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LITTERATURE ALGERIENNE...

       

PRIX DE LA FRANCOPHONIE DECERNE A BOUALEM SANSAL

"Je suis un champion de la francophonie dans un pays qui refuse la francophonie"

Boualem Sansal© Chahredine Berriah, El Watan, samedi 15 juin  2013 / La remise du prix se fera à l’Académie française le 5 décembre prochain. L’Académie française a décerné, jeudi, le Grand prix de la francophonie à l’écrivain algérien Boualem Sansal. Au-delà de la dotation de 20 000 euros, ce prix, qui a une immense valeur intellectuelle et culturelle, couronne, depuis 1986, «l’œuvre  d’une personne physique francophone qui, dans un pays ou à l’échelle internationale, aura contribué de façon éminente au maintien et à l’illustration de la langue française».

Contacté le soir même de l’obtention de ce prix, l’auteur du Village de l’Allemand – attendant à l’aéroport de Marseille un avion qui ne venait pas, comme il l’a précisé lui-même d’un ton humoristique – a déclaré : «On est toujours flatté quand on reçoit un prix aussi prestigieux. Venant de l’Académie française, cette vieille et très honorable institution, gardienne de la langue française, on se sent en quelque sorte investi d’une mission de promotion de la langue et de la culture françaises dans le monde. C’est assez cocasse qu’elle me donne son Grand prix de la francophonie, car l’Algérie est le seul pays francophone du monde et l’un des plus importants de la famille francophone, à ne pas faire partie de l’Organisation mondiale de la francophonie. Je suis donc un champion de la francophonie dans un pays qui refuse la francophonie. On sait que nul n’est prophète en son pays, les écrivains algériens sont connus, reconnus, primés et honorés dans le monde entier et sont pour ainsi dire ignorés dans leur pays, l’Algérie, où ils sont pour ainsi dire inconnus. Des écrivains comme Dib, Kateb, Boudjedra sont vus comme des géants ailleurs et comme de vagues petits conteurs dans leur pays. Je ne parle pas de ma personne, l’affaire est désespérée, on me traîne dans la boue du matin au soir tout au long de l’année, je concentre trop de haine sur mon nom pour espérer seulement un petit strapontin dans ma petite ville de Boumerdès, où les notables du coin ne savent même pas que j’existe et que je suis leur voisin.» Coup de cœur ou coup de colère, toujours est-il que Sansal reste égal à lui-même. N’ayant cure des clichés et autres accusations dont il est souvent victime, il nous apprend : «Pour ajouter un peu au marasme, je t’apprends que le 13 juin, donc au moment où tu m’apprenais que je recevais le Grand prix de la francophonie de l’Académie française, j’ai reçu la médaille d’honneur du Conseil représentatives des institutions juives de France (CRIF), dite «médaille de la paix entre les peuples». La cérémonie s’est déroulée lors du dîner annuel du CRIF auquel participent plus de 600 invités, dont des personnalités françaises de premier plan (ministres, maires, députés, sénateurs...) et des personnalités étrangères remarquables.» La cérémonie de remise du prix aura lieu à l’Académie française le 5 décembre prochain.

Source: © El Watan, samedi 15 juin 2013



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