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Droit de réponse de M. Ferhat Mehenni à El-Watan

Ferhat MehenniDans son édition du 19/01/2012, le quotidien EL-Watan a publié un article de Nadjia Bouaricha, intitulé « Ferhat Mehenni et l’insulte aux martyrs ». Aussi, si le droit de réponse est encore en vigueur dans une Algérie déstructurée par un pouvoir qui n’a connu d’alternance que par coups d’Etat entre ses membres, je souhaiterais que ma réponse soit publiée à la même page et dans les mêmes conditions que celles dont a bénéficié mon accusatrice.

Expurgé des insultes et des noms d’oiseau dont il m’affuble, le papier de la journaliste se résume à une vanité nationaliste qu’elle aurait été mieux inspirée de confronter aux très nombreux Algériens qui cherchent à fuir leur pays ou des citoyens dont des ministres qui cherchent par tous les moyens à obtenir la nationalité française. D’abord, pour que les lecteurs d’El Watan soient édifiés sur mon discours, il serait bon que le quotidien le publie dans son intégralité. Cela évitera les confusions et les propos haineux et tendancieux de la journaliste qui l’a traité.

Elle a commencé par affirmer que « le chef du MAK a tenu des propos insultants vis-à-vis de la Kabylie et de la Guerre de libération nationale … ». Madame Bouaricha a du mal à nommer le Président du Gouvernement Provisoire Kabyle, auteur de ce discours lui offrant l’opportunité de crier avec les loups. Elle préfère le censurer en le qualifiant de chef du MAK. Or, depuis mai 2010, la présidence du MAK a échu à d’autres personnes. M. Bouaziz Ait Chebib qui vient d’être brillamment élu président lors du 2e Congrès tenu à Sahel (Bouzeuene) les 9 et 10 décembre 2011 en est l’actuel dépositaire.

La journaliste résume mon intervention par ce raccourci : « Ainsi, pour Ferhat Mehenni, la colonisation française et le combat pour l’indépendance nationale, qui a coûté la vie à plus d’un million d’Algériens, n’ont été qu’un malentendu »

Je tiens à rassurer tout un chacun, je ne suis pas un négationniste, loin s’en faut. Je parle des relations entre la Kabylie et la France et non entre celle-ci et l’Algérie. L’incompréhension entre la France et la Kabylie si criant qu’il a été à la base de la guerre d’indépendance de l’Algérie menée pour l’essentiel par la Kabylie et les Kabyles de France. L’Histoire finira par rendre justice à ses véritables acteurs.

En continuant de me citer avec cette phrase, « La Kabylie n’ayant pas récupéré sa souveraineté à l’indépendance de l’Algérie, en1962, par formalisme bureaucratique et protocolaire, son dossier a été transféré à l’Etat algérien qui en use et abuse pour éviter de refermer les plaies du passé qui compromettent la construction d’un avenir de solidarité entre nos deux peuples »,elle commente : « a-t-il encore dit sur le ton de la provocation envers cette région qui s’est pourtant vaillamment battue contre la colonisation française et a chèrement payé le prix de sa lutte pour la libération de l’Algérie. »

Elle est où la « provocation » ? Ce n’est là qu’un fait d’histoire. Libre à d’autres de ne pas l’admettre. Le lourd contentieux franco-kabyle, faute d’émergence d’une Kabylie politique à la fin de la guerre, a bel et bien été transféré à l’Etat algérien qui s’en sert à ce jour comme d’un fonds de commerce qui, au bout de 50 ans, il faut le reconnaître, a fait faillite. Il sera terne le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie et le bilan n’a pas de quoi inciter à parader. Les Kabyles qu’elle nie dans leur existence, bafoue dans leurs droits en tant que peuple, réprime, torture et assassine depuis 50 ans, individuellement ou collectivement (1963, 2001) ne se reconnaissent plus dans un pays où pour être acceptés comme des nationaux ils doivent au préalable se renier.

Madame Bouaricha poursuit en écrivant « Cet aventurier de la politique ira jusqu’à dire que « la Kabylie n’a jamais combattu un peuple ou un pays ».

Oui madame ! Les criminels au pouvoir ne sont pas pour vous des aventuriers car ils ne cherchent pas la liberté des peuples d’Algérie mais leur asservissement. Ceux qui avaient déclenché la guerre d’Algérie le 1er novembre 1954 étaient, eux aussi, en leur temps, traités d’aventuriers. Ne le saviez-vous pas ?

Oui madame ! La Kabylie n’a combattu que des injustices, des ordres et des systèmes liberticides et iniques. La Kabylie n’a pas livré la guerre contre le peuple français mais à l’ordre colonial.

