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L' É T E R N E L T A H A R
tasa turwed asemid ah a-win iççan times
coeurs-pavillons en berne neurasthénie et comme une désespérance pathologique inoculable d'un vulgum pecus la coeruleum mare qui s'assèche un désert abiotique rampant et comme ce bourgeon turgescent interstitiel ce perce-pierre lâchement massacré un matin de printemps qui se fendille
et tous nos rêves avec qui désarment foutant le camp et jamais aussi frêles qu'ils se cognent contre un horizon muré en trompe-l'oeil et jamais aussi loin qu'ils s'essoufflent
incertains des lamentations demain n'est pas la veille
une haine imbécile a eu raison de toi pour régenter le cours de l'Histoire au gré des Vents de l'Est hâlant les esprits pour avoir mis flamberge au Vent avec ton verbe hardi pour avoir régénéré le monde et sublimé une humanité liliale
Tahar on t'a tiré dessus alors que tu voltigeais dans les airs de la Paix et de la Liberté
ils ont tiré les gens de sac et de corde sur les genoux de la république
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Juillet 1993
Poème paru aussi à «El Vigía», Tenerife -Îles Canaries (édition collective), avril 1995. |
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UN JOUR * À la mémoire de ceux qui sont fauchés par la tourmente d'une Algérie endiablée. puisse un jour de votre sang refleurir
l'espoir en éclat papillotant de boutons de soleils comme par un matin de
printemps après les giboulées et n'en déplaise
aux imbéciles heureux et couards aux potiches de tous
bords
aux écervelés
aux boutefeux et leurs sbires qui en seront tarabustés comme des feux follets à force d'y avoir
accroché leurs yeux hagards "LA FAMILLE QUI
AVANCE"** avancera les champs en friche
écobués emblavés et frémissant
d'espoir longtemps frustré
éventé
par l'attente la parole pansée
ailée voltigeant délirant et les chaînes
sacrilèges du Passé
obsessionnel le grillage des horizons
interdits mouleront la plaque
de votre mémoire alors les enfants
redevenant enfants
transfigurés le cœur dans le cœur sur les chemins de l'école un rameau d'olivier
des héliotropes à la main s'en iront chantant à tout vent vos rêves enfarinés et l'Algérie
se remettant de sa fièvre
puerpérale nous resserrera contre
son sein
tonique nous épongeant
la glande lacrymale
débridée et n'en déplaise
aux ultra-inspirés de l'Import-Export du
Vent de l'Est
des lupanars de l'histoire nous viendrons nous
incliner devant votre mémoire défonçant
les barreaux de la honte et La Kahina Dyhia
sera de retour Antenéa
Tin-Hinan que nos mères
nos sœurs nos amours c'est l'avenir et les horizons se dégageront
s'ouvriront éclateront de lumières nous lâcherons
des pigeons le monde aura dit que
vous aviez raison un rameau d'olivier
des héliotropes à la main nous nous en irons chantant à tout
vent vos rêves enfarinés aussi long soit le chemin un jour et ce jour viendra il s'écrit avec
du sang votre sang notre sang
* Poème
publié dans plusieurs revues, notamment par une association
féminine de Montpellier, mars 1997; La Toile des Poètes
– « Libération », février 2001 ;
« El Vigía », mai 2001. ** Titre de
la dernière et célèbre chronique de Tahar DJAOUT
(poète, écrivain et journaliste algérien),
"LA FAMILLE QUI AVANCE ET LA FAMILLE QUI RECULE", parue
dans son journal "RUPTURES" la veille de son assassinat,
le 26 mai 1993. |
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LE RÊVE INTERDIT* un certain jour dans la Cité aux remparts des rêves
interdits qu'on dût réapprendre
à se forcer à admirer à perte de vue
un incendie du soleil aux parfums de fines
fleurs de l'Éternel
Renouveau qui tarde toujours à percer et brandissant le flambeau
d'une
liberté liliale on décida de
s'en aller chantant
-sur l'air des lampions- le long des rues déshéritées injuriées
"bedd ad twalid
ruh ad tawid
qim ulac"**
un pont suspendu un pont virtuel immatériel un pan de soi-même qui remonte au Déluge au Siège de la Mémoire comme remonterait ce soleil sur l'horizon
non mais alors c'est le vent coulis
il secoue il donne froid un chant qui sourd et
monte dans le ciel comme ce soleil brisé
qui se ramasse pour un pays à
musique que l'Avenir se conjugue
au Passé de Nos Montagnes il court
le monde (et puis) ça
gonfle ça déborde -un fleuve limoneux- le peuple longtemps
adolescent ne mue pas d'ailleurs il n'avait
jamais bêlé il secoue il donne froid
il gonfle il déborde les gènes manipulés
ne répondent plus ils vibrent aux roulements
de tambours aux galops de Jugurtha des circoncellions susurrés par
les Rumeurs du Temps qui secouent qui donnent
froid à coups même
de confettis
pourtant il n'est pas interdit
de rêver mais comme nous le savons les vampires sortent
la nuit avec les larmes de crocodiles
* Poème publié aussi
à « Alger-Républicain », en
mai 1990 ; « El Vigía » (en espagnol),
en mars 1995. ** En berbère: "debout,
tu verras (assisteras) en
y allant, tu ramèneras assis, rien". |
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LIBERTÉ la nuit le météore ma raison de vivre la fille que j'aime qui m'aime peut-être ma mère
la fugue
le vide mes vingt ans poèmes-vents
de mes voiles éthérées
de mes éjaculations
rédhibitoires le goût des vols les grimoires onctueux
et sanguinolents des soi-disant dieux l'astre
du jour
éblouissant
de la clique
en tête
des lâchers de
pigeons
des-espérances |