession qu'il s'agit de défendre, exposée comme jamais, parce que jamais l'information n'a été un enjeu aussi fort dans les affrontements politiques et économiques de notre temps.
La place d'un journaliste est dans sa rédaction
Comme beaucoup d'autres médias, l'Humanité parraine un confrère prisonnier. Pour nous, il s'agit du Birman Win Tin (lire ci-dessous). La place d'un journaliste est dans sa rédaction et non pas dans une geôle. Cela nous le disons depuis longtemps, sans distinction de pays, faut-il le souligner, car rien ne justifiera jamais à nos yeux qu'on empêche un journaliste de faire son métier. C'est pourquoi on ne peut que regretter l'absence, dans la liste fournie par RSF, de Mumia Abu Jamal, ce journaliste militant des Black Panthers, qui croupit dans le couloir des condamnés à mort, non pas à Cuba mais aux États-Unis.
S'intéresser au sort des journalistes, c'est évidemment ce que nous faisons lorsque nous lançons une campagne pour la libération de Mohamed Benchicou, le directeur du quotidien algérien le Matin (lire ci-dessous) et la relaxe de tous les journalistes algériens. Il nous faudrait aussi citer la mobilisation internationale visant à faire libérer le journaliste iranien Akbar Ganji, condamné en 2001 à six ans de prison après une série d'articles mettant en cause plusieurs dignitaires du régime de Téhéran dans des meurtres d'intellectuels et d'écrivains.
Aujourd'hui, c'est vers la Tunisie que tout le monde se tourne. Un pays choisi pour accueillir le sommet de l'ONU consacré aux sociétés de l'information, alors que Lotfi Hajji, président du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), poursuit une grève de la faim commencée le 18 octobre avec six autres personnalités de la société civile. Le bilan que dresse ce syndicat sur l'état des médias en Tunisie est hallucinant. On peut le consulter sur le site du Syndicat national des journalistes CGT : www.snj.cgt.fr . Il n'y est pas seulement question de l'arbitraire policier, mais également des conditions de travail, de la réalité sociale et des pressions politiques quotidiennes. Si rien n'y fait, si rien ne change, si le soutien apporté à ces journalistes n'est pas plus marqué, il y a fort à parier que nombre d'entre eux se trouveront embastillés dans les mois ou les années qui viennent.
En regardant cette trop longue liste de journalistes en prison, une remarque vient à l'esprit : ils ont utilisé leur profession comme des citoyens et c?est ce qui a dérangé et dérange les pouvoirs en place. N'en trouve-t-on pas une certaine réminiscence en Europe lorsqu'on marginalise des médias coupables de ne pas s'aligner sur la pensée dominante ? N'est-ce pas une nouvelle forme de coercition du journaliste de ne considérer l'information que comme une marchandise ? La précarisation de notre profession n'aggrave-t-elle pas l'autocensure, quand ce n'est pas une abdication pure et simple de la liberté de ton pour être sûr de ne pas se faire mettre à la porte ? Sans parler des concentrations de presse qui sonnent le glas du pluralisme des idées. C'est en France, au moment du référendum sur la constitution européenne, que des journalistes de l'audiovisuel public se sont élevés contre un parti pris éhonté de leurs chaînes !
L'incarcération du journaliste est sans aucun doute plus terrible lorsqu'il s'agit de cellule. Mais les barreaux virtuels existent partout, ici comme ailleurs. C'est moins exotique et il est bien plus commode de comparer notre situation à celle des journalistes africains.
Allez, je vous échange deux Pujadas contre un Poivre d'Arvor. Ou l'inverse, si vous voulez, et surtout, qu'on ne parle plus de tout ça.
Pierre Barbancey
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14 novembre 2005
Invitation
Conférence
de presse
SCAM (Société civile des auteurs multimédia)
- 5, avenue Vélasquez, 8e
M° Monceau ou Villiers, Parking Villiers
55 journalistes ont été tués depuis le début de l?année pour avoir exercé leur profession
184 professionnels des médias sont actuellement derrière les barreaux :
111 journalistes (dont 1 en Algérie, 5 en Irak, 3 aux Maldives , 25 à Cuba, et 31 en Chine, la plus grande prison du monde pour les journalistes), 3 collaborateurs des médias et 70 cyberdissidents.
80 pages de photographies et 20 textes inédits d'écrivains pour 8 euros seulement, intégralement reversés à l'organisation pour lui permettre de porter assistance aux journalistes et aux médias en difficulté, de lancer des campagnes de sensibilisation, de mener des investigations sur le terrain afin de déterminer les responsabilités dans les affaires graves, etc.
Conférence
de presse, le mercredi 16 novembre à 11 heures en présence de :
· Robert
Ménard,
le secrétaire général de Reporters sans frontières,
dressera un bilan de la liberté de la presse en 2005 et donnera la parole
à ceux qui vivent la censure et les atteintes à la liberté
de la presse au quotidien :
·
Maria
Isabel Rey Rodriguez,
journaliste cubaine réfugiée en France depuis le 4 octobre dernier,
témoignera de la situation de la liberté de la presse à
Cuba,
·
Fatiha
Benchicou,
épouse de Mohamed Benchicou, directeur du quotidien algérien Le
Matin,
emprisonné depuis le 14 juin 2004, rappellera la situation de son mari,
·
Rorry
Carroll,
correspondant
du quotidien britannique The
Guardian,
séquestré pendant 36 heures par un groupe armé en Irak
et libéré le 21 octobre dernier, nous parlera de son travail de journaliste dans un pays en guerre
depuis mars 2003, où 74 journalistes ont déjà perdu la
vie,
·
Une
journaliste irakienne réfugiée en France qui
a notamment travaillé pour les médias japonais qui couvrent la
guerre,
·
Sarah
Mahir,
de l'organisation Friends of Maldives à Londres, parlera de la
mobilisation internationale autour de la condamnation, à 20 ans de prison,
de la journaliste franco-maldiviennne de 32 ans, Jennifer Latheef.
· Christine Vaissié-Charbonnier, la femme du photographe Jean-Philippe Charbonnier, pourra également répondre aux questions concernant le travail photographique de son mari, décédé en 2004.