Je passe sur les formules telles que « Ferhat Mehenni, qui est à la politique ce que le feu est à la bouteille de gaz » dont je laisse le lecteur juge. Mais la phrase qu’on semble manipuler pour lui faire dire ce qu’elle ne dit pas est la suivante : « Ce qui oppose aujourd’hui le pouvoir algérien à la Kabylie est bien plus lourd que le malentendu qui a pu exister hier entre la Kabylie et la France jusqu’en1962. »

L’acteur politique défendant les intérêts de la Kabylie et du peuple kabyle, le Président de l’Anavad est dans son rôle en avançant cette formulation. Résumons-nous mieux :

Qualifier la parenthèse coloniale de malentendu est le propre des responsables résolument tournés vers la construction de l’avenir et non de ceux qui aiment se vautrer dans la douleur du passé. L’Histoire ne s’efface pas, elle se dépasse. Ceux qui ont été les héros d’un combat restent pour ce dernier sa fierté éternelle. Mais chaque époque et chaque combat ont leurs héros. Et pour nous, ceux du Printemps Noir de Kabylie sont ceux qui méritent aujourd’hui toute notre reconnaissance. De ceux qui sont tombés au champ d’honneur de 1830 à 1952 pour la liberté de notre peuple nous puisons nos racines les plus puissantes. Les Anciens Moudjahidine ont toujours notre respect et c’est au régime algérien que nous devrions adresser leurs récriminations et leur dépit quant à leur statut et à leur inconfort moral et matériel dans une Algérie dévalorisée par des voyous qui ont confisqué le fruit du combat libérateur.

La formule « malentendu » qui exprime cette incompréhension dont a toujours été victime la Kabylie de la part de la France, est un terme diplomatique pour inviter à l’écriture d’une nouvelle page d’amitié et de solidarité dans l’intérêt bien compris de nos deux peuples kabyle et français. Le lieu s’y prêtait à merveille : l’enceinte de l’Assemblée Nationale Française.

Cela fait 50 ans que la guerre d’Algérie est terminée par la victoire des Algériens. Il n’y a plus de raison valable pour entretenir la haine entre nos peuples. C’est ce qu’ont compris toutes les nations civilisées. 5 ans seulement après la 2e Guerre Mondiale, la France, par le biais de Robert Schumann propose à l’Allemagne qui avait perdu la guerre, une coopération qui aboutit sous nos yeux à l’Union Européenne. Ne nous trompons pas sur les valeurs, la haine est la sous-culture des dictatures et l’ennemie des démocraties.

Dès lors que l’Etat indépendant qui s’est substitué à la colonisation a toujours à l’encontre de la Kabylie la culture, la morgue et les réflexes du colonisateur d’hier, quoi de plus naturel pour le Président du Gouvernement Provisoire Kabyle que de rechercher des alliances pouvant bâtir un avenir de liberté et de respect mutuel ? La loi de la dialectique ne transforme-t-elle toujours les termes d’une contradiction en ses contraires ? N’a-t-on pas souvent vu les ennemis d’un jour devenir des amis du lendemain ? Ne vous trompez plus ! Un demi siècle après la guerre d’Algérie, l’ennemi n’est plus la France mais ceux qui assassinent aujourd’hui nos enfants, le pouvoir algérien et le terrorisme islamiste.

Paris, le 20 janvier 2012

M. Ferhat Mehenni, Président du Gouvernement Provisoire Kabyle


 

Lettre ouverte à Omar Belhouchet,

Directeur du journal algérien « El Watan »

A Monsieur Omar Belhouchet, Directeur du journal algérien « El Watan »

Monsieur le Directeur

Je devais réagir plus tôt au message qui vous engage en tant que Directeur d’El Watan, reçu de la "Nationale" de votre quotidien. La décence et la douleur devant la mort du génie de la musique kabyle, Cherif Kheddam, m’en ont empêché.

Si ce message m’a été envoyé à votre insu, cette lettre se trompe de destinataire même si, formellement, il engage votre responsabilité.

Dans tous les cas, je prends acte de votre refus d’insérer mon légitime droit de réponse, suite à un article me diffamant, publié à la « une » de votre quotidien le 17/01/2012. Le motif invoqué à cette fin de non-recevoir est la longueur du texte. Ce n’est là qu’un prétexte ! Pour ceux qui ont pris la décision de cet acte, l’essentiel est de gagner du temps pour que la communication soit à sens unique. Vous le savez autant que moi, l’information est une arme de guerre aux conséquences incommensurables. Toutefois, en s’attaquant avec autant de hargne à la crédibilité d’autrui, on risque d’y laisser la sienne.

En effet, l’image est scandaleuse ! M. Omar Belhouchet, brillant récipiendaire de la Plume d’Or, se met à couvrir l’insulte contre un démocrate !

