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ECHOS DE KABYLIE...

       

MALIKA MATOUB REVIENT SUR LE PROCES DE L'ASSASSINAT DU REBELLE

«Le dossier est toujours ouvert»

Malika Matoub© Propos recueillis par Tassadit Chibani, La Dépêche de Kabylie, mardi 25 juin 2013 / Quinze ans après l'assassinat de Matoub Lounès, figure emblématique de la chanson Kabyle engagée, sa sœur Malika revient sur les principaux axes de l'après Matoub. Dont, notamment, l'affaire portée devant les tribunaux et tranchée de manière contestée par la fondation et la famille du Chantre.

La dépêche de Kabylie: La Fondation Matoub Lounès a, récemment, engagé une contre expertise pour tenter de reconstituer les circonstances de l’assassinat de Matoub Lounès, où en est-on dans ce dossier?

Malika Matoub: Actuellement l’expertise que nous avons initiée est parvenue à se prononcer sur deux aspects de l’attentat ayant ciblé Lounès. Le premier point mis en avant, est celui de lieu. En effet, et d’après les premiers constats, le choix du lieu où Lounès a été assassiné, n’est pas du tout fortuit. L’endroit étant stratégique, donc son assassinat a bien été prémédité et étudié, il ne s’agissait pas d’une embuscade hasardeuse. Les experts qui ont pris en main cette expertise, le signe bien sur la base des études qu’ils ont effectuées sur le trajet menant de Tizi-Ouzou vers Béni Douala. Ces études confirment que cet attentat n’aurait pu être accompli ailleurs qu’à Takhoukht. Un lieu adéquat pour être isolé donc stratégique.

Et la deuxième étape ?

Le deuxième point relevé par l’expertise que nous menons est celui des meurtriers. Ces derniers sont des professionnels, c’est des gents qui ont suivis un très bon entraînement pour l’utilisation des armes lourdes. Et c’est une opération étudiée exactement comme dans les films américains. Cette embuscade a été minutieusement préparée. C’est le constat que j’ai à mon niveau, un constat qui n’est pas fait par des amateurs, mais plutôt par des experts qui sont affiliés à des présumés internationaux, c’est leur métier. L’expertise est toujours en cours et le travail n’est pas terminé. Je tiens à signaler, que tout a été fait dans les normes et les spécialistes qui l’on réalisé, ont utilisé tous les matériaux d’expertise. Il n’y a aucune faille, cela a été fait d’une manière conventionnée, c’est-à-dire, tout a été fait en respectant les normes internationales d’expertises et le fait que cette dernière vient de l’étranger ne peut poser aucun problème. Étant donné qu’elle a été faite dans les normes et que c’est un travail professionnel fait par des professionnels et non par des amateurs, je tiens à le redire. Dès que le reste des étapes sur lesquelles se base l’expertise soient accomplies, je pense que là nous pouvons rendre publique les résultats finals. Je tiens à souligner que c’est une expertise qui explique que le travail fait par les autorités algériennes a été un travail bâclé. D’ailleurs, c’est ce que nous avons dénoncé dès le départ. Nous avons réclamé qu’il y ait une étude balistique et une reconstitution des faits qui respectent les normes. Or que, cela n’a jamais été fait. Le dossier a été bâclé et il n’y a jamais eu d’enquête sérieuse. Nous, on avait même présenté, à l’époque, une liste de 52 personnes qui devaient être auditionnées par le juge d’instruction pour éclairer la justice. Alors pour nous, si on veut réellement que le dossier Matoub voit le jour, il faut que tous les acteurs de l’époque soient auditionnés.

L’affaire Matoub toujours d’actualité ?

Nous, on ne va pas s’arrêter là et le dossier Lounès Matoub est toujours ouvert, puisqu’il n’y a pas eu de condamnation des auteurs de son assassinat. Le procès Matoub n‘a d’ailleurs jamais eu lieu, ce n’est qu’une spéculation de la part de quiconque, qui dira le contraire. Puisque le 9 juillet 2011, le président de la cours, lui-même, avait dis que ce n’était pas le procès Matoub, mais celui de Madjnoun. Les services judiciaires algériens n’ont jamais ouvert un procès Matoub.

On parle d’un détail, celui des balles ayant tué Matoub et celles retrouvées sur sa voiture qui ne sont pas similaires.

Tout a fait. Et ça ce n’est pas moi qui le dis. Car lorsqu’on voit le rapport du légiste de l’époque, les impactes de balles ayant troué le véhicule, ne correspondent pas avec ceux qu’il a sur le corps. On ne sait pas ce que cela veut dire, et c’est justement là le rôle de la reconstitution des faits qui va le déterminer. Il y a eu 78 impactes de balle sur le véhicule et étrangement, celles qui ont atteint Lounès ont été tirées de très près.

Très près, que peut-on comprendre ?

Là-dessus, je ne peux pas me prononcer, ce n’est pas à moi de le dire, je préfère que se soit les experts qui le disent. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment il a été assassiné et par qui? Et pour arriver à cela, il faut qu’il y ait réellement une véritable enquête. On ne désigne pas les gens comme on désigne un directeur. Pour toute affaire criminelle, il doit y avoir une enquête. Ceux qui essayent de spéculer par rapport à notre ténacité sur cette quête de vérité, je les invite à se taire. Cela ne nous intéresse pas.

Quinze ans après la disparition du rebelle, Matoub garde toujours la même place au près de ses fans. Un mot sur cette réalité.

Quinze ans après, Matoub est toujours vivant. Même en n'étant plus là, physiquement, son message et son œuvre est toujours là. Ça nous fait plaisir de voir qu’il y a des jeunes qui n’étaient peut être même pas nés au temps de Matoub, et qui s’activent pour garder intacte sa mémoire et participer aux différentes activités commémoratives. Pour ce qui est des activités prévues et comme, chaque année, la commémoration de l’assassinat de Lounès se fait pratiquement à travers toute la Kabylie. Et la fondation Matoub organise chaque année un hommage, qui est depuis trois ans beaucoup plus concentré ici à Taourirt Moussa. Cette année nous avons même mis en place un comité d’organisation qui regroupe l’ensemble du tissue associatif d’Aït Douala. Puisque cette année ce n’est pas qu’à Taourirt qu’aura lieu la commémoration, mais sur quatre sites de la localité, en l’occurrence Taguemount Azzouz (chef lieu d’Aït Mahmoud), Béni Douala, Ben Aïssi et bien évidement à Taourirt Moussa. Cette année aussi nous bénéficions, pour la première fois, du soutient de la municipalité, tenue par des indépendants, locale qui a répandu à notre appel. Elle est, d’ailleurs, partenaire de l’événement. Et je tiens à préciser qu’à partir de l’année prochaine, à l’occasion du 16ème anniversaire de la disparition de Matoub Lounès, nous allons constituer un festival Lounès Matoub pour l’authenticité. En plus de l’organisation, cette année, encore de la 5ème édition du concours de poésie inscrit sous le thème de « poésie engagée, adaptation et traduction des langues étrangères vers le kabyle ».

Source: © La Dépêche de Kabylie, mardi 25 juin 2013



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