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Janvier 2006
« Ceux qui veulent me poursuivre en justice sont libre de le faire. Je n’ai peur de rien. Je n’ai peur de personne. » Ainsi parle Madani Mezrag, ci-devant chef de l’armée des intégristes, aujourd’hui paisible citoyen reluisant de paix et de concorde. Cette surprenante invitation à être mené devant la justice, à laquelle il sait qu’aucun magistrat ne répondra, est lancé après l’aveu que le boucher en chef de l’AIS a tué de ses propres mains. Il ne le cache pas. Il le clame haut et fort. Il prend même un certain plaisir à exhiber ce résidu d’humanité en confiant que, ayant tué un jeune soldat de l’armée de la République et l’ayant délesté de son arme, il détestait ce Kalachnikov qui lui rappelait « les râles de ce militaire au moment où il rendait l’âme ». Ce n’est pas tout. Il nous apprend, avec une morgue que ceux qui lui ont donné le doight et dont il prend le bras méritent, que les « prisonniers » de l’armée des intégristes étaient systématiquement tués. Bien sûr, le résidu d’humanité vibre encore une petite minute, juste le temps de dire que « sur le plan humain, cela me touchait ». Cela le touchait comment ? Il ne le dit pas. Par contre, « le chef de guerre », lui, a les mots idoines : « je ne devais pas m’encombrer d’états d’âme. Il fallait tuer ou être tué ». L’ennui, c’est qu’il a tué et qu’il n’a pas été tué. Il est même libre comme l’air, à plastronner dans son habit de tueur qui se prend pour un Zorro d’une cause juste. Et, pendant ce temps, Mohamed Benchicou croupit dans les geôles de la paix et la concorde.