Je suis au courant du permanent harcèlement judiciaire auquel les autorités militaires vous soumettent depuis longtemps, et particulièrement ces derniers temps. Est-il pour autant déontologique de se servir de la diffamation contre le Président du Gouvernement Provisoire Kabyle comme monnaie d’échange avec le pouvoir criminel algérien ? En contrepartie de l’extinction de certaines poursuites judiciaires, par ailleurs tout à fait révoltantes, par lesquelles le DRS vous tient en chantage, seriez-vous vraiment obligé d’en venir jusqu’au déni d’un droit de réponse ? Vous muselez un homme pour le faire trainer dans la boue !

Pour conforter votre position, quitte à ce que ma réputation en pâtisse, je vous assure que je ne retrancherai pas un mot du texte que vous avez refusé de publier. Que le DRS s’en réjouisse.

Par ailleurs, dans le message que vous m’avez transmis et dans la vaine recherche de prétextes à l’intenable posture d’El Watan, était-il besoin de me menacer et de m’agresser en écrivant : « Nous nous réservons quant à nous, le droit et le devoir de ne pas livrer nos journalistes à des attaques dans le genre de celles avec lesquelles vous l’avez ciblée. » ?

Tout le monde aura constaté que dans cette affaire vous inversez les statuts de la victime et du bourreau. Je suis trop responsable pour m’autoriser, dans ma réponse le moindre écart contre votre journaliste.

Je comprends qu’au nom de certaines convictions, un "malentendu" en appelle un autre au lieu de se questionner et de débattre sur le terme idoine devant qualifier l’incompréhension ayant existé entre la Kabylie et la France depuis 1857. Mais comment se fait-il que votre jounaliste ou votre rédaction soient si heurtés par un mot de ma part et restés de marbre devant l’appel au meurtre lancé contre moi sur « Youtube », par un mufti, et ex terroriste islamiste, à partir d’Alger ?

Le courage de la liberté d’expression a de tout temps été autre chose que l’obtempération à la dictature. Et pour ce qui me concerne, je refuse de censurer votre réponse et la publie ci-dessous.

Salutations

Paris le 30/01/2012

M. Ferhat Mehenni, Président du Gouvernement Provisoire Kabyle


 

Réponse d’El Watan

Monsieur,

Nous avons été destinataires, le 21 septembre 2012, d’un droit de réponse que vous avez demandé à voir inséré dans nos colonnes.

Pour pouvoir accéder a votre souhait de voir le texte publié « à la même page et dans les mêmes conditions » que celles dont a bénéficié l’article auquel vous répondez, nous vous demandons de réduire la longueur de la mouture que vous nous avez envoyée, de sorte à l’adapter à la longueur de l’article que vous mettez en cause.

Nous ne faisons ici que vous préciser une disposition, à la fois technique et réglementaire, liée aux conditions de l’insertion du droit de réponse.

Nous vous demandons enfin de ne pas vous en prendre personnellement à la journaliste auteure de l’article. Notre collègue n’a fait que son travail et vous êtes libre, bien entendu, de contester le contenu de son article.

Nous nous réservons quant à nous, le droit et le devoir de ne pas livrer nos journalistes à des attaques dans le genre de celles avec lesquelles vous l’avez ciblée.

Salutations…


 

Droit de réponse de Ferhat Mehenni au Soir d’Algérie

Dans votre édition du 02/02/2012 et dans la rubrique « periscoop » vous avez inséré une brève intitulée « Djaballah-Ferhat Mehenni, même combat ? »

Outre le fait que je ne partage rien avec ce personnage auquel vous voudrez m’assimiler, du moins pour ce que tout le monde en connait, je voudrais dénoncer le scandaleux procédé par lequel vous tentez de me faire dire ce que je n’ai jamais dit.

En écrivant que « Djaballah avait affirmé à son entourage que les événements de Kabylie de 2001 étaient l’œuvre d’« officines françaises » et que cette « affirmation (…) fait de son auteur « un allié objectif de Ferhat Mehenni dans son projet autonomiste » ce dont je ne saisis pas le rapport, vos lecteurs pourraient me prêter une telle contre-vérité. Je tiens à préciser que pour moi et pour l’Histoire, Les événements du Printemps Noir de 2001-2003 étaient bel et bien l’œuvre du pouvoir algérien et que la responsabilité de l’assassinat de 150 Kabyles était celle de Bouteflika et du DRS, le général Toufik. Le Gouvernement Provisoire Kabyle a ; à cet effet, déposé plainte contre eux auprès de la Cour Pénale Internationale.

Pas d’amalgame s’il vous plait !

Paris, le 03/02/2012

Ferhat Mehenni, Président du Gouvernement Provisoire Kabyle

Source: © tamurt.info



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